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Voiture à partager

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Souvent, les usages ne sont pas nouveaux, mais leur croissance s’accélère à très grande vitesse. Le marché de ces mobilités bouillonne, marqué par une conception plus utilitaire de la voiture et des innovations numériques constantes. Enquête d'Eric Chaverou.

Kotoyamagami - Fotolia

Alors que les chiffres européens sont à la hausse, les Français n'ont jamais acheté si peu de voitures neuves. Et quand une voiture roule en moyenne en France 11 jours par an, certains sont aussi ravis d’avoir vendu leur véhicule. A l’image, parmi les réactions que nous avons recueillies, de Jean-Nicolas, passé à Rennes à l’auto et au vélo partage :

Directeur du cabinet spécialisé 6T, Nicolas Louvet  évoque un phénomène mondial, marqué par l'économie du partage. Cette "sharing economy" également popularisée par Airbnb et relancée par les crises économiques et écologiques actuelles estiment nombre d'analystes. En France, Nicolas Louvet note un déclic Autolib', qui a rendu réellement visible ces nouvelles mobilités. Même si Paris a encore dans l'autopartage bien du retard à combler par rapport à Londres, par exemple :

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Le cabinet 6T a déjà réalisé deux études sur les évolutions de mobilité des "Autolibeurs" et en prépare une autre sur l'autopartage en France.

Les différents mode d'autopartage__  

Les différents modes d'autopartage
Les différents modes d'autopartage Crédits : 6T

Nerf de la guerre : le téléphone mobile

Lui aussi mobile, cet objet toujours plus intelligent est devenu l'outil d'émancipation des jeunes, souligne Nicolas Louvet. « La voiture à 18 ans n'est plus une priorité, c'est d'abord le portable !  » Et toutes les études dans les grandes métropoles mondiales montrent que les jeunes passent leur permis de conduire de plus en plus tard.

Le développement du portable et son évolution via les applications sont une clé majeure des nouvelles mobilités. Il n'y a qu'à voir les effectifs dédiés à cette optimisation technique constante chez Drivy, plateforme de location de voitures entre particuliers fondée par Paulin Dementhon  :

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Paulin Dementhon, fondateur de Drivy, dans ses locaux parisiens. Avec en arrière plan ses ingénieurs et codeurs
Paulin Dementhon, fondateur de Drivy, dans ses locaux parisiens. Avec en arrière plan ses ingénieurs et codeurs Crédits : Eric Chaverou - Radio France

Dans cet écosystème, les levées de fond et les investissements se multiplient

Le covoitureur leader en Europe Blablacar a ainsi marqué les esprits cet été en attirant 100 millions de dollars, avant d'arriver il y a quelques jours dixième au top 10 des recherches des Français sur Google en 2014 ! Blablacar qui le 9 septembre a franchi la barre des 10 millions de membres, un mois et demi seulement après celle des 9 millions.

Peugeot Multicity à Berlin
Peugeot Multicity à Berlin

Les constructeurs français accélèrent aussi. Renault s'est allié en septembre à Bolloré, quand Peugeot avait dès 2010 lancé son bouquet de services "MU by", ensuite complété par Citroën Multicity et par exemple ses 350 véhicules électriques à Berlin.

Il faut dire que les prévisions ont de quoi les titiller. D'après le cabinet AlixPartners, cité par "Le Monde",__* le nombre d'usagers des services d'autopartage devrait être multiplié par dix entre 2011 et 2020 pour atteindre 8 millions d'usagers en Europe, avec une flotte de 130.000 véhicules*. Soit un chiffre d'affaires envisagé d'au moins 3 milliards d'euros.

Dans un pays très écologiquement demandeur, les marques allemandes ont également pris de l'avance. Avec Daimler et son système Car2Go, implanté dans une vingtaine de villes à travers le monde, et BMW et le loueur Sixt alliés pour une offre d'autopartage déjà implantée aussi à Vienne, Londres et San Francisco. Quand l'Américain Avis a lui pris le contrôle il y a deux ans du leader de l'autopartage Zipcar.

« Pour la SNCF, c'est une logique de prospective pour conserver son marché et être dynamique économiquement. »

Ecran de covoiturage iDVROOM en gare de Houdan, dans les Yvelines
Ecran de covoiturage iDVROOM en gare de Houdan, dans les Yvelines Crédits : Gilles Rolle

Déjà sensible de longue date à ces mobilités, la SNCF vient elle aussi de passer un cap. Elle mise depuis le mois dernier sur iDVROOM, un nouveau service de covoiturage de courte distance "domicile-travail". D'abord testé en Ile-de-France et dans les Pays de la Loire, ils visent les particuliers, mais aussi les entreprises et les collectivités. Ou comment notamment renforcer le Transilien pendant une année 2015 très chargée en travaux.

Avec deux logiques selon Olivier Demaegdt, son responsable : compléter l'offre globale de la SNCF et transporter les gens de porte à porte. Reste à séduire, grâce en particulier à des places de stationnement identifiées et réservées (dans une quarantaine de gares par exemple en Ile-de-France).

Olivier Demaegdt, le maître d'oeuvre d'iDVROOM, qui confie qu'il s'agit aussi de se préserver d'acteurs qui pourraient aller jusqu'à se lancer dans le transport ferroviaire :

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La sortie de route paloise

A Pau, le service d'autopartage d' IDElib' a fermé le 31 octobre dernier, après quatre années d'existence et avec 128 clients au lieu des 471 initialement prévus, pour 7 stations et 15 véhicules.

Idelib', à Pau
Idelib', à Pau

Une mise au garage d'un commun accord entre la société qui l'exploitait, largement déficitaire, et les politiques locaux, comme l'UMP_ _Nicolas Patriarche, le président du SMTU (Syndicat mixte des transports urbains).

Ce jeune élu avance différentes raisons comme l'étendue du territoire, des habitants déjà fortement équipés, des véhicules qui n'étaient pas électriques et des habitudes. Alors que le service de vélo partage local est également à la peine. Et d'ajouter : « Honnêtement, on a plus de demandes, d'attentes et de récriminations sur les services de bus, de transports en commun, que sur ce type d'outils » :

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Précisons d'ailleurs qu'Autolib' n'est toujours pas rentable trois ans après son lancement et malgré son succès. Alors qu'il vient aussi de se muer en véhicule utilitaire (Utilib'). D'après le patron du groupe Bolloré, les 70.000 abonnés nécessaires à l'équilibre devraient être atteints « au cours de l'exercice 2015 ». Avec un an de retard sur l'objectif initial.

Mutualiser les voitures adaptées pour les personnes handicapées

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La masse critique, la législation et la précarisation du travail, voilà des défis majeurs de cette économie du partage  qui s’étend et séduit les médias. Mais Charlotte de Vilmorin va au-delà, convaincue du succès à venir du « marché de niche » qu'elle connaît si bien.

A 24 ans et en fauteuil roulant depuis toujours, elle a eu l’idée d’une plateforme unique au monde de location entre particuliers de voiture adaptés. Après le succès de son blog sur sa vie à Paris, elle a du coup abandonné son travail dans la publicité pour s'associer et concrétiser "Wheeliz" grâce au financement participatif. A la fin du mois, Charlotte de Vilmorin promet des déplacements à moitié prix, avec une commission de 30% pour son site, et la garantie d'une parfaite assurance  :

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Pendant ce temps, "Uber", dont le service "Pop" est interdit depuis ce 1er janvier en France, s'adapte. Et Google vient de révéler une nouvelle version de sa voiture autonome. Le premier prototype complet de son véhicule destiné « à opérer sans intervention humaine » et qui pourrait encore bouleverser nos mobilités !

(vidéo de mai dernier)

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