LE DIRECT

Des passionnés de radio

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Récepteur de radio miniature à lampes, Schaub Lorenz 1950 (Musée de Radio France)
Récepteur de radio miniature à lampes, Schaub Lorenz 1950 (Musée de Radio France)

La dixième édition du festival de la radio et de l'écoute Longueur d’Ondes se déroule du 7 au 10 février à Brest. En France, les auditeurs n’ont jamais été aussi nombreux. Huit Français sur dix écoutent chaque jour la radio pendant près de trois heures en moyenne. Reportage sur des passionnés de radio qui gardent l’oreille collée au poste ou aux écouteurs.

Si les Français consacrent près de trois heures par jour à écouter la radio, c’est qu’elle accompagne toutes les activités de la journée. Elle peut se cumuler avec d’autres occupations pendant l’écoute. Sur les radios, généralistes ou musicales, les matinales rassemblent le plus grand nombre d’auditeurs. Un second pic d’audience anime la fin d’après-midi et il est plus important sur les stations musicales.

Auditeurs réguliers, bloggeurs assidus, amateurs éclairés, animateurs bénévoles ou professionnels, ils racontent leur passion pour les ondes. Ils ont découvert la radio dans leur famille, au moment de la création des radios libres ou à l’occasion d’une demi-finale mémorable suivie dans le poste, d'une émission qui les a touchés… et ils sont devenus des passionnés de radio.

La radio s’écoute partout, en direct, en podcast ou en réécoute

Éric Schulthess
Éric Schulthess

Passionné de radio, il en a souvent fait (dans sa jeunesse et après), Eric Schulthess se définit comme un Marseillais « écriveur » et bavard, comme un « picoreur » de radio. Il l’écoute beaucoup lors de ses longs et nombreux déplacements en voiture.

Il se fixe sur France Culture pour sa palette de sons et de centres d’intérêts, sur Europe 1 pour les billets de Guy Birenbaum et sur Radio Grenouille, une radio locale marseillaise ou encore sur France Bleu Provence pour les matchs de foot de l’OM. Eric Schulthess apprécie la souplesse du podcast :

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Formateur en informatique dans le Midi-Pyrénées, René (le prénom a été changé) est un grand amateur de radio, il peut la suivre jusqu’à dix heures par jour. Adolescent, il écoutait déjà Fip et France Inter alors que ses parents préféraient RTL. Dès le matin, René navigue sur son poste entre les fréquences de France Culture et de France Musique. Souvent l’après-midi est plutôt consacrée à la réécoute, sur l’ordinateur, d’émissions choisies pour leur thématique :

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Auditeurs et internautes, vous avez été nombreux à nous raconter sur le compte twitter @FCpixel comment vous écoutez la radio et très souvent, le podcast et la réécoute viennent compléter le direct :

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Passionnés, ils animent des blogs sur la radio

Fanch Langoët
Fanch Langoët

Les études sur l’écoute de la radio différentient deux notions chez les passionnés ou les grands auditeurs. Il y a d’abord ceux qui écoutent la radio sur une longue durée dans la journée. Mais il y a aussi, chez les auditeurs, la fidélité sur une même radio, d’un jour à l’autre. Les radios qui génèrent cette longue durée d’écoute et cette fidélité sont souvent les radios généralistes, des stations de rendez-vous.

Graphiste libéral, Fanch Langoët profite toute la journée (ou presque) de la radio qu’il écoute tout en travaillant dans son atelier. Mais il peut tout aussi bien allumer son poste dans sa voiture lors de déplacements. Il apprécie également la réécoute en ligne et les podcasts qui sont des outils autrement plus pratiques que l’enregistrement manuel des anciennes cassettes. Grand amateur de radio, Fanch Langoët anime au quotidien le blog Radio Fañch , consacré à sa passion :

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Etienne Noiseau
Etienne Noiseau

Les auditeurs ont rapidement adopté de nouvelles pratiques avec la mise en place des podcasts. Pour le mois de décembre dernier par exemple, Radio France comptabilise 12 millions de téléchargements et en moyenne, huit podcasts sur dix seront écoutés. Une écoute différée importante mais très relative par rapport aux 14 millions d’auditeurs quotidiens pour le groupe. Le direct reste donc le moyen d’écoute le plus utilisé.

« La radio m’intéresse dans son côté éphémère, son côté anti-spectaculaire comme une bouteille jetée à la mer. Il y a quelque chose d’assez modeste dans la radio, d’assez humble ». A la fois preneur de son, auteur, documentariste et artiste, Etienne Noiseau a fondé Syntone , un blog qui se consacre à l’actualité et à la critique de l’art radiophonique. Cette idée est venue avec son intérêt pour la radio de création et elle a été rendue possible grâce au podcast et à la réécoute :

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Professionnels, ils transmettent leur passion

Emily Vallat
Emily Vallat

La radio peut également servir d’outil pédagogique et d’éducation. Emily Vallat est une passionnée de radio depuis dix ans. Elle a commencé en bénévole à Radio Campus Paris en 2003, puis elle est devenue professionnelle et réalise, à l’occasion, des documentaires. Elle est surtout la première salariée de l’association L’œil à l’écoute qui accompagne des jeunes dans l’apprentissage de la radio.

Pour elle, la radio est un outil citoyen « je crois beaucoup aux radios associatives qui donnent la parole à ceux qui habituellement ne l’ont pas » avec une dimension de proximité et une présence ancrée sur un territoire. Emily Vallat cultive une écoute attentive et très critique :

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Aux côtés d’Emily Vallat, Guillaume Mahé . Il a travaillé dans de nombreuses radios comme technicien et réalisateur et a beaucoup œuvré sur des radios associatives. Il a fait des documentaires, des émissions musicales et de plateau. Il se dit « fan absolu de radio », et l’allume dès qu’il se réveille le matin, comme beaucoup de Français.

Elle le suit pendant la journée suivant ses occupations et il l’a retrouve souvent le soir, au moment de se coucher. Il l’écoute « à l’ancienne », avec son poste. A l’association L’œil à l’écoute , Guillaume Mahé transmet sa passion à des jeunes et des moins jeunes :

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Séance de travail avant la réalisation d'une émission en direct d’une heure, par une classe de collégiens dans le studio de Radio Campus Paris (diaporama sonore) :

Alfredo Oliveira
Alfredo Oliveira

Les particularités de la radio peuvent aussi être utilisées dans un cadre thérapeutique. Alfredo Oliveira est psychologue, il est responsable du service d’accompagnement à la vie sociale (SAVS) au sein de l’association de l’Élan retrouvé .

Il y a vingt-deux ans, il a fondé en Argentine la Colifata : pour la première fois, une radio donnait la parole aux patients d’un hôpital psychiatrique pour s’adresser à tous. A Paris, ce projet s’est décliné à Radio Citron . Mais au-delà de la prise de parole des malades, Alfredo Oliveira insiste sur l’importance de leur intégration dans la vie sociale :

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Enfin, l’écoute de la radio progresse régulièrement sur les supports multimédias comme les téléphones mobiles, les ordinateurs, les baladeurs ou la télévision. Elle représente aujourd’hui 11,4% de l’audience cumulée mais l’évolution la plus marquée concerne les jeunes (de 13 à 19 ans) avec plus de 30% de leur écoute qui se fait sur les supports multimédias.

Pour les amateurs ou les passionnés, la radio est à l’honneur le mercredi 13 février avec la première journée mondiale de la radio, organisée par l’Unesco. Si vous souhaitez participer à cette manifestation, vous pouvez envoyer vos sons sur le site du World Radio Day :

France Culture au festival Longueur d'ondes les vendredi 8 et samedi 9 février

Vendredi de 17h à 18h, Sur la route d’Olivia Gesbert en direct et en public.

Vendredi de 18h à 18h30, France Culture : du service public à l'utilité sociale , rencontre avec Olivier Poivre d'Arvor.

Vendredi de 18h30 à 19h30, L'atelier du son de Thomas Baumgartner avec enregistrement en public, diffusé le soir même de 23h à 24h : Paris-Brest, une nouvelle génération électro et acoustique.

Samedi de 17h à 20h, enregistrement en public Des Papous dans la Tête de Françoise Treussard pour une diffusion les dimanches 24 février et 3 mars de 12h45 à 14h.

Samedi de 21h à 22h, Fiction Drôles de drames : France Culture rend hommage à Orson Welles et à La guerre des mondes . Enregistrement en direct et en public du Quartz de Brest.

Samedi de 22h à minuit,Mauvais genres , par François Angelier, se consacrera à La radio à l'écran .

A écouter ou réécouter

On Nagra, une émission proposée par L'Atelier de création , la veille de la Journée mondiale de la Radio et en hommage à Stefan Kudelski.

Qu'entendra-t-on à la radio dans vingt ans (si elle existe encore) ? Une émission du Champ des possibles par Joseph Confavreux, en direct du festival Longueur d'Ondes de Brest avec Silvain Gire, responsable éditorial d’Arte Radio, Etienne Noiseau, animateur du site Syntone et des lycéens.

A découvrir

Renouer avec les sensations (inégalables) de l'analogique. Marie Guérin, à travers « L’atelier de la création » et son documentaire « Le geste magnétique », se lance dans une aventure radiophonique où se mêlent pour mieux se découvrir deux univers radio : l'analogique et le numérique. Reportage.

Isabelle Lassalle

A
A Crédits : Radio France

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