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Textile : les Français soucieux de l'étiquette ?

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L’effondrement du Rana Plaza, immeuble d’usines textile au Bangladesh, a ouvert les yeux d’une partie d’entre nous sur les conditions de travail de ceux qui fabriquent nos vêtements. 1 132 morts pour de nouveaux réflexes chez les consommateurs ? Enquête de Marie Viennot, complétée par vos réactions.

Etiquette Made in Bangladesh
Etiquette Made in Bangladesh Crédits : Marie Viennot - Radio France

Nous n’appelons pas à boycotter, mais à interpeller les marques.
En France, c’est le collectif "Ethique sur l’étiquette" qui joue le rôle de lanceur d’alerte sur ces problématiques du textile. Voici l’une de leurs dernières campagnes, au sujet du géant suédois H&M et de sa ligne « Conscious Collection ». Ce collectif a été créé en 1995 et il a mené de nombreuses campagnes qui portent petit à petit leurs fruits. Ecoutez Nayla Ajaltouni, leur coordinatrice :

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Et en juin, elle avait lancé un rassemblement devant Camaïeu, marque qui se fournissait au Rana Plaza (sans le savoir, affirme l'enseigne).

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Et vous ?

Voici vos réactions, recueillies via Twitter et Facebook

Quel est votre point de vue, votre expérience ? Quand les Français achètent toujours plus de pièces de vêtement (35% de plus entre 1990 et 2008), mais que le textile représente moins dans notre budget : 3,2% en France aujourd'hui.   

Aïe, mon image

Les marques dont on a retrouvé des étiquettes dans les ruines du Rana Plaza sont en première ligne : Auchan, Camaïeu, Benetton, Disney, et beaucoup d’autres encore. Toutes se défaussent sur leurs fournisseurs bangladais. Ce sont eux qui ont sous-traité. Elles ne savaient pas qu’elles achetaient des vêtements dans cet immeuble d’usines insalubres. Benetton y va d’un tweet de contrition :

Auchan, Prix Pinocchio des Amis de la Terre, catégorie « Mains sales, poches pleines »
Auchan, Prix Pinocchio des Amis de la Terre, catégorie « Mains sales, poches pleines »

Toutes les marques occidentales ou presque sont sur la sellette. Même si elles ne fabriquaient pas au Rana Plaza, la liste des accidents impliquant des usines au Bangladesh est telle, qu’elles y figurent forcément.

Sur la défensive, elles préfèrent souvent ne pas s’exprimer. Renvoient vers leurs rapports annuels, ou les initiatives qu’elles ont pu prendre. Ainsi, la FIDH a inspecté un temps les usines qui fournissent Carrefour.

Le sociologue de la mode Guillaume Erner  explique que de toutes façons cette industrie met d'abord en avant l'onirisme et que tout est fait pour que l'on oublie d'où vient l'habit :

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Après le green washing, connaissez-vous le fair washing ?

Le mot clé n’est pas ETHIQUE mais SUSTAINABILITY, soutenabilité, développement durable en bon français. Le mot est partout. Il apparaît des dizaines de fois dans le rapport annuel d’H&M, souvent dans la même phrase, fait du coup référence à lui-même. Actuellement, l'association Sherpa vient d'ouvrir un front totalement inédit pour faire évoluer les choses, en attrapant les multinationales sur le préjudice de "publicité trompeuse". Communiquer sur ce qu'on fait, sans le faire, pourrait être condamné. Une enquête préliminaire a en tout cas été ouverte contre Samsung. Le président de Sherpa, William Bourdon, sera d'ailleurs l'un des deux invités de notre Magazine de la rédaction.

« Mais produire éthique de A à Z, est-ce possible ? »  

Une tendance est cependant à l’œuvre. Que cela soit pour l’image ou pour réellement améliorer les choses, les marques textiles recrutent des experts en développement durable, ou des consultants qui cherchent à faite évoluer les pratiques. Fanny Garcia est l’un d’eux. Spécialisée dans le textile :

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NB : Les grandes enseignes (H&M, Gap, Zara etc...) sont les plus exposées sur ces sujets du fait de leur renommée. Elles ne sont pas forcément moins "éthiques" que les marques dont on parle moins, parce qu'elles sont plus petites ou plus chères. Un vêtement cher ne garantit absolument pas que le vêtement est produit dans de bonnes conditions. De plus, ces petites marques françaises chères ne sont pas plus transparentes que les grandes, et refusent (pour toutes celles que j'ai contacté) de dire où elles s'approvisionnent et chez qui précisément.

Quelques comptes Twitter à suivre

@TextileExchange: pratiques soutenables dans le textile

@DressedStripped: about labour garment industry

@cleanclothes: l’association la plus active sur ce secteur

@MsWandas: blog collectif sur la mode éthique

@labourlabel: antenne britannique de Clean Clothes Campaign

@icospirit: entreprise suisse de collecte internationale et de recyclage de vêtements

@oxfamfashion: branche sur le textile de l’ONG

@oliviercyran: journaliste qui suit ces dossiers

@IFMParis : Institut français de la mode

Enquête réalisée avec la collaboration d'Eric Chaverou 

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