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Moi Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma soeur et mon frère...

La filmothèque idéale de Nicolas Philibert : "J'ai appris de René Allio qu'il fallait toujours reconquérir sa liberté de création"

58 min
À retrouver dans l'émission

Alors que les salles de cinéma s'apprêtent enfin à réouvrir leurs portes, Plan large poursuit sa série d'émissions en forme d'autoportraits en cinéphiles, avec celles et ceux qui font le cinéma d'aujourd'hui. Pour la quatrième séance, le cinéaste Nicolas Philibert nous déroule sa filmothèque idéale.

Moi Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma soeur et mon frère...
Moi Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma soeur et mon frère... Crédits : la Cinetek

Ça y est, Jupiter a parlé, et les lumières des projecteurs frétillent, les rideaux des écrans frémissent : les salles de cinéma vont rouvrir le 15 décembre, à condition bien sûr que les indicateurs sanitaires continuent à s’améliorer, et que la dernière séance s’arrête à 21h, mais c’est déjà ça, et on ne va pas bouder notre plaisir. Les films se pressent pour retrouver au plus vite leurs spectateurs, on les accueillera sous peu dans Plan Large.

En attendant, nous continuons à partir à la rencontre de quelques unes de ces œuvres qui nous marquent à jamais, nous changent et nous construisent. Qui nous apprennent à écouter et voir, aussi, comme le fait notre invité du jour, selon la formule de Jean-Louis Comolli dans le film qu’il lui a récemment consacré : Nicolas Philibert, hasard et nécessité. Un cinéaste qui fait lui-même des films pour apprendre ce qu’il y a dedans, et aime utiliser la formule : « ni “vouloir-dire”, ni savoir-faire ».

De l'Ordet de Carl Theodor Dreyer aux Bovines d'Emmanuel Gras, en passant par A nos amours de Maurice Pialat, Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma soeur et mon frère... de René Allio, My Childhood de Bill Douglas et Hospital de Frédérick Wiseman, Nicolas Philibert revient avec nous sur six films qui font retour en lui comme d'autres en Normandie.

Pialat pousse à bout ses acteurs, il dépouille les personnages de leur coquille pour atteindre une authenticité, une vérité. C'est quelqu'un qui cherche toujours à mettre le cinéma en crise, à se placer au rebours des conventions, même contre ce qu'il a écrit, contre le jeu classique. C'est comme cela que surgissent des moments de grâce qui n'étaient ni écrits ni prévus et qui viennent par surcroît, presque comme par effraction.                        
Nicolas Philibert

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Les institutions sous l'oeil de la caméra  :

Avec ses longs métrages documentaires tous sortis en salle, Nicolas Philibert nous a montré cet apprentissage, des deux côtés de la caméra : celui d’un métier, avec son dernier à ce jour, De chaque instant, et ses apprenti.e.s infirmières et infirmiers, auxquel.le.s on pense si fort en ce moment pour leur dévouement dans les hôpitaux débordés par les vagues épidémiques ; celui d’un spectacle, dans Qui sait ? et La Moindre des choses, son film culte projeté sans discontinuité partout en France depuis près de 25 ans ; celui du langage, avec Le Pays des sourds et Etre et avoir, son immense succès.
Et puis Nicolas Philibert a su nous faire voir l’invisible : les mutations d’un musée, avec La Ville Louvre et Un animal, des animaux ; et du langage encore, celui des patrons de La Voix de son maître, son premier film, avec Gérard Mordillat, ou des visiteurs qui se projettent dans l’orang-outang star de la ménagerie du Jardin des Plantes, Nénette. Sans oublier ce trésor immatériel que nous chérissons tant des deux côtés de ce micro : le son, star lui de La Maison de la Radio

Hospital est un des premiers films de Wiseman que j'ai vu. La découverte de son cinéma a été un choc. On ne faisait pas des films comme cela en France, les institutions étaient verrouillées, il était inimaginable d'arriver avec une caméra dans des lieux comme celui-là. Ce qui me frappe, c'est sa capacité à se glisser dans des lieux, parmi des gens, comme s'il était transparent. C'est pour moi un humaniste, un cinéaste politique, sans être militant, il cherche à nous donner à réfléchir. C'est un homme que je vois comme un grand résistant. Il a réussi film après film, à imposer sa marque de fabrique.        
Nicolas Philibert

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Jeanne Dielman un film de saison : entre rites rassurants et routine aliénante

En fin d'émission, Charlotte Garson, critique et responsable des pages Cinéma dans la revue Etudes et rédactrice en chef adjointe des cahiers du cinéma, viendra nous parler du film Jeanne Dielman 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles de Chantal Akerman à l'occasion de la parution du livre de Corinne Maury sur ce film, aux éditions belges Yellow Now.
Jeanne Dielman 23 quai du commerce, 1080 Bruxelles, provoque aujourd'hui encore la sidération. Chantal Akerman, alors âgée de 25 ans, a mis au cœur de son film, les journées répétitives d'une ménagère de classe moyenne, incarnée par Delphine Seyrig, en choisissant d'inclure dans ce quotidien des passes, de la même durée que la cuisson des pommes de terre. 

Delphine Seyrig épluchant des pommes de terre dans Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce 1080 Bruxelles JEANNE DIELMAN, 23, QUAI DU COMMERCE 1080 BRUXELLES
Delphine Seyrig épluchant des pommes de terre dans Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce 1080 Bruxelles JEANNE DIELMAN, 23, QUAI DU COMMERCE 1080 BRUXELLES Crédits : Cinémathèque française

Les recommandations de Plan large : 

La Vingt-Cinquième Heure, en partenariat avec Palmeraie et désert, Wild Bunch et Les Cahiers du cinéma, propose à partir de samedi 28 novembre une rétrospective consacrée aux films des cinéastes Raymond Depardon et Claudine Nougaret.
Chaque jour et jusqu'au vendredi 4 décembre, une sélection de 10 longs-métrages et 8 courts-métrages de Raymond Depardon et Claudine Nougaret, dont certains inédits,  seront à l'honneur dans des salles de cinéma virtuelles partenaires de l’événement sur www.25eheure.com.

La Cinémathèque française, Henri, met à disposition jusqu’au 23 décembre, l’intégralité des rushes non montés de Terre sans pain, le chef d’œuvre de Luis Buñuel de 1927.

La diffusion à l’antenne le 2 décembre au soir sur Arte (et visionnable dès à présent en ligne, sur arte.fr) du nouveau documentaire de Sébastien Lifshitz, Petite fille, portrait empathique d’une petite fille de 8 ans née dans un corps de garçon, et de son combat et celui de sa famille pour la faire accepter par une institution qui la refuse, parce qu’elle la dérange : l’école de la République

Extraits et musiques de films 

  • Ordet, de Carl Theodor Dreyer (1955), disponible en VOD et en DVD (éditions Potemkine)
  • Hospital, de Frederick Wiseman (1970), disponible dans le coffret intégral Wiseman (éditions Blaq Out)
  • My Childhood, 1er volet de la trilogie de Bill Douglas (1972), disponible en DVD 
  • Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère, de René Allio (1976), disponible sur la Cinetek et en DVD
  • A nos amours, de Maurice Pialat (1983), disponible sur la Cinetek et en DVD
  • Bovines, d'Emmanuel Gras (2011), disponible en DVD 
  • Deux extraits de Jeanne Dielman, 23 quai du commerce, 1080 Bruxelles, de Chantal Akerman (1975)
Intervenants
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
Chronique
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