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Roar de Noel Marshall (1981)

Les animaux à l'écran, une nouvelle histoire du cinéma

59 min
À retrouver dans l'émission

Une autre histoire du cinéma est possible : dis-moi comment tu filmes les animaux, je te dirai quel cinéaste tu es ! C'est ce à quoi se sont attaqué deux essais, dont Plan Large reçoit les auteurs : le journaliste et écrivain Camille Brunel et l'essayiste et scénariste Jonathan Palumbo.

Roar de Noel Marshall (1981)
Roar de Noel Marshall (1981) Crédits : Carlotta / Noel Marshall

Le cinéma n'a pas beaucoup filmé de vrais animaux, et ce depuis ses origines (…) Le cinéma est né quand les animaux étaient morts (…) Fatalement, le cinéma de la nature, Jean Painlevé compris, est d'abord un cinéma de l'animal faux, enfermé, prisonnier, encagé, parce qu'au moment des premières caméras, tous les forêts sont vides.                  
Camille Brunel, in "Le Cinéma des animaux" (UV Editions)

Des animaux, le cinéma en a filmé dès ses débuts, et même dès son tout premier plan : il y a un cheval, et un chien, parmi les ouvrières qui sortent des usines Lumière. Et même avant, les travaux protocinématographiques d’Etienne-Jules Marey et d’Eadweard Muybridge visaient à comprendre, en le décomposant, le mouvement des animaux. Pas pour rien que le deuxième inventa un dispositif de visionnement au beau nom de zoopraxiscope, la machine à regarder l’attitude des animaux. Depuis, c’est toute une faune, à poils et à plumes, qui a envahi les écrans, avec ses stars, comme Cheeta, le faire-valoir comique de Tarzan, le chien militaire Rin-Tin-Tin ou la fidèle Lassie, Willy qu’il faut sauver et Okja, la truie transgénique de Bong Joon-ho, qu’il faut sauver tout autant. Alors qu’avec la sixième extinction de masse, les animaux sont aujourd’hui en train de disparaître de la surface de la planète, ils sont de plus en plus nombreux à occuper celle des écrans. 

Tournage du film Océans, de Jacques Cluzaud et Jacques Perrin (2009)
Tournage du film Océans, de Jacques Cluzaud et Jacques Perrin (2009) Crédits : Pathé Distribution

Dis-moi comment tu filmes les animaux, je te dirai quel cinéaste tu es !

Ce que raconte toute histoire de l’animal au cinéma, c’est bien sûr celle du regard que portent sur lui ceux qui l’ont filmé. Or ce regard, et celui de la société humaine sur les bêtes, sauvages ou domestiquées, a singulièrement changé en ce début de XXIe siècle, sous l’influence de la pensée antispéciste et des militants de la libération animale, qui incitent à une autre vision des films comportant des animaux, et génèrent également, en particulier outre-Atlantique, un nouveau cinéma animalier, pour ne pas dire résolument animaliste. Une autre histoire du cinéma est possible, c’est ce à quoi se sont attaqué deux essais parus concomitamment, et dont Plan Large reçoit aujourd’hui les auteurs : Le Cinéma des animaux, de Camille Brunel, recueil augmenté des articles qu’il consacre depuis quelques années à la question dans diverses publications, et Après la nuit animale, de Jonathan Palumbo, consacré plus particulièrement à la représentation de la mort animale au cinéma.

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La chronique de Mathieu Macheret

En fin d'émission, Mathieu Macheret nous parle du film aussi étrange que métaphysique Phase IV de Saul Bass, réalisé en 1974, unique film de ce grand créateur de générique américains, une œuvre psychédélique, allégorique, qui s'inscrit dans la tradition de science fiction des années 1950, disponible en coffret ultra collector aux éditions Carlotta

Il ne manquait que des fourmis, à notre bestiaire cinématographique et c’est Saul Bass qui les a filmées. Son nom ne vous est sans doute pas familier, et pourtant vous avez tous vu son travail : designer graphique, concepteur d’affiches, créateur de génériques, on lui doit ceux de L’Homme au bras d’or et d’Autopsie d’un meurtre pour Otto Preminger, de Psychose, dont il storyboarda la scène de la douche, et de Vertigo pour Alfred Hitchcock, et de tant d’autres jusqu’à la magnifique scène d’ouverture du Casino de Martin Scorsese.

"Phase IV", de Saul Bass disponible en coffret ultra collector aux éditions Carlotta
"Phase IV", de Saul Bass disponible en coffret ultra collector aux éditions Carlotta Crédits : Carlotta - Swashbuckler films - 2020

Le journal du cinéma 

En salles depuis mercredi 30 juin 2021, on vous recommande particulièrement Février, la très belle élégie pastorale du Bulgare Kamen Kalev ;

Midnight Traveler, le poignant documentaire de l’Afghan Hassan Fazili sur son exil forcé après que les talibans ont mis sa tête à prix ; 

Le très gonflé My Zoé, de Julie Delpy, ou jusqu’où peut aller l’amour d’une mère, au-delà de la mort ; 

Et enfin le très surprenant Sous le ciel d’Alice, de  Chloé Mazlo, une chronique distanciée des débuts de la guerre civile libanaise, avec Alba Rohrwacher et Wajdi Mouawad. 

Il y a aussi une vaste rétrospective Roberto Rossellini, ainsi qu’une plus modeste, mais pas moins essentielle, rétrospective en 3 films du grand cinéaste suisse Alain Tanner, éloge de la fuite, avec les versions restaurées de Dans la ville blanche, Charles mort ou vif et Le retour d’Afrique. Et la ressortie en salle, toujours en version restaurée, d’un grand classique du cinéma japonais : La Vengeance d’un acteur, de Kon Ichikawa.

Ne ratez pas la magnifique exposition personnelle d’Apichatpong Weerasethakul à l’Institut d’Art Contemporain de Villeurbanne, Periphery of the Night, à voir jusqu’au 30 octobre.

Du 3 juillet au 29 août, se tient la deuxième édition de Paysages de cinéma, au Parc de Saint-Cloud où l'on peut entendre, au gré de la déambulation, la bande son de Partie de campagne, de Jean Renoir, celle, revisitée par Caroline Vignal, de son Antoinette dans les Cévennes, mais aussi des extraits de films choisis par Nicolas Pariser, la série d’Arte Radio sur les métiers du son, et celle de Plan Large, que nous avions consacrée aux métiers du cinéma à la fin de l’hiver dernier.

Extraits de films 

  • Mix Le Sang des bêtes, de Georges Franju (1948) et Massacre à la tronçonneuse, de Tobe Hooper (1974)
  • Cochon qui s'en dédit, de Jean-Louis Le Tacon (1979)
  • Roar, de Noel Marshall (1981)
  • Océans, de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud (2009)
  • L'Odyssée de Pi, d'Ang Lee (2012)
  • Baby Elephant Walk, composé par Henry Mancini, extrait de la bande originale de Hatari! d'Howard Hawks (1962)
  • Phase IV, de Saul Bass (1974), disponible en coffret ultra collector aux éditions Carlotta 

Rediffusion du 2 mars 2019 

Bibliographie

Intervenants
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