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Sylvester Stallone sur le ring, dans "Rocky IV" en 1985

Stallone et l'Amérique

1h
À retrouver dans l'émission

Star à part dans le paysage hollywoodien, Sylvester Stallone représente la figure du anti-héros par excellence, en creux d'une filmographie autobiographique unique dans l'Histoire du cinéma. Plan large sur une œuvre indispensable pour comprendre l'Amérique populaire et sa philosophie politique.

Sylvester Stallone sur le ring, dans "Rocky IV" en 1985
Sylvester Stallone sur le ring, dans "Rocky IV" en 1985 Crédits : Moviepix / United Artists - Getty

Stallone est un personnage très attachant, qui marche très bien dans le drame, qui pleure beaucoup. Ce qui est fascinant, c’est qu’il soit devenu cette représentation de l’impérialisme américain, alors que dans le genre bodybuildé, il fait partie de ces hommes qui pleurent le plus, et qui brisent le cœur. C’est de la sensibilité pure.                
Quentin Victory-Leydier 

"Ce qui compte, ce n’est pas la force des coups que tu donnes, c’est le nombre de coups que tu peux encaisser tout en continuant d’avancer". Cette philosophie de vie, ça fait près de 45 ans que Sylvester Stallone la décline de film en film, depuis celui qui l’a révélé en 1976, Rocky, dans une autobiographie au long cours qui, cas unique dans l’histoire du cinéma, a offert au spectateur le vieillissement simultané d’un personnage et de l’acteur qui l’incarne. Autobiographie double, puisque parallèlement c’est en Rambo qu’on l’a vu se confronter sur quatre décennies à ses démons et à ceux de l’Amérique. Autobiographie multiple, à vrai dire, puisque même dans les nombreux films qui ne se rattachent pas à ces deux séries, l’acteur, mais aussi scénariste, producteur et parfois réalisateur a toujours fait œuvre, charriant avec lui les mêmes thématiques et obsessions, quelle que soit la qualité, il faut bien le dire très inégale, des opus où il apparaît. 

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Un anti-héros unique dans l'Histoire du cinéma 

Des coups, il en a beaucoup donné, mais il en a pris bien plus encore, en particulier de la critique, en France spécialement, au nom d’une lecture idéologique, empreinte d’anti-américanisme, et de ce qu’il faut bien appeler un mépris de classe, à la fois pour le genre populaire dont il est à l’origine, le film d’action, pour ses spectateurs, son acteur, star à part dans le paysage hollywoodien, et ses anti-héros, issus tous ou presque de la classe ouvrière. 

On a un personnage qui est un anti-héros typique du cinéma américain des années 1970, quelqu’un de désespéré qui ne croit plus dans le rêve américain. Ce qui est intéressant dans le premier Rocky, c’est que le personnage va d’un seul coup croire à nouveau dans les mythes fondateurs américains. Ce que Stallone veut mettre en avant, à travers Rocky, ce sont ces mythes fondateurs, c'est que tout le monde a sa chance. Le quatrième film de la série reprend cette idée là sans être opposé au premier volet, où il retrouve l’esprit pionnier américain. Dans cette saga, il y a toujours cette idéalisation de l’Amérique.                
David Da Silva

Or si ce Plan Large s’inscrit dans la semaine spéciale de France Culture, "L’élection américaine, un enjeu mondial", ce n’est pas parce que Donald Trump, comme avant lui Ronald Reagan, ont récupéré à leur profit les figures de Rocky et Rambo, mais bien précisément parce que les électeurs qui dans quelques jours vont faire basculer l’élection, ressemblent aux personnages stalloniens, et que revoir ses films, sans préjugés et avec un regard dessillé, nous en apprend bien plus sur l’Amérique populaire et sa philosophie politique que nombre d’analyses et de traités. C’est ce à quoi nous nous attacherons aujourd’hui dans Plan Large, avec deux fins connaisseurs et exégètes de la geste de Sly : David Da Silva, auteur de Sylvester Stallone, héros de la classe ouvrière, et Quentin Victory Leydier, qui propose avec Retour à Philadelphie une promenade analytique et amoureuse avec Rocky et Stallone, aux éditions LettMotif. 

Sylvester Stallone sur le tournage de "Rocky", réalisé par John G. Avildsen en 1976
Sylvester Stallone sur le tournage de "Rocky", réalisé par John G. Avildsen en 1976 Crédits : Moviepix / United Artists - Getty

Un journal du cinéma un peu particulier … 

Plan Large avait prévu de parler de quelques-unes des sorties de ce mercredi 28 octobre 2020 comme Une vie secrète, de Jon Garano, Aitor Arregi et José Mari Goenaga, Le bon grain et l’ivraie, de Manuela Frésil ou encore le très beau premier film de Nicolas Maury, Garçon Chiffon. Mais voilà, le couperet est tombé, après 4 mois de réouverture des salles de cinéma, malgré les difficultés du premier confinement, les salles ont à nouveau éteint leurs projecteurs après la dernière séance du jeudi 29 octobre. Pour en parler, Martin Bidou, de la société Haut et Court, distributeur, programmateur et exploitant de salles (le Louxor et le Nouvel Odéon à Paris, le Sémaphore à Nimes et l'Astrée à Chambéry), pour qui, cette situation est comme le coup de grâce : "On avait déjà un genou à terre, et là, ça vient casser tous les effort faits depuis cet été. (...) Il faut faire face à une équation à deux inconnues et trouver le juste équilibre ensuite, entre l'usage des plateformes, et les pratiques culturelles". 

"Glengarry", de James Foley ou la critique acerbe de l'idéologie libérale 

En fin d'émission, la chronique de Sophie-Catherine Gallet sur la ressortie d'une œuvre emblématique des années Reagan et de sa violence économique et sociale : Glengarry, de James Foley. Avant d’être le meilleur imitateur de Donald Trump dans le Saturday Night Live, Alec Baldwin motivait violemment en 1992 ses troupes de vendeurs de terrains immobiliers dans Glengarry, adaptation à l’écran de la pièce à succès de David Mamet, créée à la fin du premier mandat de Ronald Reagan et prix Pulitzer à l’époque, en 1984. Glengarry marque aujourd’hui sans doute moins par sa réalisation que par son casting de haut vol, avec un Jack Lemmon qui remporta grâce au film une coupe Volpi de la meilleure interprétation au Festival de Venise, un Al Pacino survolté comme jamais, mais aussi Alan Arkin, Ed Harris, Kevin Spacey, Jonathan Pryce et donc Alec Baldwin, pour un film où on profère tellement de jurons que ses acteurs, sur le tournage, l’avaient rebaptisé Death of a Fuckin’ Salesman. 

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Extraits de films et musiques 

  • Rocky de John G. Avildsen (1976)
  • Rambo (First Blood) de Ted Kotcheff (1982)
  • Arrête ou ma mère va tirer ! (Stop ! Or My Mom Will Shoot) de Roger Spottiswoode (1992)
  • Copland de James Mangold (1997)
  • Rambo : Last Blood d’Adrian Grunberg (2019)
  • Bruce Springsteen, Born in the U.S.A. (1984)
  • Glengarry, de James Foley (1992)
Intervenants
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