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James Stewart dans le film Les Affameurs d'Anthony Mann (1952)

M comme Anthony Mann, l'arpenteur

1h
À retrouver dans l'émission

Anthony Mann, c'est le western bien sûr, mais c'est aussi le film noir. Il a su, en fait, investir tous les genres, sous couvert d'un classicisme pas si transparent que ça. Plan Large sur le cinéaste américain avec la philosophe en art Natacha Pfeiffer et l'historien du cinéma N.T. Binh.

James Stewart dans le film Les Affameurs d'Anthony Mann (1952)
James Stewart dans le film Les Affameurs d'Anthony Mann (1952) Crédits : Mary-X Distribution (2019)

Toute action chez Anthony Mann a une épaisseur, c'est presque éthique.  
Natacha Pfeiffer

Jean-Luc Godard l’appelait "Mann of the West", voire "Super Mann", "le plus virgilien des cinéastes". Rohmer saluait en lui "l’architecte et le géomètre", Rivette voyait en lui un des metteurs en scène exemplaire de ce cinéma d’auteur que les Cahiers d’André Bazin et ses jeunes Turcs avait fait émerger du cinéma hollywoodien des années 1950 en général et des westerns en particulier. Car s’il est aujourd’hui surtout connu pour son cycle de cinq westerns avec James Stewart, tournés de 1950 à 1955, comme Winchester ’73, qui vient de sortir en Blu-ray, ou Les Affameurs, des films âpres et violents, qui plongent un personnage névrosé et hanté dans une nature rugueuse et hostile, et ont fait entrer, avec ses contemporains Raoul Walsh et Samuel Fuller, le western dans la réflexivité et la modernité, anticipant Sam Peckinpah et Sergio Leone

Redéfinir les codes du film noir

Anthony Mann fut plus un des derniers grands représentants de l’âge classique hollywoodien finissant, investissant tous les genres : de la comédie musicale (pas ce qu’il a fait de mieux) au péplum, en passant par le film noir et le film de guerre. Sauf que le classicisme de Mann n’est pas si transparent que ça, et en y regardant de près, on trouve dans ses plans une complexité, une exploration permanente de la nature et des possibilités de l’image cinématographique, et de l’action qu’elle donne à voir, qui font de lui un des plus grands metteurs en scène de l’histoire du cinéma. 

Cette plongée dans les images d’Anthony Mann, c’est ce que réalise un passionnant essai, le premier ouvrage en français à proposer une analyse systématique de ses films majeurs : Anthony Mann. Arpenter l’image, dont nous recevons aujourd’hui la co-autrice (avec Laurent Van Eynde), Natacha Pfeiffer, docteure en philosophie et chercheuse à l’Université Saint-Louis de Bruxelles, avec à ses côtés, N.T. Binh, incollable lui aussi sur l’œuvre du cinéaste américain.

Anthony Mann a ré-ouvert les codes du film noir en insistant sur l'indétermination de l'image et l'incertitude de l'action. Pour Mann, le spectateur est au même point que le personnage, il n'est pas dans une situation de confort. Natacha Pfeiffer

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La chronique de N.T. Binh

En fin d’émission, la chronique de N.T Binh sur l’ouvrage That’s Entertainment de Fanny Beuré (Presses Universitaires de Paris-Sorbonne). On pensait que tout avait été dit avec la formidable exposition montée à la Philharmonie de Paris en 2018. Et bien non, une nouvelle étude du genre, signée Fanny Beuré, vient de paraître, et il a beau être tiré de la thèse que l’autrice a soutenue en 2015, Let’s Face the Music and Dance : la comédie musicale hollywoodienne classique au prisme de l’entertainment, c’est un très beau livre, richement illustré, avec notamment de nombreux photogrammes. 

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Les recommandations de Plan Large 

Un dossier Anthony Mann à retrouver dans la revue Positif n° 527, de janvier 2005

Extraits de films 

  • Desperate, d'Anthony Mann (1947)
  • La porte du diable, d'Anthony Mann (1950)
  • Winchester 73, d'Anthony Mann (1950)
  • Les Affameurs, d'Anthony Mann (1952)
  • Cote 465, d'Anthony Mann (1957)
  • La chute de l'Empire romain, d'Anthony Mann (1964)
  • Extrait de la bande originale du film Romance inachevée, d'Anthony Mann, composé par Glenn Miller (1954)
  • La Belle de Moscou, de Rouben Mamoulian (1957)
  • Judy Garland chante Get Happy, dans le film Summer Stock, de Charles Walters (1950)

Bibliographie

Anthony Mann, arpenter l'image de Natacha Pfeiffer et Laurent Van Eyde

Anthony Mann, arpenter l'imageNatacha Pfeiffer et Laurent Van EyndePresses Universitaires du Septentrion, 2019

Intervenants
  • Chercheuse en philosophie à l'Université Saint-Louis
  • Journaliste, critique, enseignant de cinéma (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
Chronique
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