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Last Words, de Jonathan Nossiter, en salles le 21 octobre 2020

Jonathan Nossiter : "Je pense que le cinéma comme l’agriculture est la recherche de ce qui peut nous alimenter au sens le plus profond"

58 min
À retrouver dans l'émission

Depuis 1975, le Festival du cinéma américain de Deauville projette les rêves et les angoisses d’une Amérique, particulièrement tourmentée cette année. Au cœur de cette édition si particulière, Plan large reçoit Bruno Barde, Sylvie Pialat, Bruno Podalydès et Jonathan Nossiter.

Last Words, de Jonathan Nossiter, en salles le 21 octobre 2020
Last Words, de Jonathan Nossiter, en salles le 21 octobre 2020 Crédits : Jour2Fête

Quand Claude Lelouch parle de cinéma américain, pas d’erreur, on est bien à Deauville, en direct des salons de l’hôtel Barrière Le Normandy, au cœur du Festival du cinéma américain, 46ème du nom, un festival très particulier cette année, non seulement parce qu’il a réussi à se maintenir malgré la pandémie de coronavirus ; non seulement en raison de l’absence, sur place, des Américains (mais leurs films sont là pour eux). 

"Un Festival, c'est la possibilité de manger du cinéma"

Une édition particulière parce que cette année, c’est tout le cinéma qui est accueilli à Deauville, qui a invité son aîné et cousin de la Côte d’Azur, le Festival de Cannes, empêché cette année, à présenter une dizaine des films. Un festival très singulier, donc, qui rappelle fort utilement qu’un festival, ce n’est pas seulement une sélection, c’est l’expérience collective de la découverte, sur grand écran, c’est essentiel, d’une image du monde. 

Le cinéma est un art qui s’anoblit hors frontière (…) J’ai toujours pensé que notre rôle à nous, c’était la circulation des œuvres à travers le verbe et à travers les films. C’est pour ça que je me suis dit, Deauville existera ou n’existera pas, mais ne sera jamais numérique. L’ouverture de ce festival était un symbole, "sumbalein" en grec c’est la réunion, on était réunis autour du cinéma. Les festivals servent à ramener les gens dans les salles, à faire découvrir et à transmettre. Je pense que l’élitisme pour tous est possible. (…) Un film qui est beau, intelligent et généreux, un film, comme dirait Truffaut, qui a un point de vue sur le cinéma, et sur le monde est fatalement un film anti-trump. Tout le cinéma présenté ici est politique au sens où c’est le bien de la cité qui est montré. Ce que montre les films américains d’aujourd’hui, montrent que les héroïnes de la vie, qui font avancer le monde, ce sont les femmes, et ce depuis toujours.              
Bruno Barde, directeur du Festival de Deauville 

"Jamais nous n’avons eu autant besoin du cinéma", c’était le cri du cœur, pour inaugurer les festivités, de Roselyne Bachelot, et ça faisait bien longtemps qu’un ministre de la Culture n’était pas venu inaugurer le Festival. Dans Plan Large aujourd’hui, deux membres du jury présidé par Vanessa Paradis, qui aura la lourde tâche de départager les 15 films en compétition : la productrice Sylvie Pialat, et le cinéaste Bruno Podalydès. A leurs côtés, le directeur et maître d’œuvre du festival depuis 25 ans, Bruno Barde. 

Ce que j’aime dans un Festival, c’est l’immersion et l’engloutissement d’un grand nombre de films, on est obligés de constater que plus on travaille dans le cinéma, moins on a le temps d’aller voir beaucoup de films au cinéma, ce qu’on faisait justement avant. Un festival, c’est la possibilité de manger du cinéma et c’est comme ça qu’on l’aime encore plus, car tout vous saute aux yeux.                
Sylvie Pialat 

Plan Large en direct du Festival du cinéma américain de Deauville, dans les salons du Normandy. De gauche à droite : Bruno Barde, Bruno Podalydès, Sylvie Pialat, Jonathan Nossiter et Antoine Guillot
Plan Large en direct du Festival du cinéma américain de Deauville, dans les salons du Normandy. De gauche à droite : Bruno Barde, Bruno Podalydès, Sylvie Pialat, Jonathan Nossiter et Antoine Guillot Crédits : Pascaline Bonnet - Radio France

Jonathan Nossiter : le cinéma comme mémoire du monde 

En deuxième partie d'émission, Plan large reçoit le cinéaste américain Jonathan Nossiter, qui a pu trouver le chemin des planches deauvillaises, car il vit en Italie : Jonathan Nossiter, l’auteur de Mondovino, en compétition cette année avec une fable post-apocalyptique et visionnaire, adaptée du livre Mes derniers mots, de Santiago Amigorena (éditions P.O.L.) Last Words, qui, nous rappelle combien le cinéma, plus que jamais, nous est indispensable. Last Words sort en salles en France le 21 octobre.

J’ai compris que pour Santiago Amigorena, ce qui peut sauver l’homme de la barbarie, c’est la littérature et pour moi c’est le cinéma. Au fond, c’est la même chose. J’ai compris dans son livre, qui est un acte d’amour envers la littérature, que moi aussi je pouvais faire quelque chose pour le cinéma. Aller au cinéma, être ensemble, rêver ensemble devant quelque chose qui nous renvoie notre propre reflet, c’est comme aller à l’église pour moi. C’est un film utopique et pas dystopique, c’est une recherche de la tendresse possible même quand on est devant la peur la plus terrifiante. La culture est essentielle pour la survie de l’espèce humaine.            
Jonathan Nossiter

Nick Nolte et Kalipha Touray, derniers survivants sur terre en 2086 dans le film "Last Words", de Jonathan Nossiter
Nick Nolte et Kalipha Touray, derniers survivants sur terre en 2086 dans le film "Last Words", de Jonathan Nossiter Crédits : Jour2Fête (2020)

Le journal du cinéma 

Pour en savoir plus sur l’histoire du Festival de Deauville, et sur la situation du cinéma indépendant américain, on peut voir ici, dans la section "Les Docs de l’oncle Sam", le documentaire de Daphné Baiwir, dont sort la phrase de Claude Lelouch qu’on a entendue en exergue de cette émission : Deauville et le rêve américain. Et pour ceux qui rateront la magnifique rétrospective Kirk Douglas, ici au festival, dont il est littéralement la tête d’affiche, on vous renvoie évidemment au Plan Large que nous avions consacré à la star au moment de sa disparition, en février 2020, mais aussi à la parution en DVD et en Blu-ray (Rimini éditions) de la version restaurée du Champion de Mark Robson, qui en 1949 avait créé sa persona de dur à cuire dans ce rôle de boxeur qui avait fait de lui une star. 

Retrouvez tout le palmarès de la 46ème édition du Festival de Deauville sur le site officiel du Festival

Rencontre avec Sophie Letourneur, réalisatrice du film Énorme, en salles le 2 septembre, une comédie burlesque sur la grossesse et les rapports de domination dans le couple, et comment les rééquilibrages entre homme et femme inventent quelque chose de tout à fait nouveau, jusqu’au monstrueux et à la folie.   

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La chronique de Sophie-Catherine Gallet : Il Cinema Ritrovato, au rêve se mêle le réel

Sophie-Catherine Gallet revient de Bologne, où s’est tenue la 34ème édition d’une manifestation essentielle qui n’a jamais si bien porté son nom : Il Cinema Ritrovato, le cinéma retrouvé a permis aux cinéphiles italiens, et du monde entier, de redécouvrir le plaisir de la projection sur grand écran de près de 400 films restaurés de l’histoire du cinéma. Une année héroïque, selon son directeur, celui aussi de la Cineteca de Bologne pour une manifestation qui se tient d’habitude fin juin. On a pu y voir, entre autres, comme toujours dans ce festival, des films réalisés il y a cent ans, en 1920, donc. 1920, année de naissance de Federico Fellini, aussi, et pour fêter son centenaire, a été projeté, en plein air sur l’écran géant de la Piazza Maggiore, son tout premier film, coréalisé en 1950 avec Alberto Lattuada, Les feux du music-hall. 

Extraits de films et musiques

  • Space Ducks, de Daniel Johnston dans le film Effacer l'historique, de Gustave Kervern et Benoît Delépine (bande annonce)
  • Le Carnaval des animaux, de Camille Saint-Saëns et Gondry, de Steve Nieve
  • Extrait de The Galaxy Song, de Terry Gilliam et Terry Jones (1983)
  • Extrait de Last Words, de Jonathan Nossiter (en salles le 21 octobre 2020)
  • Extrait des Voyages de Sullivan, de Preston Sturges (1941)
  • Aimez-vous les moules marinières, de Damia (chanson des années 1930)
  • Montages d'extraits des sorties de la semaine : Police, d'Anne Fontaine ; Ema, de Pablo Larrain ; La Jeune Fille à l'écho, d'Arunas Zebriunas ; Poissonsexe, d'Olivier Babinet 
  • Extrait de Énorme, de Sophie Letourneur (en salles depuis le 2 septembre)
  • Extrait de Les feux du music-hall, de Federico Fellini et Alberto Lattuada (1950)
  • Extrait de Misfits (Les Désaxés), de John Huston (1961)
  • Extrait de Les feux du music-hall, de Federico Fellini et Alberto Lattuada (1950)
Intervenants
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