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Jean-Paul Belmondo et l'actrice Mia Farrow sur le tournage du film "Docteur Popaul", réalisé par Claude Chabrol en 1972

Serre moi fort Bébel

58 min
À retrouver dans l'émission

Plan Large rend hommage à Jean-Paul Belmondo en première partie d'émission avec Jérôme Wybon, et reçoit Mathieu Amalric pour son nouveau long métrage, le magnifique mélodrame "Serre moi fort".

Jean-Paul Belmondo et l'actrice Mia Farrow sur le tournage du film "Docteur Popaul", réalisé par Claude Chabrol en 1972
Jean-Paul Belmondo et l'actrice Mia Farrow sur le tournage du film "Docteur Popaul", réalisé par Claude Chabrol en 1972 Crédits : Michel Ginfray / Sygma/ - Getty

Il faudra un jour que des sociologues, voire des anthropologues, se penchent sur l’émoi considérable provoqué en France par la disparition, lundi 6 septembre, à 88 ans, de Jean-Paul Belmondo, sur ce que plusieurs générations de spectateurs du grand et du petit écran ont projeté sur lui pendant ses six décennies d’apparitions à l’écran. 

La gravité de la joie

Lors de l'hommage national rendu à Belmondo, aux Invalides le jeudi 9 septembre, un Emmanuel Macron fort ému a esquissé quelques pistes, à propos, je cite, du "héros aux mille visages" qui "épousa la France". "Nous l’aimions parce qu’il nous ressemblait", a poursuivi le président de la République, louant "la figure qui transperça les styles", "sans prétention, sans jamais chercher à porter une thèse. Juste être là." 

Dans Plan Large, c’est précisément cet "être là" que nous voudrions interroger, ce qui fait de Belmondo un acteur unique et singulier, dans son jeu, son corps son phrasé et sa persona. Le tout au présent, puisqu’un acteur de cinéma ne meurt jamais vraiment, tant qu’on continue à le regarder et à vivre avec lui. Pour nous en parler, le réalisateur Jérôme Wybon, auteur du documentaire Belmondo ou le goût du risque, et d'un livre en forme de making-off sur Le Magnifique de Philippe de Broca, paru aux éditions Huggin & Munnin

Avec A Bout de Souffle, Godard accouche Belmondo, mais Belmondo accouche de Godard aussi. Il y a une rencontre entre un cinéaste et son acteur, mais aussi un acteur avec son public. Ce qui va se prolonger après lorsqu'il travaillera avec De Broca. C'est une époque où il joue à la fois Pierrot le fou, Cartouche et L'Homme de Rio et le public suit. Il amène une manière de jouer qu'on ne connaît pas en France, ni même à l'étranger. C'est une page vierge qui s'écrit au fur et à mesure au début des années 1960. Il y a une volonté d'inventer son propre jeu.      
Jérôme Wybon

Une femme s'en va … 

A ses côtés, le réalisateur et acteur Mathieu Amalric, dont le dernier film, grand film de cinéma, Serre moi fort, est un magnifique mélodrame, inspiré de la pièce, Je reviens de loin, de Claudine Galea, au-delà de la mort et du réel, est sorti en salles le 8 septembre. C’est un film soutenu par France Culture. Serre moi fort est un film qui invente une nouvelle forme, notamment dans son dialogue entre réel et imaginaire, dans lequel la musique intervient comme un personnage à part entière. 

On s'est rendu compte que le trajet de Clarisse et celui du spectateur étaient commun, et que le déni devenait vraiment bouleversant, que le mélo avait l'air d'être dans les coupes. (…) Je vois bien que les dialogues sont remplacés par des gestes, je n'ai plus l'impression que ce sont des scènes, c'est comme un ruban qui m'amène à autre chose, qui s'entortille, c'est des volutes, ça semble aller vers le cinéma muet.
Mathieu Amalric

L'actrice Vicky Krieps dans le film "Serre moi fort", de Mathieu Amalric en salles le 8 septembre
L'actrice Vicky Krieps dans le film "Serre moi fort", de Mathieu Amalric en salles le 8 septembre Crédits : Charles Paulicevich - Gaumont

Rencontre avec Stéphane Goudet 

Et puis le cinéma, c’est aussi au théâtre. Après Les Carabiniers, Les Chasses du comte Zaroff, Shock Corridor et La Chevauchée des bannis, le metteur en scène Mathieu Bauer s’attaque à un chef d’œuvre du muet, La Croisière du Navigator, de Buster Keaton. Buster mêle ciné-concert, acrobaties sur scène et très sérieuse, quoique joyeuse, analyse du film en direct, avec dans le rôle du conférencier, le critique et professeur de cinéma spécialiste du burlesque Stéphane Goudet, par ailleurs directeur artistique du cinéma Le Méliès à Montreuil. Il nous explique ce qui rend Buster Keaton unique, par rapport à ses contemporains Charlie Chaplin, Harold Lloyd et autres génies du genre. Ce spectacle est à voir au Nouveau Théâtre de Montreuil jusqu'au 9 octobre, puis en tournée en France

Extrait du spectacle "Buster", mis en scène par Mathieu Bauer, avec Stéphane Goudet, à voir au Nouveau Théâtre de Montreuil et en tournée dans toute la France
Extrait du spectacle "Buster", mis en scène par Mathieu Bauer, avec Stéphane Goudet, à voir au Nouveau Théâtre de Montreuil et en tournée dans toute la France Crédits : Jean-Louis Fernandez

La chronique de Marcos Uzal : que dit la 78ème Mostra du cinéma d'aujourd'hui ?

Le festival de la 78e Mostra de Venise s’achève ce samedi 11 septembre avec la remise du palmarès, Lion d’or en tête. Il s’est ouvert le 1er septembre avec les Madres paralelas de Pedro Almodovar, on y a croisé Jane Campion, Pablo Larrain, Paul Schrader, et côté italien, la part du lion, 5 films, qui de Paolo Sorrentino à Michelangelo Frammartino, ont donné un aperçu de la diversité du cinéma transalpin.

"Il Buco", de Michelangelo Frammartino, présenté en compétition à la 78ème Mostra de Venise
"Il Buco", de Michelangelo Frammartino, présenté en compétition à la 78ème Mostra de Venise Crédits : Coproduction Office - Mostra del Cinema

Le journal du cinéma  

Ne ratez pas la lecture par Mathieu Amalric des Mémoires d’une savonnette indocile de Luc Moullet, le lundi 20 septembre à la Cinémathèque française, dans le cadre de la rétrospective, jusqu’au 30 septembre

En avant–première, vous pouvez découvrir le nouveau chef-d’œuvre du Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, Memoria, au Centre Pompidou à 20h, précédé d’une présentation en vidéo par le cinéaste, l’actrice Tilda Swinton et Marcos Uzal, puisque le film ouvre la seconde édition du "Cinéma comme il va", 10 films à découvrir, parmi lesquels on vous recommande un des plus beaux films découverts en compétition à Cannes cet été, Compartiment n° 6, du Finalandais Juho Kuosmanen.

Dans les nombreux films de patrimoine restaurés qui vont faire le sel du festival Play It Again !, dans toute la France du 15 au 28 septembre, il y aura L’Homme de Rio, de Philippe de Broca. Et jusqu’au 10 octobre, au Palais Rihour à Lille, se tient dans le cadre du festival CinéComédies une exposition Belmondo : comédies en cascade. Vous pourrez également voir une rétrospective en 6 films de Belmondo, à la Filmothèque à Paris. 

Le journal des sorties 

9 jours à Raqqa, de Xavier de Lauzanne, portrait un rien télévisuel mais très prenant d’une jeune femme kurde de 30 ans, Leila Mustapha, maire infatigable de la ville syrienne de Raqqa, ancienne capitale du califat autoproclamé par Daesh, qui prend une toute autre dimension depuis le retrait des Américains d’Afghanistan et la prise de pouvoir des talibans. 

La réédition en copie neuve et restaurée d’un classique du film d’espionnage, Le Ministère de la peur, alias Espions sur la Tamise, de Fritz Lang

Des jeunes gens qui trompent leur ennui et leur sentiment d’enfermement à Gaza en pratiquant le "parkour", ou free running, dans les ruines laissées par les bombardement israélien, c’estOne More Jump, le captivant documentaire de l’Italien Emanuele Gerosa. 

Respect, c’est le biopic un rien édulcoré, mais le genre hollywoodien veut ça, de la vie de la Reine de la Soul Aretha Franklin. Mais la musique est parfaite, et Jennifer Hudson épatante. 

Et enfin, La Nuit des Rois, du cinéaste ivoirien Philippe Lacôte, qui nous plonge dans le monde en soi qu’est la prison surpeuplée de la MACA, dans les faubourgs d’Abidjan ; un peu, et d’une manière évidemment différente, comme dans Serre moi fort, un conte sur la puissance de la parole et de l’imagination, avec cette variation moderne et habitée sur Sheherazade, ou comment survivre quand on est un jeune prisonnier en racontant une histoire toute la nuit.

Intervenants
  • Documentariste, critique de cinéma
  • Acteur et réalisateur
  • Critique et historien de cinéma, maître de conférences en cinéma à l’université de Paris I et directeur artistique du cinéma Le Méliès à Montreuil
  • Critiques de cinéma, réalisateur
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