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Paul Beer dans "Ondine", de Christian Petzold (2020), un rôle qui lui a valut un Ours d'Argent à la 70ème édition de la Berlinale en février 2020

Naissance de l'amour, avec Christian Petzold

59 min
À retrouver dans l'émission

Rencontre avec le cinéaste allemand Christian Petzold, figure de proue de l'Ecole de Berlin, découverte en France à l'orée des années 2000. Il revient avec son nouveau film "Ondine", relecture envoutante de la légende germanique, incarnée par la bouleversante Paula Beer.

Paul Beer dans "Ondine", de Christian Petzold (2020), un rôle qui lui a valut un Ours d'Argent à la 70ème édition de la Berlinale en février 2020
Paul Beer dans "Ondine", de Christian Petzold (2020), un rôle qui lui a valut un Ours d'Argent à la 70ème édition de la Berlinale en février 2020 Crédits : Les Films du Losange

Un de mes metteurs en scène préférés est Claude Chabrol. J’ai lu une interview avec lui qui m’a beaucoup marqué, où il répond à la question de pourquoi il met toujours au centre de ses histoires des personnages féminins. Il avait répondu : « Les hommes vivent, les femmes survivent». Le cinéma, c’est l’école de la survie .               
Christian Petzold

De l’amour, il y en a beaucoup, dans le nouveau film de notre invité, Christian Petzold. Le très romanesque et romantique Ondine rompt en apparence avec les trois derniers films du très cinéphile chef de file du Nouveau Cinéma Allemand, apparu à l’orée du siècle sous le nom, trompeur, d’Ecole de Berlin. 

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Berlin n’a rien à soi, n’a pas d’histoires vraies, ni d’histoires anciennes, il n’y a que les années 1920 et Adolf Hitler. Les marécages et les forêts sont les lieux de la mythologie allemande, où l’on retrouve de l’histoire et de la peur. Et à Berlin, on a détruit les marécages et les forêts. C’est pour cette raison que les contes ont commencé à exister, autour de ces lieux.                
Christian Petzold

Découvert en France avec son quatrième long-métrage Contrôle d'identité en 2000, déjà caractérisé par une mise en scène rigoureuse et précise, Petzold retourne au contemporain et à sa ville d’élection, Berlin, après une trilogie ancrée dans l’Histoire : Barbara, Phoenix et Transit. Sauf qu’on est explicitement sous les auspices du conte, et que la ville qu’il filme est le palimpseste de multiples strates d’Histoire refoulées. Et que, comme toujours chez lui, une femme va refuser le rôle que la société, l’Histoire et les mythes lui assignent, et entrer en résistance. Cette femme, c’est Paula Beer qui l’incarne, nouvelle étoile du cinéma allemand, justement récompensée d’un Ours d’Argent à la dernière Berlinale pour son interprétation envoutante du rôle-titre, dans cette adaptation de la relecture du mythe d'Ondine, inspirée d'Ingeborg Bachman.  

Le journal du cinéma

Sortie DVD et Festivals : les 24 Portraits d'Alain Cavalier sortent en coffret DVD chez Tamasa ; Biarritz Amérique Latine propose du lundi 28 septembre au dimanche 4 octobre 10 films en compétition, un focus sur les films latino-américains aux Etats-Unis et hommage au cinéaste brésilien Julio Bressane. Et le Festival CinéComédies se déroule du 30 septembre au 4 octobre à Lille, avec notamment une rétrospective de la comédie américaine des années 1980, dont une soirée qui célèbrera, en plein air, les 40 ans d’un chef d’œuvre du genre, The Blues Brothers, de John Landis.

Ce Plan Large est dédié à Michael Lonsdale, à sa lenteur imposante et souvent inquiétante, et à sa voix aussi folle que posée, quoiqu’en dise Georges Tabard, le marchand de chaussures qui embauchait Antoine Doisnel pour enquêter sur pourquoi on ne l’aimait pas dans Baisers Volés, un des rôles les plus remarquables d’une carrière qui n’en manquait pas, de Resnais, Duras, Buñuel et Eustache à James Bond et Steven Spielberg.

Rencontre avec le cinéaste Thomas Balmès

Thomas Balmès signe un nouveau film,  Sing me a song, en salles depuis le 23 septembre, une fable cruelle et mélancolique, presque un conte philosophique sur notre addiction aux écrans. En 2013, l’auteur de Bébés était allé au Bhoutan, le pays du bonheur national brut, et le dernier au monde à s’être ouvert à Internet. En avait résulté Happiness, portrait d’un apprenti moinillon, Peyangki, qui attendait à 4 000 mètres d’altitude l’arrivée de la télévision. Six ans plus tard, le cinéaste y est retourné, pour découvrir un pays entièrement voué aux smartphones et aux réseaux sociaux. A l’image de ce plan saisissant, un travelling arrière commençant par de jeunes moines récitant leur mantra, qui les révèle au fur et à mesure que la caméra recule tous occupés à tapoter frénétiquement sur leurs téléphones. 

"Spéciale Première", de Billy Wilder, un huis clos à contre-courant

En fin d'émission, la chronique de Charlotte Garson sur le film Spéciale Première, de Billy Wilder, réalisé en 1974, disponible en DVD et Blu-Ray aux éditions Rimini. 34 ans après le chef-d'œuvre d'Howard Hawks, La Dame du Vendredi, Billy Wilder décide d’adapter à son tour, en 1974, la pièce à succès de Ben Hecht, The Front Page, satire féroce de la presse, et rétablit les rôles d’origine en les confiant au couple qui avait fait 8 ans avant le succès de La Grande Combine, à savoir Walter Matthau et Jack Lemmon, accompagnés de bon nombre des acteurs de L’Arnaque, sorti un an avant. Et c’est Spéciale Première, un film honni par la critique à sa sortie, boudé par les spectateurs, et qui encore aujourd’hui, souffre d’une mauvaise réputation, à tort. A l'inverse des chefs-d'œuvre des années 1940-1950, les derniers films de Billy Wilder ont longtemps souffert d'une méprise. Cette nouvelle édition DVD est l'occasion de revenir à la question centrale du cinéma de Wilder : quel mouvement choisir ? 

Carol Burnett, et Jack Lemmon dans "Speciale Premiere", de Billy Wilder (1974)
Carol Burnett, et Jack Lemmon dans "Speciale Premiere", de Billy Wilder (1974) Crédits : Rimini éditions

Extraits de films et musiques

  • Baisers volés, de François Truffaut (1968)
  • Bach : Concerto pour clavecin en ré mineur BWV 974, 2e mouvement, Adagio, par Vikingur Olafsson au piano
  • Ondine, de Christian Petzold (en salles le 23 septembre 2020)
  • Transit, de Christian Petzold (2018)
  • Phoenix, de Christian Petzold (2014)
  • Ondine, de Christian Petzold (en salles le 23 septembre 2020)
  • Montage des sorties de la semaine : Les Apparences, de Marc Fitoussi ; Lux Aeterna, de Gaspar Noé ; Stripped, de Yaron Shani ; Pierre Cardin, de P. David Ebersole. 
  • Sing me a song, de Thomas Balmès, (en salles le 23 septembre 2020)
  • Speciale Premiere, de Billy Wilder (1974, disponible et DVD et Blu-Ray chez Rimini éditions)
     
Intervenants
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
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