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Agnès Varda

Hommage à Agnès Varda

59 min
À retrouver dans l'émission

"Plan large" rend hommage à la réalisatrice disparue le 28 mars, avec la rediffusion de cette Masterclasse de 2017 dans laquelle elle était interrogée sur son parcours en trois vies, photographe, puis cinéaste, et enfin artiste plasticienne.

Agnès Varda
Agnès Varda Crédits : MIGUEL MEDINA - AFP

Capter quelque chose, c’est très passionnant. J’étais une piètre photographe, car je n’ai pas appris dans les écoles. […] Je me considérais comme libre de faire des photographies que j’appelais des compositions. (...) Le fait d’avoir été sans connaissances des films dans ma jeunesse, m’a donné du culot. Agnès Varda

Agnès Varda a trois vies, artistiquement parlant. Dans la première, elle est photographe, accompagnant de 1948 à 1960 le Festival d’Avignon et le Théâtre National Populaire de Jean Vilar. Dans la deuxième, elle est cinéaste, avec un premier film La Pointe Courte réalisé en 1954, avec deux comédiens, et pas des moindres : Philippe Noiret et Sylvia Monfort. Un film précurseur de la Nouvelle Vague avec peu de moyens, sa liberté, et sa façon de mêler fiction et regard documentaire, deux faces du cinéma avec lesquelles elle joue sans cesse depuis. Côté fiction Cléo de 5 à 7, Le Bonheur, Les Créatures, L’une chante, l’autre pas, et Sans toit ni loi, qui sera Lion d’Or à la Mostra de Venise en 1985, avec l’extraordinaire interprétation de Sandrine Bonnaire. 

Penser un film, c’est penser à la forme qu’il a. Dans "Cléo de 5 à 7" ce qui m’intéressait, c’était de montrer l’émotion de la peur. Agnès Varda

Ou encore Jacquot de Nantes, hommage très émouvant à l’enfance de Jacques Demy, son compagnon de 35 ans. Côté documentaires, on retrouve quantité de films petits et grands, dont Opéra-Mouffe, Daguerréotypes, Mur murs, Les Glaneurs et la glaneuse, Les Plages d’Agnès et le dernier à ce jour : Visages, villages, cosigné par l’artiste JR. Mais comme dans le diptyque Kung-Fu Master / Jane B . par Agnès V., avec Jane Birkin, la frontière entre fiction et documentaire est toujours indécise. 

L’ensemble de ses films pourraient prendre le titre de celui qu’elle a réalisé en 1982 : Documenteur. Une œuvre à la fois très personnelle, comme un journal intime des différents moments de sa vie, et très ouvert aux autres, notamment à ceux que la société a mis sur le côté, à la marge. Et voilà qu’il y a une quinzaine d’années, surgit la troisième vie d’Agnès Varda : moins plasticienne qu’artiste visuelle, comme elle préfère dire, depuis qu’en 2003 Hans Ulrich Obrist l’a invitée à monter une installation à la Biennale de Venise. Ce fut Patatutopia, ses pommes de terre en forme de cœur, ridées et germées, et l’artiste elle-même en robe patate. Nombreuses installations depuis, de Lyon à Gand, de la Fondation Cartier à Paris au CRAC de Sète, de Bâle à Pékin, en passant par la Chapelle Saint-Charles à Avignon, où étaient exposées les photos de sa première vie. Depuis bientôt 70 ans qu’Agnès Varda crée des images, comment se passe la fabrication ? A-t-elle compris pourquoi elle en éprouve le besoin ?

Plus j’avance, plus j’aime faire des documentaires car plus les autres m’intéressent. Certains autres. L’idée de mettre en valeurs les gens, ça me met de bonne humeur. Agnès Varda

Intervenants
  • Cinéaste, photographe et plasticienne (1928-2019)
  • journaliste, critique de cinéma et de bandes dessinées, producteur de l'émission "Plan large" sur France Culture
L'équipe
Production
Coordination
Réalisation
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