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Mathieu Amalric, dans le prochain film des frères Larrieu, la comédie musicale "Tralala", tournée pendant le confinement de l'année 2020

Pendant la pandémie, le cinéma continue…

58 min
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Échaudé par la colère du milieu culturel, le gouvernement se garde bien désormais d'annoncer une date de réouverture des salles de cinéma. Et pourtant, pendant ce temps-là, le cinéma continue : des projets s'écrivent, des films se tournent… et s’accumulent. Comment le cinéma peut-il se réinventer ?

Mathieu Amalric, dans le prochain film des frères Larrieu, la comédie musicale "Tralala", tournée pendant le confinement de l'année 2020
Mathieu Amalric, dans le prochain film des frères Larrieu, la comédie musicale "Tralala", tournée pendant le confinement de l'année 2020 Crédits : Pyramide films / SBS Distribution

L’année 2021 verra-t-elle rouvrir les cinémas ? C’est probable, la question, évidemment, c’est quand… En attendant de retrouver le bonheur de partager ensemble, des émotions dans une salle obscure et sur un grand écran, les projets de films s'accumulent sur les étagères des distributeurs, et les salles de cinéma rivalisent d’inventivité pour entretenir le lien avec leur public depuis le deuxième fermeture le 30 octobre 2020. 

Les salles de cinéma sont la partie visible d'un écosystème vertueux, où chaque place vendue, dégage une taxe qui sert à une politique culturelle, à une redistribution, on est dans un système d’économie mixte où le marché permet une diversité de création et c'est peut-être là un point d’inquiétude. Du reste, les salles de cinéma ont appuyé sur pause. On maintient constamment un fil avec nos spectateurs pour continuer à irriguer la cinéphilie. J'ai juste une inquiétude sur l'avenir, la diversité et le système vertueux du cinéma français.              
Mathieu Guetta, directeur du Majestic Bastille à Paris

Alors que l’année 2020 a vu la fréquentation des cinémas s’effondrer de 70% par rapport à l’année précédente, et parallèlement s’accélérer des mutations qui lui préexistaient, avec en premier chef la place prééminente qu’occupent désormais, par effet d’aubaine, les plateformes numériques, comment la chaîne du cinéma encaisse la crise sanitaire, s’y adapte, voire en profite pour se réinventer ? C’est la question que nous posons à Patrick Sobelman, d’Agat Films & Cie/Ex Nihilo, qui était venu dans Plan Large nous parler de Solveig Anspach, et qui produit aussi depuis longtemps des auteurs aussi singuliers que Pierre Trividic et Patrick Mario Bernard, Lucile Hadzihalilovic, Marina De Van ou Lucas Belvaux ; Etienne Ollagnier, co-Président du Syndicat des Distributeurs Indépendants, co-gérant de Jour2Fête, distributeur de films de fictions et de documentaires, qui résonnent avec le monde dans lequel on vit (Merci Patron !, et plus récemment Last Words, de Jonathan Nossiter et Un pays qui se tient sage, de David Dufresne c’était lui) ; et Mathieu Guetta, qui dirige le Majestic Bastille, indispensable salle de cinéma de l’est parisien, qui accueille chaleureusement chaque mois, enfin, quand le gouvernement l’autorise, les Séances France Culture.

Aujourd'hui, on a besoin de certitudes, d'autant plus qu'on a été choqué par le traitement des lieux culturels par rapport à d’autres secteurs dit non essentiels. On a même entendu lors de l'arrêté du Conseil d’État récent le mot substituable pour nos métiers, ce sont des choses qui nous choquent beaucoup. On a besoin aujourd'hui qu'on parle de cinéma avec d'autres termes que celui-là.                  
Etienne Ollagnier, distributeur, co-directeur de Jour2Fête

Tourner quoi qui l'en coûte 

Mais avant cela, nous entendrons deux cinéastes, les frères Arnaud et Jean-Marie Larrieu, qui, 17 ans après Un homme, un vrai, ont tourné entre les deux confinements, dans leur Lourdes natal, une nouvelle comédie musicale : Tralala, avec Mathieu Amalric. Ils nous racontent comment ils se sont accommodés, voire ont tiré parti, du très strict protocole sanitaire qu’ils ont dû observer.

Si tous les films américains sortaient sur les plateformes, et si les salles réouvraient pour accueillir le cinéma européen et français, il pourrait y avoir une parenthèse enchantée, une très grande année. Il y a peut-être des possibilités plus joyeuses que celles qui se dessinent …        
Les frères Larrieu, cinéastes

"L'homme qui voulut être Roi", l'étoffe dont John Huston était fait 

En fin d'émission, la chronique de N.T. Binh sur L'homme qui voulut être Roi, de John Huston, qui paraît en coffret collector DVD et Blu-Ray, et livre grand format aux éditions Wild Side. Un chef d'œuvre qui réunit pour la première fois Sean Connery, dont c’était le rôle favori, et Michael Caine, devant la caméra de John Huston en 1976, pour une adaptation magistrale d’une nouvelle de Rudyard Kipling, qui vient d’être éditée dans une magnifique copie restaurée qui rend justice à la palette du directeur de la photo Oswald Morris, "déclinaisons d’ocres, d’ors, de terracotta, rehaussées de bleu céleste", comme l’écrit Christian Viviani dans le nouveau numéro de la revue Positif, qui arbore en couverture une photo du film.

La recommandation de Plan Large 

La plateforme MUBI propose depuis peu 6 films d’Agnès Varda, Cléo de 5 à 7, Daguerréotypes, Documenteur, Les Glaneurs et la Glaneuse, Sans toit ni loi et Kung-fu Master, alias Le Petit Amour. Et comme on les aime d’un grand amour, on vous propose de les découvrir gratuitement en allant sur leur site

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