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La ville d'Aulnay-sous-Bois suspendue à l'avenir de PSA

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À retrouver dans l'émission

Samedi 29 septembre, plusieurs syndicats de PSA d'Aulnay ont appelé à un rassemblement symbolique près de l'usine automobile, dans le quartier de la Rose des vents, communément appelé la cité des 3000.

D'autres salariés d'entreprises en difficulté, comme Air France, Sanofi, Presstalis, sont invités à se regrouper dans la cité des 3000.

Une cité liée à PSA. A la fin des années 60, 3.000 logements étaient construits pour accueillir les ouvriers de l'usine. Aujourd'hui, les habitants du quartier et de la ville entière craignent une détérioration des conditions de vie après la fermeture de l'usine.

"Je sais pas quoi faire après"

PIXEL PSA - L'entrée des ouvriers
PIXEL PSA - L'entrée des ouvriers Crédits : Abdelhak El Idrissi - Radio France

Sur l'immense parking de l'usine, c'est un véritable ballet. A partir de 13 heures, et jusqu'à 14 heures, les cars se succèdent devant l'entrée. Des dizaines de salariés en descendent et franchissent les tourniquets avec leurs badges.

Un flot ininterrompu d'hommes en majorité, et de femmes : tous les âges, toutes les couleurs de peau.

Derrière, les chauffeurs de cars manœuvrent pour aller se garer sur des places numérotées, en fonction de la ville desservie : Aulnay, Paris, Goussainville, Puteaux, Compiègne (Picardie)

Mis à disposition par la direction de PSA, les véhicules ne repartent pas vides. Ils se remplissent des salariés de l'équipe du matin qui finissent leur journée. Un flot ininterrompu. Dans l'autre sens.

Et en bout de chaîne, le travail des ouvriers permet, pour plusieurs mois encore, de produire la Citroën C3. Une C3 "made in Aulnay" comme on peut le lire sur un panneau au milieu du parking.

PIXEL PSA - Les bus déposent les ouvriers
PIXEL PSA - Les bus déposent les ouvriers Crédits : Abdelhak El Idrissi - Radio France

Parmi les ouvriers, certains ont "la chance" d'habiter la ville d'Aulnay. Selon la direction, ils seraient 225. Les syndicats parlent de 400 salariés.

PIXEL PSA - Mehmet SAri, ouvier
PIXEL PSA - Mehmet SAri, ouvier Crédits : Abdelhak El Idrissi - Radio France

Mehmet Sari est arrivé en France à l'âge de 8 ans directement à Aulnay-sous-Bois, dans le quartier de la Rose des Vents, communément appelé "la cité des 3000" .

En 1995, il entre chez PSA. 18 ans plus tard il y est toujours. Moniteur de ligne :"six personnes à charge, il faut les aider. C'est aussi faire du social avec les gars" . Aujourd'hui, Mehmet explique être "moins motivé le matin pour venir au boulot" et les péripéties autour de la fermeture annoncée du site lui font "mal au crâne" :

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Mehmet Sari pense également aux conséquences pour les jeunes de son quartier. Beaucoup sont intérimaires chez PSA. Une occupation qui évite "de faire des bêtises" . Mais si l'usine ferme, Mehmet prédit : "les jeunes intérimaires qui étaient au 3000 ne vont plus travailler. Qu'est-ce qu'ils vont faire ? Ils vont casser. Ils vont voler" :

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"L'ouvrier, les familles nombreuses, c'est notre quotidien"
En face de l'usine, après le parc Robert Ballanger s'étend la cité des 3000, construite à la fin des années 60 pour héberger les ouvriers de l'usine PSA. Aujourd'hui, il y aurait encore entre 30 et 100 ouvriers vivant dans le quartier.

PIXEL PSA - Salem, boucher au marché des 3000
PIXEL PSA - Salem, boucher au marché des 3000 Crédits : Abdelhak El Idrissi - Radio France
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Ici, la majorité des familles est d'origine africaine, et les commerces s'y sont adaptés : le marché du mardi, vendredi et dimanche a été rebaptisé "le souk" par ses habitants .

Salem est le boucher du marché. . Depuis 10 ans il tient sa boucherie trois fois par semaine sur le marché. Il dresse un bilan assez noir de l'état du quartier, du point économique, de la sécurité.

Pour lui, le nord d'Aulnay est "sinistré" et se demande "ce que ça va être après PSA ?"

Pour les jeunes de 18-24 ans dans le quartier de la Rose des vents, le chômage atteint 40% selon la mairie. Rien de rassurant pour Salem, qui a déjà pensé à changer d'activité, face à une situation "désespérante" :

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Des ouvriers de PSA déjà aidés par le Secours Populaire

PIXEL PSA - Le secours populaire des 3000
PIXEL PSA - Le secours populaire des 3000 Crédits : Abdelhak El Idrissi - Radio France

L'état économique du nord de la ville se mesure facilement devant l'antenne du Secours Populaire de la cité des 3000. En ce jour de marché, c'est l'affluence. Des mères de familles attendent avec leurs enfants pour récupérer des vêtements pour bébés entre 20 et 50 cents .

PIXEL PSA - Monique, bénévole du Secours Populaire
PIXEL PSA - Monique, bénévole du Secours Populaire Crédits : Abdelhak El Idrissi - Radio France

Mais depuis quelques semaines le téléphone sonne très fréquemment : les habitants veulent savoir quand reprendra la distribution des colis alimentaires. Le toit du local abritant les congélateurs s'est écroulé, et la mairie doit trouver un nouveau lieu.

Monique Jacques, la coordinatrice s'inquiète d'une hausse probable du nombre de bénéficiaires des aides après la fermeture de PSA. Elle ne veut pas être alarmiste, mais elle a découvert que des ouvriers de l'usine venaient déjà récupérer des colis alimentaires :

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"Celui qui veut travailler, il peut trouver du boulot"

PIXEL PSA - Le salon de coiffure de Nordine Difalah
PIXEL PSA - Le salon de coiffure de Nordine Difalah Crédits : Abdelhak El Idrissi - Radio France

Dans le quartier, le sujet n'est pas au cœur de toutes les discussions.

Certains sont même confiants pour l'avenir. C'est le cas dans la galerie Surcouf, une galerie marchande avec une vingtaine de commerces.

PIXEL PSA - Nordine Difalah, coiffeur aux 3000
PIXEL PSA - Nordine Difalah, coiffeur aux 3000 Crédits : Abdelhak El Idrissi - Radio France

Nordine Difalah est coiffeur , il est également le vice-président de l'association des commerçants. Selon lui, on "dramatise beaucoup" autour de la fermeture de PSA.

Dans son salon, beaucoup d'ouvriers passent se faire coiffer. Nordine Difalah échange beaucoup avec eux, et de ce qu'il retient, "il n'y a rien de grave" :

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Un très mauvais signal
A l'hôtel de ville, on ne partage pas du tout l'optimisme du coiffeur de la cité des 3000. Le maire socialiste Gérard Ségura a été élu en 2008 . et l'une de ses promesses a été de ne pas augmenter les impôts locaux.

PIXEL PSA - Gérard Ségura, le maire d'AUlnay
PIXEL PSA - Gérard Ségura, le maire d'AUlnay Crédits : Abdelhak El Idrissi - Radio France

Mais il ne se doutait pas il y a quatre ans que la plus grosse entreprise de la ville allait mettre la clé sous la porte. Surtout que PSA versait encore une partie de la taxe professionnelle, qui doit progressivement disparaître en 2017. Une manne de 5,5 millions et demi d'euros , sur un budget de 200 millions d'euros.

Mais Gérard Ségura est surtout très agacé par la décision unilatérale du constructeur automobile alors que la ville semblait se portait de mieux en mieux au niveau économique :

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Gerard Ségura se dit "prêt à tous les scénarios" , du pire au meilleur. En cas de fermeture. Quoi qu'il arrive le site de PSA est un enjeu majeur. Plusieurs hectares, à proximité de deux aéroports, deux autoroutes et bientôt desservi par la futur boucle de métro du Grand Paris. Le maire d'Aulnay accuse PSA de vouloir spéculer sur le prix des terrains en plus de la fermeture de l'usine.

Et l'élu n'a pas l'intention de céder face à la direction de PSA. Il en va de la vitalité économique de la ville selon lui :

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L'enjeu de la fermeture de PSA va donc au-delà de la catastrophe liée à la perte d'emploi pour plus de 3000 salariés. L'usine fait aussi vivre tout une partie de la ville. Et pas seulement à Aulnay, car on retrouverait les mêmes conséquences dans plusieurs villes voisines, comme Saint-Denis, Pantin, Sevran, déjà fortement touchées par la crise économique.

Voici les réponses des internautes sur Twitter aux questions sur le sujet :

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Abdelhak El Idrissi [
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Pixel PSA - Grande photo Crédits : Abdelhak El Idrissi

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