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Rosalind Russel et Cary Grant dans La Dame du Vendredi (His Girl Friday), d'Howard Hawks (1940)

S comme Screwball Comedy, générique all stars

59 min
À retrouver dans l'émission

Rythme effréné, personnages excentriques aux dialogues virtuoses, et campés par un casting flamboyant, la Screwball Comedy a su déjouer le Code Hays en faisant hurler de rire l'Amérique des années 1930 et 1940. Plan large sur un genre moderne, qui a révolutionné le cinéma classique hollywoodien.

Rosalind Russel et Cary Grant dans La Dame du Vendredi (His Girl Friday), d'Howard Hawks (1940)
Rosalind Russel et Cary Grant dans La Dame du Vendredi (His Girl Friday), d'Howard Hawks (1940) Crédits : Bisons Archive / Editions Montparnasse

Un Plan Large au générique prestigieux, avec, excusez du peu, Clark Gable, William Powell, Fredric March, Cary Grant et James Stewart, et pour leur rendre coup sur coup Claudette Colbert, Carole Lombard, Irene Dunne, Rosalind Russell et Katharine Hepburn, le tout mis en scène par Frank Capra, Gregory La Cava, William Wellman, Leo McCarey, Howard Hawks et George Cukor, tous au service d’un genre majeur du cinéma classique hollywoodien, la Screwball Comedy, ou comédie loufoque en français, enfant de la crise qui fit hurler de rire l’Amérique du début des années 1930 à celle des années 1940, entre le New Deal et la Seconde Guerre Mondiale. 

Le lien entre la Screwball Comedy et le slapstick, c’est un ressort comique qui s’appuie sur le physique. En revanche, c’est la différence essentielle d’avec le burlesque muet, c’est que ce sont les héros glamours qui deviennent comiques. Comme le dit le philosophe Stanley Cavell, c’est un art de la conversation qui permet de redéfinir le quotidien. (…) La cacophonie fait naître une harmonie. C’est quelque chose qui va se perdre dans les années 1950. Cette possibilité d’anarchie existe dans la Screwball Comedy et c’est ce qui fait que les films ne vieillissent pas. N.T. Binh

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La Screwball Comedy tire son nom du baseball, d’une balle à effet à la trajectoire aussi maîtrisée qu’imprévisible. Et imprévisibles, elles l’étaient en effet, ces comédies aux situations abracadabrantes, aux personnages excentriques jusqu’à la folie, servis des dialogues aussi pétulants qu’incisifs, qui mettaient en musique, avec un sens affûté de la critique sociale, la lutte des classes et la guerre des sexes, et surtout proposaient un nouvel équilibre dans les rapports hommes-femmes, à tel point qu’il fallut longtemps après la fin du genre pour que des actrices puissent retrouver, à l’écran, des rôles aussi forts et complexes. 

On dit souvent que la Screwbell Comedy commence là où la comédie romantique s'arrête ! L’idée de la Screwball c’est de contester le mariage. C’est un genre très moderne. Les femmes se libèrent, elles ont le droit de vote depuis 1920. Il y a une libération sexuelle qui s’opère. Elles contestent le mariage. C’est la première fois qu’on voit des femmes ne pas vouloir se marier, et ne pas vouloir d’enfants.  Julia Kuperberg

Pour nous plonger dans ce formidable laboratoire d’improvisations et de subversion, deux spécialistes de l’âge d’or du cinéma américain et des mythes hollywoodiens, auxquels elles ont déjà consacré plus d’une quarantaine de documentaires : Clara et Julia Kuperberg sont nos invitées, pour un coffret DVD dont elles ont assuré la direction éditoriale, et qui comporte trois fleurons du genre et un de leurs documentaires, titré précisément La Screwball : une histoire de la comédie américaine.

En fin d'émission, la chronique de N.T. Binh sur le coffret du film Elmer Gantry, le Charlatan, le chef-d’œuvre de Richard Brooks, édité en coffret Blu-Ray et DVD chez Wild Side. En 1960, Richard Brooks, l’auteur de Bas les masques, Graine de violence (le film qui a introduit le rock’n’roll au cinéma) réalise enfin un projet qu’il avait en tête depuis quinze ans : l’adaptation d’Elmer Gantry, livre du premier prix Nobel de littérature américain, Sinclair Lewis, et qui avait fait scandale en son temps, en critiquant férocement le revivalisme américain. Pour incarner l’anti-héros éponyme, Richard Brooks fait appel à Burt Lancaster et l’associe à l’écriture du scénario, ce qui transforme considérablement le personnage de prêcheur très caricatural pour en faire indissociablement un séducteur escroc et un illuminé sincère, d’une ambigüité permanente. Et de fait, ce rôle lui vaudra son seul Oscar, en 1961. En le recevant, Lancaster dira d’ailleurs : « Je n’étais pas fait pour être Elmer Gantry. Je suis Elmer Gantry ».

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Le coffret DVD Screwball Comedy, une histoire de la comédie américaine, dirigé par Clara et Julia Kuperberg est édité aux éditions Montparnasse, tout comme le coffret Il était une fois ... Hollywood

Rétrospectives : Bette Davis VS Joan Crawford est à voir du 7 janvier jusqu'au 6 février à la Cinémathèque de Toulouse. Une rétrospective consacrée à Paul Schrader en sa présence est à voir au Forum des Images à Paris, jusqu'au 2 février. Enfin, à l'occasion de la sortie en salles le 15 janvier de Tommaso, le dernier film d'Abel Ferrara, une rétrospective de ses films avec son interprète Willem Dafoe est à voir en salles depuis le 8 janvier. 

Extraits de films 

  • New York-Miami (It Happened On Night), de Frank Capra (1934)
  • Mon Homme Godfrey (My Man Godfrey), de Gregory la Cava (1936)
  • La Joyeuse Suicidée (Nothing Sacred), de William A. Wellman (1937)
  • Cette sacrée vérité (The Awful Truth), de Leo McCarey (1937)
  • La Dame du Vendredi (His Girl Friday), de Howard Hawks (1940)
  • Indiscrétions (The Philadelphia Story), de George Cukor (1940)
  • Haute Société (High Society), de Charles Walter (1956)
  • Deux extraits d'Elmer Gantry, le charlatan, de Richard Brooks (1960)

Bibliographie

Intervenants
  • Réalisatrice et productrice, co-fondatrice de Wichita Films
  • Réalisatrice et productrice, co-fondatrice de Wichita Films
  • Journaliste, critique, enseignant de cinéma (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
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