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Fathia Youssouf, dans le rôle d'Amy dans le film Mignonnes, de Maïmouna Doucouré

Lumières noires

59 min
À retrouver dans l'émission

Depuis quelques années, on observe l'émergence d'un nouveau cinéma noir en France comme aux États-Unis, pour autant que l'expression ait un sens ? C'est la question dans Plan Large aujourd'hui, avec la cinéaste Maïmouna Doucouré, la directrice artistique Lili Hinstin et l'écrivaine Loo Hui Phang.

Fathia Youssouf, dans le rôle d'Amy dans le film Mignonnes, de Maïmouna Doucouré
Fathia Youssouf, dans le rôle d'Amy dans le film Mignonnes, de Maïmouna Doucouré Crédits : BAC Films (2020)

Aujourd’hui, c’est la conjonction de plusieurs événements, et de mouvements de fond, qui nous ont amené à nous intéresser, pour cette première émission de la saison, au cinéma noir, en France comme aux États-Unis. L’exigence renouvelée, après l’assassinat policier de George Floyd à Minneapolis, d’une relecture de l’histoire du cinéma hollywoodien, et de la place, pour ne pas dire la non-place, qu’y occupent les Noirs. La mise au jour néanmoins, par des programmations en festivals et par la parution d’ouvrages, d’un cinéma noir qui trouve ses origines dès les débuts du 7ème art. Le succès en salles, cet été, de Tout simplement noir, de Jean-Pascal Zadi, après celui l’an dernier des Misérables de Ladj Ly. 

L’émergence ces dernières années en France d’une nouvelle génération de cinéastes d’origine africaine, et particulièrement de réalisatrices comme Mati Diop, grand prix du Festival de Cannes l’an dernier et prix France Culture Cinéma des étudiants cette année avec Atlantique, qui fait écho, outre-Atlantique, aux cinéastes noirs apparus en nombre, et avec succès, pendant les deux mandats de Barack Obama. Autant de signes, enfin, de l’émergence, au grand jour, en France comme en Amérique, d’un cinéma noir, pour autant que l’expression ait un sens ? C’est la question que nous nous poserons avec nos invitées : la cinéaste Maïmouna Doucouré, dont le premier long-métrage, Mignonnes, en salles depuis le 19 août ; Lili Hinstin, la directrice artistique du Festival de Locarno, qui y avait programmé l’an dernier, pour son premier mandat à la tête de la manifestation, la rétrospective Black Light, et contributrice du livre du même nom récemment paru aux éditions Capricci ; et la scénariste de bande dessinée, écrivaine et réalisatrice Loo Hui Phang, qui signe avec Hugues Micol au dessin, le brillant et sombre Black-out, aux éditions Futuropolis, une relecture hallucinée et précieuse d’érudition de l’invisibilisation des minorités ethniques dans le Hollywood classique.

Deux planches extraites de la bande dessinée Black-Out, signée Loo Huiphang et Hugues Micol
Deux planches extraites de la bande dessinée Black-Out, signée Loo Huiphang et Hugues Micol Crédits : éditions Futuropolis (2020)

Le Journal du cinéma 

Au programme de ce journal, les sorties de la semaine : Citoyens du monde, de Gianni Di Gregorio, un antidote salutaire au salvinisme qui empoisonne l'Italie ; Irréversible, de Gaspar Noé, controversé lors de sa sortie en 2002, ressort en version remontée, bonne idée ou pas ? On vous en laisse juge ... ; Effacer l'historique, du duo grolandais Kervern et Delépine et son trio de gilets jaunes à l'assaut des GAFA et enfin, LE film que tout le monde attend : Tenet, du roi d'Hollywood Christopher Nolan. Va-t-il sauver les salles de la baisse catastrophique de fréquentation ? 

Les salles de cinéma ont en effet connu un "été meurtrier", avec une baisse de 70 à 80% de spectateurs par rapport à l'an dernier. Certaines ont du fermer, tandis que d'autres ont résisté et défendu vaillamment les films, notamment les indépendants, à l'instar d'Antoine Pereniguez, qui dirige le cinéma Diagonal à Montpellier depuis près de quarante ans, et qui nous raconte cette année particulière. 

La chronique de Charlotte Garson : "Vacances à Venise", une somme touchante du jeu Hepburnien 

En fin d'émission, voici venue la chronique de Charlotte Garson, sur Vacances à Venise, Summertime en anglais, ressorti en salles le 26 août en version restaurée, une oeuvre qui incarne la charnière entre sa période anglaise précédente et les grands spectacles internationaux à venir comme Le Pont de la rivière Kwaï, qui lui succédera immédiatement, et les Docteur Jivago et Lawrence d’Arabie. Comme Audrey Hepburn dans Vacances Romaines, comme Ingrid Bergman dans Voyage en Italie, Katharine Hepburn promène donc le personnage de vieille fille auquel elle était habituée à l’époque (on est en 1955) dans les ruelles vénitiennes, à la recherche de l'amour ... 

Extraits de films 

  • Mignonnes, de Maïmouna Doucouré (en salles depuis le 19 août 2020 : bande annonce)
  • Tout simplement noir, de Jean-Pascal Zadi (bande annonce)
  • Le Secret du bayou, de Kasi Lemmons (1997)
  • Orfeu Negro, de Marcel Camus (1959)
  • Extrait de la bande originale du film Sweet Sweetback's Baadasssss Song, de Melvin Van Peebles (1971)
  • Montage des sorties de la semaine : Citoyens du monde, de Gianni Di Gregorio ; Irréversible, inversion intégrale de Gaspar Noé ; Effacer l'historique, de Gustave Kervern et Benoît Delépine ; Tenet, de Christopher Nolan. 
  • Deux extraits de Vacances à Venise, de David Lean (1955)
Intervenants
L'équipe
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