LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Peut-on gagner une élection grâce au web ?

4 min

« Cette fois-ci, la campagne va se jouer sur le web ». Depuis une petite dizaine d'années, pas un scrutin ne passe sans qu'on entende cette sentence. Des cantonales françaises aux présidentielles américaines, aucune élection ne serait donc gagnable sans une solide web-campagne, sans une armée de "geeks". Poncif ? Ou avènement des réseaux sociaux ? Dans le cadre de l'opération "Villes en campagne", Pixel vous emmène au coeur de la campagne municipale à Saint-Etienne... où les tracts supplantent (encore) les tweets.

Peut-on encore faire campagne sans le web ?
Peut-on encore faire campagne sans le web ? Crédits : Eric Chaverou - Radio France

« Rien ne remplace le bon vieux porte-à-porte ». Paquet de prospectus sous le bras, Joseph Ferrara s'affaire près de la gare de Chateaucreux. Adjoint au maire (PS) et chargé de la mobilisation, ce "vieux militant", comme il se définit lui-même, ne croit guère aux miracles de la "web-campagne". Avec ses équipes, il distribue ces jours-ci près de 70.000 tracts aux habitants de Saint-Etienne. Un contact de terrain **« indispensable » ** ...Même si le militant doit aussi parfois se transformer en VRP du gouvernement.

Cliquez sur l'image pour découvrir notre diaporama sonore :

Pourtant, la campagne se joue aussi sur le web. Et l’apport du numérique ne reste pas virtuel : « dans nos meetings, on estime que 10 % des gens viennent grâce aux réseaux sociaux » raconte Olivier Longeon , candidat écologiste à la mairie de Saint-Etienne :

Écouter
34 sec
Olivier Longeon (EELV) : 10 % des gens nous rejoignent via le web

Le candidat confesse même un autre atout, plus inattendu : Facebook lui permet de « cibler » en ligne les potentiels électeurs écologistes . Comment ? En observant de près leur cercle de relations, et leurs goûts :

Écouter
42 sec
Olivier Longeon (EELV) sur la mobilisation via Facebook

La campagne en ligne présente aussi l’avantage de préserver les comptes financiers : « quasiment aucun frais » , les réseaux sociaux étant gérés par des bénévoles. Un atout non négligeable, pour ce parti qui a recueilli 4,3 % aux dernières municipales.

Le siège de l'UMP à Saint-Etienne
Le siège de l'UMP à Saint-Etienne Crédits : Frédéric Says - Radio France

A l’UMP, Gaël Perdriau , 41 ans, a décidé de jouer la carte « jeune » : il est présent sur quasiment tous les réseaux sociaux, y compris les moins usités, comme Google et Pinterest.

Olivier Barbé, directeur de communication, devant l'affiche du candidat Gaël Perdriau
Olivier Barbé, directeur de communication, devant l'affiche du candidat Gaël Perdriau Crédits : FS - Radio France

Dans le centre de Saint-Etienne, la façade de la permanence UMP affiche en toutes lettres les comptes twitter et facebook du parti.

« Ca permet d'atteindre un public différent, plus jeune, qui ne s’intéresse pas forcément à la politique » note Olivier Barbé, le directeur de communication – et responsable du compte Twitter du candidat.

Etes-vous d'accord ? Voici une sélection de vos réactions :

[[View the story "Municipales - le numérique dans la campagne " on Storify](//storify.com/franceculture/municipales-le-numerique-dans-la-campagne)] **Gabriel de Peyrecave** , candidat du FN, ne dit pas autre chose : « Grâce à Facebook, on peut parler à beaucoup de monde. Et le retour est immédiat : **on peut voir combien de personnes ont lu un article, "liké" une image...** Par exemple, la photo de ma participation à la "Manif pour tous" avait été vue 2000 fois en 2 heures ».Autre avantage, selon lui, « sur les réseaux sociaux, les citoyens ont davantage le sentiment d’être écoutés : je reçois directement des messages par Facebook. De chez eux, les gens se sentent plus en sécurité pour s’exprimer ; c'est donc un moyen de campagne incontournable ; d'ailleurs aujourd'hui, qui n’a pas facebook ? » insiste Gabriel de Peyrecave... qui confesse tout de même ne pas avoir de compte personnel sur ce réseau. Une poignée de main vaudra toujours mieux qu'un tweet ! « Pour autant, une élection municipale ne se gagne pas sur le net, reprend Olivier Barbé à l'UMP. **Les électeurs ont besoin de voir, de toucher le futur maire. ** Une poignée de main vaudra toujours mieux qu’un tweet ». La campagne numérique, « c’est nécessaire mais pas suffisant » renchérit le maire sortant (PS) **Maurice Vincent** . La part du numérique dans son budget de campagne illustre d’ailleurs ce constat :
Écouter
49 sec
Maurice Vincent (PS) sur la part du budget consacrée au numérique
Yoann Duriaux, formateur à Openscop
Yoann Duriaux, formateur à Openscop Crédits : FS - Radio France
« Un mauvais ouvrier dit toujours qu'il a de mauvais outils » répond en substance **Yoann Duriaux.** Ce formateur numérique chez Openscop, est régulièrement consulté par les responsables politiques stéphanois. Comment s'y prendre sur Twitter ? Comment intéresser les électeurs sur le web ? **« Ils en sont souvent au degré 0, soupire le spécialiste. Ils n'ont toujours pas compris la dimension participative, interactive, horizontale des réseaux sociaux.** Résultat : ils en restent à publier des photos de "Moi-au-marché", "moi-au-monument-aux-morts", "moi-et-mes-tracts"... » :
Écouter
34 sec
Yoann Duriaux, formateur à Openscop
**Certains exemples, trouvés au hasard des fils Twitter, viennent illustrer ce constat :** **Un microcosme ou un média alternatif ?** Alors, gagner une campagne grâce au web ? « **Communiquer sur Twitter, c’est parler à un microcosme** , celui des journalistes, des politiques et des militants » tranche **Caroline Morard** , chargée de communication de François Fillon. L'ancien premier ministre est venu soutenir mardi Gaël Perdriau à Saint-Etienne. Une opinion que beaucoup d'entre vous ont souligné dans notre appel à témoignages : « On ne peut pas rejeter Twitter et Facebook d’un revers de main », affirme **Gabriel de Peyrecave.** Pour le candidat FN, qui s’estime « ostracisé par un certain nombre de médias », les réseaux sociaux sont « des médias alternatifs ». Par exemple, « sur la sécurité à Saint-Etienne, les médias ne font pas leur travail, en laissant croire que tout va bien à Saint-Etienne. **Les réseaux sociaux permettent de rectifier, de dire la réalité ** », explique-t-il, à l'image de son parti, très actif dans la "cyber-campagne". « On entend souvent que le service public est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas, note un connaisseur de la vie politique locale. Facebook, c’est le média de ceux qui n’en font pas. ». Une idée reprise, dans les témoignages que vous nous avez adressés, par **Samuel Lafont** , l’une des figures de proue de la Manif pour tous sur Twitter : Twitter et Facebook se muent donc **en média décentralisé, en agence de presse autogérée :** Mobilisation, communication vers des publics plus jeunes, contournement de la barrière médiatique… Plus qu’un outil, le web devient parfois lui-même un terrain de campagne. Outre les usages un peu baroques (comme [cette quête de colistiers sur Twitter, à Nantes](http://www.lepoint.fr/politique/nantes-le-candidat-modem-lance-une-chasse-aux-colistiers-sur-twitter-12-02-2014-1791118_20.php)), les équipes s’emploient ainsi à repérer les attaques venues du camp d’en face et à y réagir au plus vite. Lors de la dernière présidentielle, l’UMP comme le PS ont mis en place des équipes de « e-riposte », sur le modèle de [la cellule « Fight the smears » (combattre les rumeurs)](http://l.barackobama.com/truth-team/attack-watch/) de la campagne de Barack Obama. D'autres choisissent l'humour. Ici l’opposition britannique imagine un « film-rétro facebook » pour le Premier ministre conservateur David Cameron :
Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

D’autres attaques sont moins souriantes. Et l’instantanéité prête parfois au dérapage. Il y a quelques jours, l’équipe de campagne du maire de Marseille, **Jean-Claude Gaudin** , a dû présenter ses excuses officielles à Patrick **Menucci** , le candidat socialiste. [Sur Twitter, un membre de l’équipe de campagne du maire UMP, sous pseudonyme, avait ironisé sur le cancer de la femme de Patrick Menucci](http://www.metronews.fr/municipales-2014/vie-privee-de-mennucci-un-proche-de-gaudin-derape-sur-twitter/mnbl!W3vq4KHzdcY6k/) :
Tweet "stress" Gaudin Menucci -Pixel
Tweet "stress" Gaudin Menucci -Pixel
L’auteur du message ne peut guère plaider la méconnaissance du néophyte. Il est… le responsable du compte twitter de Jean-Claude Gaudin. **Reportage de [Frédéric Says](http://www.franceculture.fr/personne-frederic-says)** **Qui sont les candidats à Saint-Etienne ? ** **Romain Brossard** , Lutte ouvrière **Olivier Longeon** , EELV - MRC **Maurice Vincent** , PS - PCF - PRG **Hubert Patural** , Divers Droite **Gaël Perdriau** , UMP/UDI **Gabriel de Peyrecave** , FN
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......