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Maria Casarès dans Les Dames du Bois de Boulogne, de Robert Bresson (1945)

B comme Robert Bresson

59 min
À retrouver dans l'émission

Avec seulement 13 longs métrages en quarante ans, des "Anges du péché" à "L’Argent", Robert Bresson a inventé une œuvre, des tentatives préférait-il dire, d’une rare cohérence esthétique et morale. Plan large sur un cinéaste aussi isolé en son temps qu’influent aujourd’hui.

Maria Casarès dans Les Dames du Bois de Boulogne, de Robert Bresson (1945)
Maria Casarès dans Les Dames du Bois de Boulogne, de Robert Bresson (1945) Crédits : TF1 Video (2018)

La grâce chez Robert Bresson est éminemment physique. Il y a un érotisme qui passe par la prédominance du geste et de la sensation.        
Marcos Uzal

Bruno Dumont et Eugène Green, les frères Dardenne et Alain Guiraudie, Jia Zhang-ke et Aki Kaurismaki, le Benoît Jacquot des débuts et même Martin Scorsese période Taxi Driver, tous ces cinéastes lui doivent tant et plus. Avec seulement 13 longs métrages en quarante ans, des Anges du péché à L’Argent, Robert Bresson a inventé une œuvre, des tentatives préférait-il dire, d’une rare cohérence esthétique et morale, dont il a consigné les préceptes sous forme d’aphorismes implacables dans ses célèbres Notes sur le cinématographe, devenu le bréviaire des cinéastes, qu’ils les appliquent ou non. Sa réputation radicale, austère, pour ne pas dire janséniste, ne doit pas pourtant faire oublier la dimension sensuelle, pour ne pas dire érotique, de ses films, une fête constante de l’œil, de l’oreille et l’esprit. 

Parce qu’ils sont plus souvent invoqués que réellement vus, entendus et ressentis, les films de Robert Bresson sont à vivre et à revivre sans cesse. Après les grandes rétrospectives du début de l’été 2018 au Festival de La Rochelle et à la Cinémathèque française, et les ressorties en salles des copies restaurées du Journal d’un curé de campagne, des Dames du bois de Boulogne  et d’Un condamné à mort s’est échappé, voilà que paraissent en DVD et en Blu-Ray les dites Dames du bois de Boulogne, mais aussi Pickpocket et L’Argent. L’occasion pour Plan Large d’étudier le mystère Bresson, avec Emilie Cauquy, responsable de la diffusion et valorisation des collections films de la Cinémathèque française et Marcos Uzal, critique de cinéma et membre notamment du comité de rédaction de la revue Trafic. Aujourd’hui, que ce soit bien compris, on ne parlera pas de cinéma, mais de cinématographe… 

Robert Bresson utilise les images comme des cartes à jouer. Ce qui l'intéresse, c'est révéler, et l'atemporalité de ses films.      
Emilie Cauquy

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En fin d’émission, la chronique de Marcos Uzal à propos du troisième volume de la mythique revue Midi Minuit Fantastique paru aux éditions Rouge Profond,. En 1962, quatre cinéphiles déviants, Michel Caen, Alain Le Bris, Jean-Claude Romer et Jean Boullet, créait la première revue européenne dédiée au cinéma de genre : fantastique, science-fiction, érotisme. 24 numéros en dix ans d’existence pour promouvoir une "politique des horreurs", et plus largement une contre-culture défendue dans ses pages par d’éminents critiques comme Claude Beylie, Raymond Borde, Bernard Eisenschitz et Francis Lacassin, et de prestigieux invités : Eugène Ionesco, Roland Topor ou Boris Vian. Ce troisième volume, toujours dirigé par le passionné Nicolas Stanzick, regroupe les numéros 12 à 17, de mai 1965 à juin 1967, soit pour les couvertures, d’un homme amphibie sorti tout droit de chez Jacques Tourneur à la toujours troublante scream queen Barbara Steele. 

Cette revue représente une forme de résistance à l’obscurantisme, à la violence aveugle, au puritanisme, et à tout ce qui étouffe le pouvoir ô combien salvateur de l’imaginaire.      
Marcos Uzal

Programmation 

  • Archive : Robert Bresson, dans l'émission Aspects de la création dramatique sur France Culture en 1965
  • Extrait Les Dames du Bois de Boulogne, de Robert Bresson (1945)
  • Extrait Le Journal d'un curé de campagne, de Robert Bresson (1951)
  • Extrait de Pickpocket, de Robert Bresson (1959)
  • Extrait Le Procès de Jeanne d'Arc, de Robert Bresson (1962)
  • Extrait de Au hasard Balthazar, de Robert Bresson (1966)
  • Extrait de Mouchette, de Robert Bresson (1967)
  • Extrait de L'Argent, de Robert Bresson (1983)
  • Extrait de Pickpocket, de Robert Bresson (1959)
  • Extrait de la pièce radiophonique : La Musique d'Erich Zann, de Lovecraft, avec le comédien Jean Topart
  • Extrait de La Brûle de mille soleils, de Pierre Kast (1965)
  • Extrait de la bande-originale de Ténèbres, de Claude Loubarie en 1971. 

Recommandations de Plan Large 

Journal d'un curé de campagne, Un condamné à mort s'est échappé , Pickpocket, L'Argent, et Les Dames du Bois de Boulogne de Robert Bresson, sont disponibles en DVD et Blu-Ray chez Potemkine et TF1 Vidéo. 

Le DVD et Blu-Ray Les Dames du Bois de Boulogne (TF1 Vidéo) est accompagné d'un livre devenu introuvable : Autour des Dames du Bois de Boulogne - Journal d'un film de Paul Guth. 

Robert Bresson et la chose venue de l'intérieur, une conférence d'Emilie Cauquy, à revoir sur le site de la Cinémathèque française tandis que Robert Bresson, le regard dérobé, est une vidéo analyse signée Hélène Lacolomberie. 

Réécoute du 22 septembre 2018

Intervenants
  • Responsable de la diffusion et valorisation des collections films de la Cinémathèque française
  • Critiques de cinéma, réalisateur
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation

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