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Rock Hudson et Jane Wyman, dans Tout ce que le ciel permet, de Douglas Sirk (1955)

S comme Douglas Sirk, prince désenchanté du mélodrame

59 min
À retrouver dans l'émission

Prince du mélodrame hollywoodien, teinté d'une critique sociale, le cinéaste allemand Douglas Sirk a fait de Rock Hudson une star, voire un fils de substitution. Plan large sur une vie et une oeuvre aussi romanesque et tragique, avec Denis Rossano, Charlotte Garson et Fernando Ganzo.

Rock Hudson et Jane Wyman, dans Tout ce que le ciel permet, de Douglas Sirk (1955)
Rock Hudson et Jane Wyman, dans Tout ce que le ciel permet, de Douglas Sirk (1955) Crédits : Universal International Pictures

Ce qui m’enchante chez Douglas Sirk, [c’est] ce délirant mélange : moyen âge et modernisme, sentimentalité et raffinement, cadrages anodins et Cinémascope endiablé. […] La seule logique dont Douglas Sirk s’embarrasse, c’est le délire. Jean-Luc Godard dans Les Cahiers du Cinéma, en avril 1959.

25 ans plus tard, Fassbinder ira encore plus loin : Peu importe, Godard, Fuller, moi ou un autre, aucun de nous ne peut arriver à la cheville de Douglas Sirk, écrit-il. J’ai vu six films de Douglas Sirk. Parmi eux, il y avait les plus beaux du monde. Et aujourd’hui, c’est un Todd Haynes qui, de Loin du Paradis à Carol, revisite insatiablement l’univers de l’auteur du Secret magnifique, d’Ecrit du vent et de Mirage de la vie. Douglas Sirk a trouvé dès ses débuts au milieu des années 1930, son genre de prédilection : le mélodrame, en sublimant ses intrigues sentimentales et improbables de roman-photo en de foudroyantes tragédies grecques, en équilibrant subtilement une profonde empathie pour ses personnages et une distance critique et raffinée par la mise en scène et l’utilisation, comme personne, des couleurs et de la lumière, dans une sorte de néoexpressionisme quasi baroque. 

Douglas Sirk avait pour habitude de dire que les angles de la caméra sont la pensée du réalisateur et la lumière en est sa philosophie. Denis Rossano

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Ce qu’on sait moins, c’est qu'avant la décennie flamboyante, aux succès colossaux des années 1950, sa vie était aussi romanesque et tragique que ses films : Douglas Sirk, américain virtuose du cinéma populaire, était aussi l’Allemand Detlef Sierck, intellectuel élitiste, réalisateur du cinéma nazi marié à une actrice juive, homme déchiré et père sans enfant. Au point qu’en cette rentrée littéraire, il est lui-même devenu un personnage de roman, Un père sans enfant, publié aux éditions Allary, et dont l’auteur Denis Rossano, est notre invité aujourd’hui dans Plan Large, avec à ses côtés, la très sirkienne Charlotte Garson, et Fernando Ganzo, le rédacteur en chef de notre partenaire Sofilm.

En fin d'émission, la chronique de Fernando Ganzo, rédacteur en chef de So Film, sur Apocalypse Now Final Cut, de Francis Ford Coppola, en salles le 28 août et en édition Blu-Ray 18 septembre. 40 ans après le tournage pour le moins mouvementé, le chef-d'oeuvre de Coppola, qui lui a valu une deuxième Palme d'or en 1979, ressort en salles dans une ultime version, dite "final cut", remastérisée, et remontée, qui dure 3h02. Nouvel épisode donc d’un film rentré dans l’histoire du cinéma tant pour sa qualité propre que pour son tournage épique, pour ne pas dire démentiel, raconté dans un documentaire passionnant, Aux cœurs des ténèbres : L’Apocalypse d’un metteur en scène, et qu’un témoin de première bourre, le grand cinematografo Vittorio Storaro, qui avait fait l’image du film, et le raconte à nouveau, dans le dernier numéro de la revue Sofilm.

Les recommandations de Plan Large 

La plupart des films de Douglas Sirk sont disponibles en DVD et Blu-Ray, édités par Elephant Films, dont récemment quatre films : Les Ailes de l'espérance, Demain est un autre jour, Le joyeux charlatan et All I Desire

Rétrospectives : Nicholas Ray jusqu'au 28 septembre et Arnaud Desplechin jusqu'au 19 septembre à voir à la Cinémathèque française à Paris. Le cycle Ciné-expéditions est à voir jusqu'au 24 septembre, à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, et qui accompagne l'exposition Cinéma d'expédition, des débuts de l'aventure de la Croisière jaune, jusqu'au 30 novembre. 

Ressorties en salles : Satyricon, de Federico Fellini, et Quelque part quelqu'un, de Yannick Bellon, accompagnée d'une rétrospective en salles. 

Extraits de films 

  • La Fille des marais, de Detlef Sierck (1935)
  • Parametta, bagne des femmes, de Detlef Sierck (1937)
  • Le Secret magnifique, de Douglas Sirk (1954)
  • Tout ce que le ciel permet, de Douglas Sirk (1955)
  • Le temps d'aimer et le temps de mourir, de Douglas Sirk (1958)
  • Mirage de la vie, de Douglas Sirk (1959)
  • Habanera, de Douglas Sirk (1937)
  • Apocalypse Now, de Francis Ford Coppola (1979)
  • The Doors : This is the end, en ouverture d'Apocalypse Now, de Francis Ford Coppola (1979)

Bibliographie

All I Desire, de Douglas Sirk (1953)

All I DesireDouglas SirkElephant Films, 2019

Intervenants
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