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"A propos de Nice" est le premier long métrage de Jean Vigo, un documentaire poétique réalisé avec Boris Kaufman en 1930

À propos de Jean Vigo, et autres Intranquilles

58 min
À retrouver dans l'émission

Plan Large sur l'œuvre éternelle de Jean Vigo, avec les cinéastes Sophie Fillières et Bertrand Mandico, et en seconde partie, rencontre avec le réalisateur Joachim Lafosse qui signe "Les Intranquilles".

"A propos de Nice" est le premier long métrage de Jean Vigo, un documentaire poétique réalisé avec Boris Kaufman en 1930
"A propos de Nice" est le premier long métrage de Jean Vigo, un documentaire poétique réalisé avec Boris Kaufman en 1930 Crédits : Gaumont - Malavida

C’était pour l’écrivain Elie Faure un "cinéaste-né", pour le fondateur de la Cinémathèque française Henri Langlois "le cinéma incarné dans un homme", pour le critique André Bazin "le plus pur des poètes du cinéma", et pour François Truffaut celui qui, mieux que tout autre, a su réconcilier les deux tendances du cinéma, le réalisme et l’esthétisme. Son œuvre est brève : tout réuni, ça ne fait pas la durée du nouveau James Bond. Elle a été réalisée en à peine 4 ans, au terme d’une vie elle aussi brève, de seulement 29 ans. Elle a été en butte aux ciseaux de la censure comme à ceux de l’industrie du cinéma. Et pourtant, depuis 90 ans, les films de Jean Vigo ne cessent de hanter les spectateurs qui ont eu la chance de les découvrir d’une façon ou d’une autre, comme les cinéastes qu’il a influencés, de Jean-Luc Godard à Leos Carax en passant par Lindsay Anderson, Bernardo Bertolucci, Emir Kusturica, et tant d’autres. 

Alors que sort enfin en salles l’intégrale de ses films restaurés, à savoir A propos de Nice, Taris ou la natation, Zéro de conduite et L’Atalante, regards de cinéastes sur l’œuvre de Jean Vigo aujourd’hui dans Plan Large, avec Sophie Fillières, prix Jean Vigo il y a 30 ans pour son premier court métrage, Des filles et des chiens, et membre du jury de ce prix qui depuis 70 ans distingue  "l’indépendance d’esprit, la qualité et l’originalité des cinéastes", et Bertrand Mandico, dont une scène des Garçons sauvages renvoie directement à Zéro de conduite. 

La scène de chahut dans le pensionnat a quelque chose d'extrêmement  joyeux et d'enlevé et elle part vers une dimension onirique avec un ralenti qui se met en place, cette procession de garçons qui devient complètement hypnotique, ça m'a beaucoup inspiré. La filmographie de Vigo est d'une densité et d'une richesse absolue, il y a beaucoup d'autres scènes qui me hantent et que je cite au fil de mes films. (...)  Ce qui est touchant chez Vigo c'est qu'on sent l'empreinte du cinéma russe dans son propre cinéma, c'est vraiment quelque chose de très présent, même dans les cadrages, dans des citations, et en même temps Vigo est Vigo parce que c'est un esprit libre, iconoclaste et il crée un style qui lui est propre. Donc il y a à la fois l'art de la référence et la liberté absolue prise au fil de ses plans. Bertrand Mandico

Jean Vigo a une manière absolument éblouissante de mettre en scène, chaque plan est d'une beauté qui semble presque étudiée tant c'est beau et qui, en même temps, passe de manière fluide et aérienne. Je trouve qu'il filme très souvent en plongée, c'est quelque chose d'assez récurrent dans Zéro de conduite et dans la péniche de L'Atalante. Il y a aussi une chose très frappante sur les corps qui est toutes ces contorsions, notamment dans cette péniche. (...)  Cela tient vraiment à des espèces de fulgurance, tout va dans le sens d'une foi dans la vie, je ne sais si c'est parce qu'il est mort jeune et qu'on a l'impression d'une telle vitalité justement parce qu'on l'a perdu et qu'il n'a pas pu faire d'autres films. Sophie Fillières

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De la folie, du désir 

En seconde partie d'émission, à distance depuis le Festival de Namur, Joachim Lafosse, qui dans un second temps nous parlera de son bel et émouvant nouveau film, Les Intranquilles, sorti en salles le 29 septembre, et avec succès, sur les écrans français après sa présentation au Festival de Cannes de juillet 2021. On retrouve Leïla et Damien, et leur fils Gabriel (joués respectivement par Leïla Bekhti, Damien Bonnard, et Gabriel Merz Chammah), un couple qui fait face à la bipolarité de Damien donc, artiste peintre, un film avant tout sur l'amour au sein du couple et son délitement. 

Avec Damien Bonnard et Leïla Bekhti, on a essayé de chercher jusqu'où on peut aller dans un engagement amoureux quand tout d'un coup la défaillance arrive et qu'elle fait vaciller le soi. Ces deux personnages luttent, au fond, pour ne pas lâcher leurs singularités : Leïla ne supporte pas de n'être qu'une infirmière, elle veut rester une maîtresse, une amante, une restauratrice de meubles, une mère et Damien, lui, lutte pour dire "vous ne ferez pas de moi qu'un malade". Joachim Lafosse

"Les Intranquilles", de Joachim Lafosse en salles depuis le 29 septembre
"Les Intranquilles", de Joachim Lafosse en salles depuis le 29 septembre Crédits : Les Films du Losange

James Bond, athlétiquement vôtre

Rencontre avec Anne-Sophie Bourdet, reporter au journal L'Equipe, à l'occasion de la parution d'un dossier James Bond alors que sortent en salles les si attendues nouvelles aventures de James Bond, au titre prémonitoire de Mourir peut attendre. Lourde tâche pour l’agent 007 : sauver la planète et le cinéma, tant il est censé ramener dans les salles celles et ceux qui s’en sont éloignés depuis le début de la pandémie. Mais le Britannique a les épaules solides, et pour cause : c’est un athlète de haut niveau, et c’est ainsi qu’il est portraituré aujourd’hui en couverture de L'Equipe Magazine : en "champion ultime".

La chronique de Charlotte Garson 

En fin d'émission, Charlotte Garson nous parle du dernier livre du grand historien et théoricien du cinéma Jean Narboni, La Grande Illusion de Céline, paru aux éditions Capricci. Qu’un personnage manifestement identifié comme juif soit aussi sympathique et intégré à sa bande de codétenus, dans le film La Grande Illusion de Jean Renoir en 1937, voilà qui provoquera, et il n’en fallait pas beaucoup pour ça, la colère délirante de Céline, l’écrivain, dans un de ses rares textes sur le cinéma, publié dans le pamphlet antisémite Bagatelles pour un massacre. Ce texte est le point de départ du nouveau livre de Jean Narboni, 11 ans après l’essai sur Le Dictateur de Chaplin qu’il avait publié chez le même éditeur. 

Pierre Fresnay et Jean Gabin, sous la direction de Jean Renoir dans le film "La Grande Illusion" sorti en 1937
Pierre Fresnay et Jean Gabin, sous la direction de Jean Renoir dans le film "La Grande Illusion" sorti en 1937 Crédits : Sunset Boulevard - Corbis - Getty

Le journal des sorties 

Un des plus célèbres avares de la littérature française, c’est Olivier Gourmet dans le rôle du père Grandet, dans l’adaptation sèche, assez réussie et étonnante dans sa façon de faire de l’héroïne une porte-parole de l’émancipation féminine post #metoo, du roman de Balzac Eugénie Grandet par l’écrivain et cinéaste Marc Dugain

Isabelle Huppert en mère perverse qui noie sa famille dans le chocolat, c’est Merci pour le chocolat, qui ressort en salles avec 7 autres films de Claude Chabrol, sous le titre générique de Suspense au féminin, à voir en parallèle de la volumineuse biographie que sort Antoine De Baecque chez Stock. 

Après la Passion simple de Danielle Arbid et en attendant L’Evènement d’Audrey Diwan, Lion d’Or au Festival de Venise, encore un film inspiré d’Annie Ernaux, et ici de sa ville de prédilection, Cergy, et de ses habitants, c’est J’ai aimé vivre là, de Régis Sauder. 

Une troupe de théâtre en proie aux affres de l’impossibilité de jouer en temps de pandémie mondiale, c’est Guermantes, de Christophe Honoré, avec du Proust dedans, et la troupe de la Comédie française. 

Un conte sur les réfugiés, c’est le très beau film d’animation de Florence Miailhe, La Traversée

Et enfin, une autre odyssée, celle des survivants de la guerre des 3 jours entre le Rwanda et l’Ouganda à Kisangani, pour aller à Kinshasa réclamer leurs indemnités, c’est le tout aussi beau documentaire de Dieudo Hamadi, En route pour le milliard. Le film, soutenu par France Culture, était dans la sélection du Prix Cinéma des Etudiants France Culture.

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