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En quatrième vitesse, de Robert Aldrich (1955), avec Ralph Meeker (alias Mike Hammer) et Maxine Cooper (alias Velda)
Épisode :

Robert Aldrich, le récalcitrant d'Hollywood

59 min
À retrouver dans l'émission

Plan large sur un irréductible et un inclassable, le cinéaste américain Robert Aldrich, auteur d'une oeuvre de la dissonance et de l'altérité, qui a su toucher tous les registres, pour mieux les subvertir et exploser la notion même de genre, en compagnie de Jean-François Rauger et Marcos Uzal.

En quatrième vitesse, de Robert Aldrich (1955), avec Ralph Meeker (alias Mike Hammer) et Maxine Cooper (alias Velda)
En quatrième vitesse, de Robert Aldrich (1955), avec Ralph Meeker (alias Mike Hammer) et Maxine Cooper (alias Velda) Crédits : Tous droits réservés MGM Studios

Le pur héros aldrichien est un individualiste forcené, qui ne veut pas se plier aux règles de la société et aux prescriptions de l'Histoire. La violence qu'incarne ce genre de personnage se retrouve dans tout le cinéma de Robert Aldrich. Le héros aldrichien poursuit sa voie vaille que vaille. Jean-François Rauger

« Il est le metteur en scène vivant le plus vivant de tous, celui chez qui l’on décèle davantage l’amour du cinéma et le plaisir d’en faire », s’enthousiasmait Claude Chabrol en 1955, quand l’alors critique et futur cinéaste découvrait Robert Aldrich. L’étoile critique de « Big Bob » a pâli, au fur et à mesure de ses déboires avec les studios hollywoodiens, et ses qualités devinrent des défauts : on lui reprocha ses outrances, sa brutalité, son mauvais goût. Or c’est bien parce qu’il est brutal, radical et viscéral, cinéaste de l’image choc et du corps en action, que Robert Aldrich occupe une place si singulière dans l’Histoire du cinéma, au sein de cette génération intermédiaire du cinéma américain qui a vu s’effondrer les grands studios et préfiguré le Nouvel Hollywood. 

Le cinéma de Robert Aldrich se rapproche de celui de son contemporain Samuel Fuller, c'est un cinéma anti-mythologique et anti-psychologique. Il met le spectateur dans un état d'effarement. Marcos Uzal

Surnommé le "Tarass Boulba d’Hollywood", Robert Aldrich partageait avec le personnage de Gogol, qu’il rêva longtemps de porter à l’écran, nombre de points communs, comme l’a noté Michel Maheo dans son livre sur le cinéaste : "L’énergie, la carrure, le lyrisme, l’appétit de vivre, le refus du désespoir, le goût de l’acte grandiose, l’anti-fatalisme, un rapport au monde à la fois élémentaire et spectaculaire". 

Car si ceux qui ont fait des Douze Salopards un immense succès populaire voient en lui un spécialiste du film de guerre, il a en fait touché à tous les genres hollywoodiens, à l’instar de ce chef-d’œuvre apocalyptique qu’est En quatrième vitesse, dont la ressortie, en version numérique restaurée, nous a donné envie, dans Plan Large, de nous replonger dans les fictions affolées de ce grand peintre d’une « Amérique en état de choc, névrotique et corrompue » qu’est Robert Aldrich, avec un fervent aldrichien, Jean-François Rauger, critique et directeur de la programmation de la Cinémathèque française, et tout aussi passionné, Marcos Uzal, co-rédacteur en chef de la revue Trafic.  

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En fin d'émission, la chronique de N.T. Binh sur le coffret Richard Fleischer, édité chez Carlotta qui contient trois grands films réalisés entre 1971-1972 : Terreur aveugle, L’Étrangleur de Rillington Place et Les Flics ne dorment pas la nuit. Richard Fleischer est surtout connu pour ses grands films de studio, mais c'est un cinéaste que l'on redécouvre sans cesse, tant il est éclectique et inventif dans les genres qu'il aborde, à l'image de ces trois films méconnus, des thrillers impeccables. 

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Les recommandations de Plan Large 

Autour de Robert Aldrich : L'ouvrage Robert Aldrich, violence et rédemption de William Bourton est édité aux P.U.F. L’Empereur du Nord, est sorti dans une très belle édition DVD chez Wild Side avec un livret de 86 pages sur la genèse du film, illustré de rares photos d’archives.

Ressorties en salles, le mercredi 14 août, en version restaurée : Paris est toujours Paris, de Luciano Emmer ; Irréversible, de Gaspar Noé et le trilogie flamenca Carlos Saura : Noces de sangs, Carmen et L'amour sorcier. 

Extraits de films 

  • Bronco Apache, de Robert Aldrich (1954)
  • En quatrième vitesse, de Robert Aldrich (1955)
  • Le Grand Couteau, de Robert Aldrich (1955)
  • Qu'est-il arrivé à Baby Jane ? de Robert Aldrich (1962)
  • Les Douze Salopards, de Robert Aldrich (1967)
  • L'Empereur du Nord, de Robert Aldrich (1971)
  • Extrait de la bande originale de L'Empereur du Nord, de Robert Aldrich : A Man and a train, de Frank de Vol et Hal David, chanté par Marty Robbins
  • L’Étrangleur de Rillington Place, de Richard Fleischer (1971)
  • Terreur aveugle, de Richard Fleischer (1971)
  • Les Flics ne dorment pas la nuit, de Richard Fleischer (1972)

Rediffusion du 9 février 2019

Intervenants
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