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Rénovations et créations : les évolutions des salles de cinéma

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Après plus de 20 ans de fermeture, le cinéma Louxor est inauguré à Paris le mercredi 17 avril. En octobre dernier c’était l’ouverture du cinéma Étoile Lilas au nord-est de Paris, sur la couverture du périphérique. De nombreux lieux historiques du septième art sont rénovés et quinze nouveaux cinémas seront créés d’ici 2014. Entre la rénovation et la construction de salles neuves, quelles évolutions pour ces établissements ?

Situé au cœur de Barbès, dans le 10e arrondissement de Paris, le Louxor redevient un établissement cinématographique. Le mythique palais du cinéma aux décors égyptiens, a bénéficié d’une entière réhabilitation après trois ans de travaux. Projet de la Ville de Paris, cette rénovation doit beaucoup aux habitants et à trois associations du quartier.

Le Louxor, le pari de l’intégration

La société Cinélouxor a répondu à une délégation de service public de la ville pour une exploitation du cinéma de sept ans avec un cahier des charges très précis. La Ville de Paris souhaite en effet faire de ce lieu un cinéma Art et Essai, avec une attention particulière aux cultures du Sud et avec un ancrage fort dans son quartier comme l’explique Emmanuel Papillon , le directeur du Louxor :

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Emmanuel Papillon
Emmanuel Papillon

A Paris, les projets de nouvelles salles se développent aussi à la frontière du périphérique, comme un Paris qui s’agrandit. C’est le cas du cinéma Etoile Lilas à la Porte des Lilas, du multiplexe UGC Ciné Cité à Claude-Bernard, du projet de Pathé à la Villette…

Pour le directeur du Louxor, cet élargissement est très positif, « je pense que l’arrivée d’un cinéma génère du public et l’Est parisien est encore mal pourvu en cinémas ». Emmanuel Papillon complète avec les effets bénéfiques de l’installation d’une nouvelle salle dans un quartier :

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Sur la couverture du périphérique, le cinéma Etoile Lilas

Le cinéma Etoile Lilas dans le 20e arrondissement de Paris.
Le cinéma Etoile Lilas dans le 20e arrondissement de Paris.
David Henochsberg
David Henochsberg

Dans le 20e arrondissement, porte des Lilas, le cinéma Etoile Lilas a ouvert ses portes le 24 octobre dernier. Le complexe cinématographique de sept salles et 1500 fauteuils est aussi accompagné de commerces. Il a été confié au groupe Etoile Cinémas qui gère déjà une dizaine de salles Art et Essai dont quatre à Paris (le Saint-Germain, le Racine, la Pagode et le Balzac).

Le cinéma Etoile Lilas vient s’insérer dans la ZAC de la porte des Lilas, un très large projet urbain sur la couverture du périphérique. Pour David Henochsberg , à la tête du groupe Etoile Cinémas, l’enjeu est de créer un tissu urbain entre Paris et les communes limitrophes sur ce territoire du nord-est parisien, dans un quartier en plein essor :

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Vos habitudes et fréquentations des cinémas sur notre compte @FCpixel
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Après la télévision « de rattrapage », le cinéma « à la demande »

Bérengère Arnold
Bérengère Arnold

Revoir Le Grand bleu , Le Roi lion ou La Belle et la bête sur grand écran ? C’est possible. Depuis huit mois, le site Internet I Like Cinéma propose au spectateur d’aller au cinéma un peu différemment avec une offre de cinéma « à la demande ».

La programmation de la séance personnalisée s’effectue en quatre étapes : le choix du film, la salle, le jour et l’heure et le spectateur achète ensuite une place au tarif d’une simple place de cinéma. Dès que vingt à trente personnes ont rejoint cette proposition de séance, elle est validée et les spectateurs reçoivent leurs billets. Fondatrice du site, Bérengère Arnold revient sur cette innovation qui a séduit à la fois les spectateurs et les exploitants de salles :

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Le site I Like Cinéma fonctionne essentiellement avec des cinémas indépendants des centres-villes en région ou à Paris. Le système s’équilibre entre impératifs économiques et choix culturels. En moyenne les exploitants ont un taux de remplissage de leur salle de 16%, les programmations personnalisées sont donc validées dès que ce seuil est atteint.

Numérisation des salles : nouvelles fonctions pour le métier de projectionniste

Christophe Frémiot
Christophe Frémiot

L’installation du numérique dans les salles de Gaumont Pathé s’est imposée de manière assez rapide. Presque sans transition, les projectionnistes sont passés du 35mm au numérique. Ils ont accompagné cette évolution (comme tous les changements techniques précédents) même si certains n’avaient que très peu de notions en informatique. Le métier s’est ainsi transformé depuis la manipulation de bobines de 20 kilos à la programmation sur ordinateur.

Mais de nouveaux changements se préparent. Avant la fin du mois d’avril, les 230 projectionnistes des cinémas Gaumont Pathé doivent accepter le nouveau statut de « technicien polyvalent ». Signé par les principaux syndicats, l’accord est contesté par la CNT. La disparition du métier inquiète les projectionnistes à qui la direction demande un élargissement de leurs activités. Projectionniste depuis plus de vingt ans, dont les deux dernières chez Gaumont Pathé, Christophe Frémiot s’oppose au nouvel accord proposé par la direction et détaille les évolutions de son métier :

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Stéphane Rozé
Stéphane Rozé

Ce n’est pas le premier mouvement de grève qui affecte cette branche professionnelle. Les projectionnistes des cinémas UGC étaient eux aussi en grève en 2010 au moment du passage au numérique de leurs cabines de projection. L’année dernière, c’était au tour des cinémas MK2 où la direction avait mis en place ce même statut de « technicien polyvalent ».

Stéphane Rozé, projectionniste de cinéma depuis treize ans, y était membre du comité d’entreprise. Il a été licencié en décembre dernier comme neuf autres projectionnistes sur les vingt-cinq que compte le groupe. Il ne s’opposait pas à l’évolution de son métier mais à la façon dont la direction l’a imposée. Stéphane Rozé précise que la numérisation n’a pas seulement changé les fonctions des projectionnistes, elle a aussi modifié la diffusion des films :

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Une très forte fréquentation des salles de cinéma

Claude Forest
Claude Forest

Les salles de cinéma ont connu de nombreuses évolutions, particulièrement depuis 1993, date du rebond de la fréquentation qui passe de 116 millions à plus de 200 millions de spectateurs par an (depuis trois ans). Le parc a accompagné cette évolution, d’abord avec la construction des multiplexes capables d’accueillir les spectateurs en plus grand nombre et avec une meilleure qualité dans la technique comme dans les services.

L’ensemble des salles a suivi l’évolution en termes de rénovation. Et depuis trois ans, la révolution de la projection numérique a suscité de nombreux investissements et transformations. Enfin, la dernière évolution concerne la création de nouveaux établissements comme l’explique Claude Forest , maître de conférences à l’université de la Sorbonne Paris 3 en économie du cinéma :

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La situation de Paris est très particulière avec la création de 62 salles supplémentaires entre 2000 et 2015. Claude Forest explique les raisons de cette spécificité et reste plus globalement pessimiste sur les perspectives d’évolution, en France, de la fréquentation qui fonctionne par cycles :

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Isabelle Lassalle

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