LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Le célèbre baiser entre Marcello Mastroianni (Marcello Rubini), et Anita Ekberg (Sylvia) dans  'La Dolce Vita', de Federico Fellini en 1960

La filmothèque idéale de Nicolas Saada : "La Dolce Vita est le plus beau film du monde, et désobéit à toutes les règles qu'on nous enseigne aujourd'hui"

58 min
À retrouver dans l'émission

Alors que les salles de cinéma ont à nouveau éteint leurs projecteurs, Plan large inaugure une série d'émissions en forme d'autoportraits en cinéphiles, avec celles et ceux qui font le cinéma d'aujourd'hui. Pour la première séance, le cinéaste Nicolas Saada nous déroule sa filmothèque idéale.

Le célèbre baiser entre Marcello Mastroianni (Marcello Rubini), et Anita Ekberg (Sylvia) dans  'La Dolce Vita', de Federico Fellini en 1960
Le célèbre baiser entre Marcello Mastroianni (Marcello Rubini), et Anita Ekberg (Sylvia) dans 'La Dolce Vita', de Federico Fellini en 1960 Crédits : Silver Screen Collection - Getty

Cela fait huit jours que les salles de cinéma ont à nouveau fermé en France, comme dans de nombreux pays dans le monde, et elles nous manquent. Pour autant, le cinéma est partout, dans nos vies confinées, accessible sur tous les écrans par la vertu des supports vidéo et des diverses plateformes. 

Que voir ? Par où commencer ?

"Il faut voir des films, c’est important, a dit un jour Nicolas Saada dans une interview, mais il faut pouvoir se laisser guider dans l’histoire du cinéma." Et c’est pour cela que dans Plan Large, nous avons demandé à celles et ceux qui font le cinéma d’aujourd’hui, en attendant le jour, le plus vite possible, où il reviendront parler de leurs dernières œuvres, d’être ces guides, pour pouvoir poser des repères et vous aiguiller dans la vaste forêt des films qui attendent patiemment de dialoguer avec vous. Le tout sous la forme d’un autoportrait de l’artiste en cinéphile, ou comment des films les ont construits, aidés à vivre et influencés dans leur art et sa pratique. 

"Cléo de 5 à 7", c'est un film de déambulation, un genre en soi. Cette idée d'être dans la rue, c'est le nouveau récit moderne. Agnès Varda m'a appris la liberté du rapport aux choses. Elle ne se posait pas de questions, j'ai essayé de retenir cette leçon. Il ne faut pas avoir de plan de carrière, il faut faire des films quand on a envie. Elle m'a appris à sortir des idées reçues. Agnès me manque car par les temps qui courent, il y a beaucoup de collisions dans le cinéma et elle avait la capacité de fédérer et d'instaurer le dialogue. Elle manque au cinéma français, et au cinéma en général.          
Nicolas Saada

Corinne Marchand, incarnant la très émouvante Cléo, dans le film qui a révélé Agnès Varda au monde entier en 1962 : "Cléo de 5 à 7"
Corinne Marchand, incarnant la très émouvante Cléo, dans le film qui a révélé Agnès Varda au monde entier en 1962 : "Cléo de 5 à 7" Crédits : Ciné-Tamaris / Athos Films

Nicolas Saada, passeur de cinéma 

Pour ouvrir le bal, un ancien critique des Cahiers du Cinéma des années 1990, où il imposa comme auteurs les cinéastes de genre de l’époque, les Joe Dante, John McTiernan ou John Landis, et posa dans de passionnants entretiens des questions de cinéma aux grands cinéastes du moment, les Martin Scorsese, James Cameron, David Lynch ou Francis Ford Coppola, entretiens publiés l’an dernier dans un précieux ouvrage, édité chez Carlotta

J'ai compris l'art de la mise en scène avec Hitchcock. Pourquoi "Psychose" ? Parce que c'est un film qui n'obéit à aucune règle, Hitchcock prend toutes les libertés, et casse tous les codes. C'est un film sur lequel je reviens dès que j'ai un doute sur ma pratique du cinéma. C'est simple, direct et incroyablement politique. C'est un film qui nous appartient à tous. C'est une leçon de cinéma, il incarne aujourd'hui ce que le cinéma peut faire de plus fort, et de plus évocateur. Quand je prépare un film et que je pense au découpage, je peux pas me passer d'Hitchcock. Hitchcock, c'est la puissance de l'image par excellence. Avec lui, j'ai compris à quel point le cinéma était un langage et une science.        
Nicolas Saada

Ancien homme de radio à Radio Nova, où il transmit sa mélomanie cinématographique dans la très culte émission Nova fait son cinéma, tout en produisant parallèlement pour Arte aux côtés de Pierre Chevalier la génération des Claire Denis, Cédric Kahn, Arnaud Desplechin ou Pierre Salvadori, Nicolas Saada est devenu après ça, réalisateur lui-même, auteur de films aussi personnels que tournés vers le public, comme Espions(s), Taj Mahal ou sa mini-série Thanksgiving (disponible sur Arte.fr). 

Cinéphile éclectique et touche-à-tout, Nicolas Saada inaugure avec nous cette série d'autoportraits en cinéphiles. Du célèbre Psychose, d'Alfred Hitchcock, au très avant-gardiste Cléo de 5 à 7, d'Agnès Varda, en passant par les images mythiques de La Dolce Vita de Federico Fellini, jusqu'au déchirant Entre le ciel et l'enfer, de Akira Kurosawa, Nicolas Saada nous guide dans sa propre histoire du cinéma. 

"Entre le ciel et l'enfer" est à la fois un film de genre et en même temps, beaucoup plus que ça. En le regardant, j'ai l'impression de comprendre le monde, et je vois se déployer sous mes yeux un projet de cinéma impossible, où il mélange action et émotion. C'est tout l'art de ce film, c'est Chaplin et Hitchcock en même temps. Ce qui intéresse Kurosawa, c'est moins l'énigme, mais les conséquences sur un ensemble de personnages issus de milieux très différents. Il fait un constat terrible sur la guerre entre les hommes : la société produit du malheur et le malheur produit de la haine. Et dans ce film, ça atteint un degré de profondeur inouï, c'est le film que je regarde le plus avec "Psychose".      
Nicolas Saada

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Les recommandations de Plan Large 

Quizas, le court-métrage réalisé par Nicolas Saada pendant le confinement, est disponible sur la chaîne Viméo de la Cinémathèque française

La Cinetek, la plateforme des cinéastes, met en lumière 50 titres-stars du catalogue StudioCanal, du début du parlant aux années 2000, signés Renoir, Godard, Sautet, Tati, Buñuel, Lynch ou Cimino, et présentés dans leurs versions restaurées, disponibles à un tarif préférentiel jusqu’au 22 novembre, à l’occasion de leur 5 ans d’existence. 

Comme chaque mois, Plan Large, propose de découvrir MUBI, qui ce mois-ci fait un focus sur le cinéaste japonais sidérant Kiju Yoshida, un des fers de lance de la Nouvelle Vague Japonaise, avec notamment aujourd’hui en film du jour Eros massacre, son chef d’œuvre radical de 1969. Plan Large a choisi Shotgun Stories, le premier long-métrage de Jeff Nichols, qui signe la naissance d’un cinéaste, et celle d’un acteur : Michael Shannon, en géant aux pieds d’argile. Un film que vous trouverez sur mubi.com à la page de France Culture. 

La trilogie du Koker, d'Abbas Kiarostami ou l'écriture du monde

En fin d'émission, la chronique de Mathieu Macheret, sur le coffret La Trilogie du Koker, d’Abbas Kiarostami, en coffret DVD et Blu-Ray, aux éditions Potemkine, en attendant la grande rétrospective et exposition qui lui sera consacrée au Centre Pompidou à Paris en 2021. C'est avec Où est la maison de mon ami ?, en 1987 qu'Abbas Kiarostami fit irruption sur la scène cinématographique mondiale, ainsi que, plus encore, les deux qu’il tournera ensuite dans le même village, Et la vie continue en 1991 et Au travers des oliviers en 1994, qui forment ensemble ce qu’on appelle communément La Trilogie de Koker, celle qui assurera sa gloire, avant la Palme d’or qu’il recevra en 1997 avec Le Goût de la cerise. Trois films pour se replonger dans le cinéma d’Abbas Kiarostami, et sa poétique singulière, alliage unique de naturalisme et de distanciation autoréflexive … 

Extrait du film "Où est la maison de mon ami ?" , d'Abbas Kiarostami (1987), disponible en DVD et Blu-Ray aux éditions Potemkine
Extrait du film "Où est la maison de mon ami ?" , d'Abbas Kiarostami (1987), disponible en DVD et Blu-Ray aux éditions Potemkine Crédits : KANOON. Tous droits réservés

Extraits et musiques de films

  • Psychose, d’Alfred Hitchcock (1960) – Disponible en VOD et en édition collector Blu-Ray Steelbook (Universal) 
  • Tirez sur le pianiste, de François Truffaut (1960), disponible sur Netflix et en DVD et Blu-Ray (MK2)
  • La Dolce Vita, de Federico Fellini (1960), disponible sur la Cinetek, et en DVD (Pathé)
  • Entre le ciel et l’enfer, de Kurosawa (1963) disponible sur la Cinetek (ainsi qu’une grande partie de ses films) et en DVD et Blu-Ray (Wild Side) 
  • Cléo de 5 à 7, d’Agnès Varda (1962) disponible sur la Cinetek et dans le coffret DVD intégral Varda (Arte)
  • Assaut, de John Carpenter (1976), disponible en VOD et DVD (Metropolitan FilmExport) 
  • Où est la maison de mon ami ? d'Abbas Kiarostami (1987), disponible en coffret DVD (Potemkine)
  • Au travers des oliviers, d'Abbas Kiarostami (1994), disponible en coffret DVD (Potemkine)
Intervenants
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
Chronique
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......