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Délivrance, de John Boorman, réalisé en 1972

B comme John Boorman, le romantique ironiste

1h
À retrouver dans l'émission

Plan large sur le cinéaste britannique John Boorman, qui en 50 ans de carrière et 17 longs-métrages, a signé une œuvre résolument moderne, tournée vers le grand public, aussi personnelle que cohérente. Réflexion sur un cinéma autant peuplé d’observateurs que de magiciens manipulateurs.

Délivrance, de John Boorman, réalisé en 1972
Délivrance, de John Boorman, réalisé en 1972 Crédits : Warner Bros

"Faire du cinéma, a dit un jour John Boorman, c’est convertir de l’argent en lumière et chacun espère que cette lumière sur l’écran produira en retour de l’argent. Cela n’est pas très éloigné du mythe qui représente une tentative pour s’échapper du monde matériel afin d’atteindre le domaine spirituel. Au cinéma, de même, nous utilisons toutes les ressources de la société technologique et industrielle pour créer un rêve, un faisceau lumineux qui, projeté sur un mur, contiendra un peu de notre esprit."

Derrière l’apparente diversité de sa relecture et distorsion des conventions des genres classiques auxquels s’est adonné le grand cinéphile qu’il est, John Boorman a toujours travaillé à l’intérieur du système pour mieux en repousser les limites. Avec un sens visuel extrêmement frappant, une utilisation émotionnelle des couleurs, romantique ironiste et peintre des faux-semblants, de la capacité de l’homme à s’auto-illusionner, l’auteur du Point de non-retour et de Délivrance, d’Excalibur et de La Forêt d’émeraude, cinéaste alternativement insulaire et voyageur aventurier, Boorman est épris dès l’enfance des récits arthuriens et empreint de la pensée de Carl Gustav Jung. 

L'oeuvre de John Boorman se situe entre le réalisme et un ancrage dans le temps présent, et l'onirisme. C'est un visionnaire, auteur d'une oeuvre marquée par l'importance du regard. On a l'impression qu'il cadre le monde en permanence. Michel Ciment

Image extraite du film Leo The Last (Léo, le dernier), de John Boorman, réalisé en 1970
Image extraite du film Leo The Last (Léo, le dernier), de John Boorman, réalisé en 1970 Crédits : Susan Wood - Getty

Il livre dès lors des fables violentes et lyriques, en forme de quêtes aussi épiques que spirituelles, qui, même situées dans le passé, décryptent le monde contemporain et son ordre souterrain, dans une dialectique où s’affrontent stylisation et réalisme apparent, culture et nature, réel et imaginaire, raison et pensée mythique. Réflexion sur le cinéma de John Boorman, peuplé de personnages qui sont autant de figures du cinéaste à l’intérieur de ses films, une oeuvre qui a son grand exégète en France, Michel Ciment, notre invité aujourd'hui, dont sort en librairie l’édition définitive de sa somme Boorman, un visionnaire en son temps (chez Marest éditeur),avec à ses côtés N. T. Binh

Il faut savoir faire connaissance avec John Boorman. C'est un cinéaste complet, si je reprends les termes de Michel Ciment. C'est un des cinéastes les plus modernes. Il se ressource dans tous les mythes fondateurs et classiques pour mieux les déconstruire. N.T. Binh

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En fin d’émission, la chronique de N.T. Binh, sur trois films de Luigi Comencini, qui sortent en DVD et Blu-Ray, en versions restaurées, à savoir Un Vrai Crime d’amour, une "fable ouvrière" de 1974, Qui a tué le chat, une comédie policière sarcastique de 1977, et Les Aventures de Pinocchio, un conte féerique de 1972. Un cinéaste éclectique, qui a le goût du romanesque et du mélodrame, et qui pense que pour s'adresser au spectateur, il faut toucher sa sensibilité ...

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Les recommandations de Plan large : l'actualité des parutions

  • Elia Kazan, la confusion des sentiments, dirigé par Jean-Michel Durafour et José, aux Presses Universitaires de Provence 
  • Le livre collectif Lee Chang-Dong, dirigé par Véronique Bergen, Jean-Philippe Cazier et Antoine Coppola aux éditions Dis Voir, sera présenté à la Librairie Beaubourg au Centre Pompidou à Paris, avec une rencontre entre Danièle Rivière et Jean-Philippe Cazier, le 2 novembre à 18h30. 
  • Le dernier rêve de Stanley Kubrick,une enquête sur les coulisses d'Eyes Wide Shut, signée Axel Cadieux sort le 24 octobre aux éditions Capricci.
  • DVD : Domino, le dernier film de Brian de Palma est édité directement en DVD et Blu-Ray chez Metropolitan Filmexport.

Extraits de films

  • Le Point de non retour (Point Blank), de John Boorman (1967)
  • Leo The Last, de John Boorman (1970)
  • Délivrance (Deliverance), de John Boorman (1972)
  • Excalibur, de John Boorman (1981)
  • La Guerre à sept ans (Hope and glory), de John Boorman (1987)
  • Le Tailleur de Panama (The Tailor of Panama), de John Boorman (2001)
  • Le Général, de John Boorman (1998)
  • Un Vrai Crime d'amour, de Luigi Comencini (1974)
  • Qui a tué le chat ?, de Luigi Comencini (1977)

Bibliographie

Aventures, les mémoires de John Boorman

AventuresJohn BoormanMarest Editeur, 2017

Intervenants
  • critique de cinéma, écrivain, producteur de radio
  • Journaliste, critique, enseignant de cinéma (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
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