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Jean Rochefort et Gérard Jugnot dans le film Tandem, de Patrice Leconte (1987)

Patrice Leconte : "Ça me plaît d’être là où je ne m’attends pas !"

59 min
À retrouver dans l'émission

Réalisateur de comédies à succès, dont certaines devenues cultes, Patrice Leconte a aussi pris des chemins de traverse, à la fin des années 80, avec des œuvres plus méconnues et singulières telles que "Tandem", "Monsieur Hire", et "Tango". Portrait en trois films avec un cinéaste inclassable.

Jean Rochefort et Gérard Jugnot dans le film Tandem, de Patrice Leconte (1987)
Jean Rochefort et Gérard Jugnot dans le film Tandem, de Patrice Leconte (1987) Crédits : Droits réservés / Pathé films (2020)

En France, on n’aime jamais tant ceux qui nous font rire que quand ils nous dévoilent leur part sombre et nous entraînent dans l’abîme de leurs secrètes détresse. On a beau être un réalisateur de comédies à succès, dont certaines sont devenues cultes et ont façonné la façon même de parler de plusieurs générations de spectateurs, et de téléspectateurs, on n’est jamais tant pris au sérieux que quand, par des chemins de traverse, on fait face à ses démons pour tirer de ses doutes, voire de ses angoisses, matière à des films personnels, troublants et dérangeants. C’est ce qui est arrivé à la fin des années 1980 à Patrice Leconte, sans doute le plus versatile et inclassable des réalisateurs français. 

Pour "Monsieur Hire", l'adaptation de Simenon, Michel Blanc avait peur d’être ennuyeux, car c’est un acteur très expressif et mobile. Alors inconsciemment, est-ce que je ne m’amusais pas à prendre mes amis du Splendid un à un pour leur faire faire quelque chose qui soit aux antipodes des Bronzés ?…  Pour une fois, on a écrit un film en pensant aux personnages, et non pas aux acteurs. Sandrine Bonnaire et Michel Blanc sont venus assez vite. On avait peur d’aller sur un terrain qu’on ne connaissait pas, mais ça me plaisait.          
Patrice Leconte

Sandrine Bonnaire et Michel Blanc dans le film "Monsieur Hire", de Patrice Leconte (1989) disponible en DVD et Blu-Ray
Sandrine Bonnaire et Michel Blanc dans le film "Monsieur Hire", de Patrice Leconte (1989) disponible en DVD et Blu-Ray Crédits : Fondation Jérôme Seydoux-Pathé (2020)

Naissance d'un cinéaste

Le premier plan de "Tandem", ce long travelling latéral, au départ je l’avais imaginé comme étant le fond de générique, il était comme une espèce de sas émotionnel entre ce que j’avais pu faire avant, et ce que je m’apprêtais à faire là, c’était comme pour mettre les spectateurs en alerte, pour qu’ils soient en attente de quelque chose. (...) J’ai eu envie de cadrer, car je voulais inscrire les images qui me trottaient en tête, sans les déléguer. Je voulais maîtriser ça, inscrire les images dans un cadre, en l’occurrence le format Scope, ça me titillait depuis longtemps, mais je n’osais pas. Il faut parfois que je me pousse à faire les choses. Quand "Tandem" a été possible, j’ai donc cadré, car c’était un petit budget, avec une petite équipe. Je me suis régalé car j’étais impatient de le faire. Et après je n’ai plus jamais lâché la caméra.            
Patrice Leconte

Après les immenses succès populaires que furent les Bronzés et autres Spécialistes, il gagna alors auprès de la critique et de la profession ses galons de cinéaste et d’auteur, avec des films singuliers, pour ne pas dire radicaux, qu’unissent des figures attachantes d’hommes pathétiques et solitaires, qui cachent mal leur désarroi et leur virilité chancelante derrière de superbes fanfaronnades ou une raideur glacée, et plus généralement le thème de la solitude, centrale chez lui. La réédition, en Blu-ray et en DVD, des versions restaurées de trois de ceux-ci : Tandem, Monsieur Hire et Tango, deux succès et un échec, né sans doute d’un malentendu, nous permettent de recevoir leur auteur aujourd’hui dans Plan Large, pour revenir sur leur fabrication, et sur ce qui s’est joué pour lui à ce moment-là. Patrice Leconte, toujours très actif, nous parle aussi de ses deux dernières parutions : une bande dessinée, Deux passantes dans la nuit, et un livre pour enfants, Faites la tête, et nous dévoile peut-être aussi quelques-uns de ses projets, dont un qui fait grand bruit depuis quelques jours. (Viens chez moi, j'habite chez une copine et Les Spécialistes sont également disponibles en version restaurée chez Studio Canal). 

Extrait du film "Tango", de Patrice Leconte (1993) disponible en DVD et Blu-Ray
Extrait du film "Tango", de Patrice Leconte (1993) disponible en DVD et Blu-Ray Crédits : Fondation Jérôme Seydoux-Pathé (2020)

Le journal du cinéma 

En salles le 14 octobre : le très sombre A dark, dark man, du prolifique Adilkhan Yerzhano ; le magnifique dessin animé et film d'initiation Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary de Rémi Chayé ; les sublimes voix entremêlées de Delphine Seyrig et Michael Lonsdale dans India Song, de Marguerite Duras (en salles et en DVD et Blu-Ray) ; le très original Una Promessa, de Gianluca et Massimiliani di Serio ; Les 7 de Chicago, d'Aaron Sorkin, un film qui tombe à pic dans l'Amérique d'aujourd'hui (sorti sur Netflix le 16 octobre).

"Drunk", un film-combat pour l'incontrôlable 

Rencontre avec le cinéaste danois Thomas Vinterberg, le réalisateur du célèbre Festen (et qui ressort en salles le 14 octobre), pour son nouveau film Drunk, en salles le 14 octobre. Un film qui réunit des acteurs fidèles du cinéaste danois, en premier lieu Madds Mikelsen, dont il est le seul sans doute à savoir saisir à ce point la fragilité et la grâce, à rebours de son image de dur à cuire, avec cette histoire de quatre amis quinquagénaires, qui vont chercher dans l’alcool un exutoire à la morne grisaille qu’est devenue leur vie. Un film triste et joyeux, placé sous les doubles auspices de Søren Kierkegaard, et d’un certain John Cassavetes, celui de Husbands.

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"Manhunter", de Michael Mann : un thriller palpitant à (re)découvrir 

En fin d'émission, la chronique de N.T. Binh sur le film Manhunter, de Michael Mann, ressorti en salles le 21 octobre pour la première fois depuis 1986, et en version restaurée. Cinq ans avant Le Silence des agneaux (dont il était question dans le Plan Large du 10 octobre), c'est dans ce qu’on appelait alors le Sixième Sens, et qui ressort mercredi prochain sous son titre original de Manhunter, qu'un célèbre psychiatre cannibale avait fait sa toute première apparition. Il s’appelait alors Hannibal Lecktor, il était joué par Brian Cox, devenu ultra-célèbre ces derniers temps en interprétant le patriarche de la série Succession, avec face à lui William Petersen, acteur-fétiche de Michael Mann, qui signait là son troisième long-métrage après Le Solitaire et La Forteresse Noire. Manhunter rassemble déjà nombre des thématiques du très formaliste futur auteur de Heat et Collateral.

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Extraits de film et musiques 

  • Tandem, de Patrice Leconte (1987)
  • Monsieur Hire, de Patrice Leconte (1989)
  • Tango, de Patrice Leconte (1993)
  • Air des bijoux, Faust de Gounod, par Suzanne Balguerie
  • Tandem, de Patrice Leconte (1987)
  • Montage des sorties de la semaine du 14 octobre : A dark, dark man, d'Adilkhan Yerzhano ; Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary de Rémi Chayé ; India Song, de Marguerite Duras ; Una Promessa, de Gianluca et Massimiliani di Serio ; Les 7 de Chicago, d'Aaron Sorkin (sorti sur Netflix le 16 octobre). 
  • Drunk, de Thomas Vinterberg (en salles le 14 octobre)
  • Deux extraits de Manhunter, de Michael Mann (1986)
     
Intervenants
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
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