LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Jeff Daniels et Jim Carrey dans la suite de "Dumb & Dumber", des frères Farelly en 2014

Pour des comédies transgressives

59 min
À retrouver dans l'émission

Avec la libéralisation de la censure, on peut se demander si la comédie transgressive n'a plus lieu d'être aujourd'hui. Plan large explore le vaste territoire qu'est la comédie, un genre qui doit être pris au sérieux, avec Adrien Dénouette et Yannick Mouren.

Jeff Daniels et Jim Carrey dans la suite de "Dumb & Dumber", des frères Farelly en 2014
Jeff Daniels et Jim Carrey dans la suite de "Dumb & Dumber", des frères Farelly en 2014 Crédits : Universal Studio (2014)

Une comédie normative est une comédie qui souligne l'écart par rapport à la norme sociale. Je donne l'exemple très révélateur de Molière avec Le Bourgeois Gentilhomme qui est un individu qui s'écarte de la norme sociale, c'est-à-dire rester dans sa classe sociale. Tandis qu'une comédie transgressive, c'est une comédie qui met en accusation la société dans son fonctionnement, de manière un petit peu déguisée évidemment mais c'est fondamentalement son intention. Et il y a un nombre limité de comédies qui y accèdent. Yannick Mouren

Depuis l'invention du cinéma ou presque, la comédie a, dans sa forme transgressive, permis à quelques dangereux subversifs de critiquer la société et les mœurs de leurs temps, sans encourir le risque du rejet et de la censure. Dans un temps sinistre où nous avons plus que jamais besoin, sous le masque, de rire de nos infortunes et de nos ridicules, c’est ce que racontent deux livres, dont les auteurs sont aujourd’hui nos invités : Prendre au sérieux la comédie, de Yannick Mouren, qui dégage en une cinquantaine de films quelques lignes de force des moyens utilisés pour s’en prendre aux valeurs les plus sacrées ;et Jim Carrey – L’Amérique démasquée, d’Adrien Dénouette qui interroge la figure énigmatique et perpétuellement masquée du Midas du mauvais goût, ex-roi d’Hollywood et de l’humour régressif et scatologique, ce comique outrancier et incontinent dont on avait un temps perdu la trace avant qu’il ne rejaillisse récemment en double télévisuel de Joe Biden. 

Jim Carrey, l'enfant terrible d'Hollywood

En 1994, un comique raté de 32 ans surgit au cinéma et provoque un coup de tonnerre à Hollywood : avec seulement trois films, Ace Ventura : détective pour chiens et chats, The Mask et Dumb & Dumber, Jim Carrey devient une figure de la comédie transgressive et récolte plus de 700 millions de dollars. 

L'explication de son apparition tonitruante en 1994 a plusieurs origines : l'explication principale c'est l'immense mode, le retour massif du cartoon, qui avait disparu dans les années 1960-1970 parce que son industrie avait périclité et cela coïncide avec la fin de l'âge d'or hollywoodien. Et puis ça revient d'un coup avec l'immense succès commercial du film Qui veut la peau de Roger Rabbit ?, qui d'ailleurs n'était pas dénué d'une certaine subversion. Et puis dans la foulée, Disney se remet à faire des films, le cartoon devient une immense mode à la télévision avec les Animaniacs. Au-delà de The Mask, les trois films dans lesquels apparaît Jim Carrey en 1994 qui sont Ace Ventura : détective pour chiens et chats, The Mask et Dumb & Dumber, ont pour point commun qu'on découvre sous trois costumes un même acteur qui est capable d'être un cartoon fait homme. Un cartoon vivant, un acteur qui est élastique, qui a un corps qu'on avait plus vu depuis Jerry Lewis, les burlesques des années 1920 mais j'ai presque envie de dire que c'est un corps encore plus performant, encore plus performatif, encore plus excessif. Un corps qui serait une espèce de grimace continuelle derrière laquelle il n'y aurait aucun fond. Adrien Dénouette

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

La clé burlesque, conceptuelle de Jim Carrey, c'est de bien comprendre que c'est un corps qui n'est plus que des images et de la volonté de réussir et de devenir une célébrité et donc la volonté d'intégrer la télévision. Il raconte le désir très contemporain de sa génération dans les années 1990, une décennie qui ne connaît pas encore internet et on est presque à un point culminant de la culture catholique et télévisuelle. Et il arrive au bon moment pour dire que ce que tout le monde souhaite aujourd'hui, c'est une version excroissante, hyperbolique du quart d'heure de gloire qu'avait prophétisé Andy Warhol. Adrien Dénouette

Idées de cadeaux de Noël si vous avez l'âme transgressive...

- Le passionnant coffret Forbidden Hollywood, que vient de sortir la Warner : 10 fleurons des films dits « du pré-code », réalisés entre 1929 et 1934, entre la rédaction du code Hays, et son application effective. Ces films étaient d’une audace folle en terme de liberté sexuelle, morale et politique, portés par les jeunes visages qu’étaient alors Clark Gable, Bette Davis, James Cagney, Barbara Stanwyck et même un John Wayne pas encore incarnation du patriotisme étoilé, avec des Michael Curtiz, William Wellman et autres William Dieterle derrière la caméra.

- La version restaurée de L’Homme qui voulut être roi, un des films les plus personnels de John Huston, et un des plus beaux rôles de Sean Connery, en aventurier britannique saisi d’hubris en Afghanistan. Le film est disponible en coffret DVD/BR chez Wild Side.

Dans la peau de Jack Nicholson, celui qui rêvait d'être cinéaste

En fin d'émission, la chronique de Raphaël Clairefond, rédacteur en chef de la revue So Film, qui revient sur le parcours d’un autre grand psychotique de l’écran, au sourire carnassier, yeux vitreux et sourcils circonflexes, le grand Jack Nicholson.  

On a tous en mémoire l’image mythique, et fondatrice du Nouvel Hollywood, de Peter Fonda et Dennis Hopper arpentant l’Amérique profonde et ses routes interminables dans Easy Rider, en 1969. On oublie parfois que derrière Captain America, un casque de football américain doré sur la tête, il y avait un drôle d’avocat qui faisait des bruits bizarres avec sa bouche quand il buvait de l’alcool : c’était Jack Nicholson, et avec ce film, l’acteur, qui cachetonnait surtout alors comme scénariste de série B, accédait enfin, la trentaine passée, à la reconnaissance qui allait lancer la carrière que l’on sait. Le magazine Sofilm a beau consacrer la couverture de son numéro actuellement en kiosques à George Clooney, il consacre un volumineux dossier à la star actuellement retraitée, en explorant précisément combien la décennie folle des 60’s et sa contre-culture a en fait infusé toute la carrière de l’acteur de tous les excès performatifs.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Extraits et musiques de films

  • Le Roman d’un tricheur, de Sacha Guitry (1936) disponible sur FilmoTV
  • Affreux, sales et méchants, de Ettore Scola (1976) disponible sur la Cinetek, sur Canal VOD et en DVD et Blu-Ray
  • La Vie de Brian, de Terry Jones (1979) disponible sur Netflix et en DVD 
  • The Mask, de Chuck Russell (1994) disponible en DVD et Blu-Ray
  • Menteur menteur - Liar Liar, de Tom Shadyac (1997) disponible sur FilmoTV, Canal VOD et Blu-Ray
  • Dumb & Dumber, de Peter & Bobby Farrelly (1994) disponible en DVD et Blu-Ray
  • The Truman Show, de Peter Weir (1998) disponible sur Prime Vidéo, sur Canal VOD et en DVD
  • Fous d'Irène - Me, Myself and Irene, de Bobby & Peter Farrelly (2000), disponible sur Canal VOD et en DVD
  • Man on the Moon, de Milos Forman (1999) disponible sur universciné, la Cinetek et en DVD et Blu-Ray
  • Batman Forever, de Joël Schumacher 1995, disponible sur FilmoTV et en DVD et Blu-Ray
  • Easy Rider, de Dennis Hopper (1969), disponible sur la Cinetek et en DVD et Blu-Ray
  • Drive, he said, de Jack Nicholson (1971)
  • Générique de fin du film The Trip, de Roger Corman (1967), disponible en DVD
Intervenants
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
Chronique
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......