LE DIRECT

La vie et l'oeuvre d'Aaron Swartz / Peut-on critiquer la neutralité du net ?

45 min
À retrouver dans l'émission

Aaron Swartz
Aaron Swartz Crédits : Noah Berge - Reuters

C’est à une forme d’hommage que nous allons nous livrer. Hommage à un acteur des réseaux qui a disparu il y a un peu plus d’une semaine, il avait 26 ans et s’appelait Aaron Swartz.

Le monde d’Internet est suffisamment jeune pour qu’on n’ait pas à célébrer des morts trop souvent. Aaron Swartz s’est donc suicidé le vendredi 11 janvier, l’âge de 26 ans. Et sa mort, les circonstances de cette mort, la personnalité d’Aaron Swartz, la place qu’il occupait dans l’univers numérique, ont déclenché maintes réactions et discussions. Si l’on décide d’y revenir aujourd’hui, c’est parce qu’Aaron Swartz incarne autre chose que lui-même : un mode de vie, des engagements, une forme de dévotion à une certaine idée de l’internet. Plus de liens ci-dessous et sur sur seenthis.net.

Avec Antonio Casilli , sociologue, enseignant à Télécom Paristech. Par ailleurs auteur, chroniqueur à la Grande Table de Caroline Broué, souvent invité à Place de la toile.

Exceptionnellement pas de lecture de la semaine aujourd’hui, les archives ici... ...car je tenais à ce que nous ayons un peu plus de temps pour traiter le deuxième sujet de cette émission, dans la continuité de cette chronique de Thibault. Car à l’occasion de cette histoire du blocage de contenus publicitaires par Free a ressurgi la notion de « neutralité du net », dont nous avons souvent parlé ici (là par exemple) et qui a été brandi par bien des acteurs du numérique pour reprocher à Free ce blocage. Je rappelle en quelques mots ce que c’est que la « neutralité du net ». La notion est née sous la plume d’un universitaire américain de Tim Wu en 2003, mais le principe est plus ancien. La neutralité du net, c’est un principe de non-discrimination des contenus véhiculés dans les réseaux. Chaque internaute, quel que soit son terminal, son fournisseur d’accès, le pays depuis lequel il se connecte, son navigateur, doit pouvoir avoir accès à l’ensemble des contenus sans différence de vitesse, sans altération et sans blocage. Constitutive de la manière dont s’est construit l’Internet, mais sujette à bien des atteintes – quand certains pays empêchent l’accès à certains sites ou quand certains opérateurs favorisent l’accès à certains services au détriment d’autres – la neutralité du net a été mise depuis quelques années à l’agenda politique (notamment depuis que le candidat Obama en avait en 2007 une promesse de campagne et la ministre Fleur Pellerin l’a aussi mise à l’agenda en France, le nouveau Conseil National du numérique nommé hier étant chargé de réfléchir à une loi). Ici même, à Place de la toile, on a consacré plusieurs émissions à une défense de ce principe.

Néanmoins, comme il est toujours nécessaire de penser contre soi, j’aimerais qu’on se demande aujourd’hui s’il n’y a pas matière à critiquer cette notion. Sous deux angles au moins. Un angle économique : il est répété par ses défenseurs que la neutralité favorise l’innovation, est-ce si vrai que ça ? Et un angle politique ou moral : à l’occasion de l’affaire Free, on a vu s’exprimer une position à mon sens assez paradoxale. Au nom de la défense de la neutralité du net, les défenseurs d’un internet libre et ouvert, se sont fait les alliés objectifs des publicitaires qui transforment progressivement le web en une affreuse galerie commerciale. Au nom du fait que Free bloquait les publicités, que les publicités étaient un contenu comme un autre, la neutralité du net sert à justifier une marchandisation dont les internautes sont les victimes quotidiennes. D’où la question que je me pose, et que je vais poser à mes invités : peut-on critiquer la neutralité du net ? Et si on me répond que c’est trop risqué, je m’y plierais…

Avec Patrick Waelbroeck, économiste à Télécom Paristech, donc collègue d’Antonio Casilli. Il est important pour nous d’avoir le point de vue de l’économiste, car ça n’est pas qu’une question de principe, c’est aussi une question d’argent. Et au téléphone depuis la Grèce, Kavé Salamatian , professeur d’informatique à l’Université de Savoie. Fait partie des gens que la ministre Fleur Pellerin a réunies mardi pour discuter de cette question.

Le bureau Des nouvelles du monde free™
Qu’est-ce que c’est que ce site, Freenews, qui a été la source de nombreux autres médias ces derniers jours, alors que la polémique enflait autour du filtrage de la publicité par les nouvelles box de l’opérateur (#adgate) ? La fête dure depuis un moment pour free... - c'est un anniversaire (dossier des Echos) : des reportages sur la 2e chaîne () sur les problèmes d'interconnexion ou QoS pour qualité de service, relayés cette semaine par l’UFC que choisir. [...] Suite.

Place de la Toile - #pdlt

<source type="image/webp" srcset="/img/_default.png"data-dejavu-srcset="https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2010/11/fad2eab6-4545-102e-80a0-fcfcfc001444/838_1571.webp"class="dejavu"><img src="/img/_default.png" alt="twitter" class="dejavu " data-dejavu-src="https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2010/11/fad2eab6-4545-102e-80a0-fcfcfc001444/838_1571.jpg" width="300" height="111"/>
twitter

Intervenants
  • économiste à Télécom Paristech
  • Professeur d’informatique à l’Université de Savoie. Chercheur en métrologie des réseaux cyberstratégie.
  • Professeur à Telecom Paris, Institut Polytechnique de Paris
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......