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Pierre-Auguste Renoir (1841-1919), Le déjeuner des canotiers (1880)

"Au Cabaret-Vert" et "La maline", deux poèmes d'Arthur Rimbaud (1870)

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Arthur Rimbaud évoque dans son poème "Au Cabaret-Vert", l'arrivée dans un cabaret de Charleroi, un lieu populaire, joyeux, voire même trivial, que le poète transfigure par l'originalité de sa langue, en un tableau impressionniste

Pierre-Auguste Renoir (1841-1919), Le déjeuner des canotiers (1880)
Pierre-Auguste Renoir (1841-1919), Le déjeuner des canotiers (1880) Crédits : The Phillips Collection / domaine public

Poèmes : Au Cabaret-Vert lu par Nazim Boudjenah et La maline lu par Thierry Hancisse, deux poèmes d'Arthur Rimbaud, dans le recueil Cahiers de Douai (1870). 

"Au Cabaret-Vert", d'Arthur Rimbaud

Depuis huit jours, j'avais déchiré mes bottines
Aux cailloux des chemins. J'entrais à Charleroi.
- Au Cabaret-Vert : je demandai des tartines
De beurre et du jambon qui fût à moitié froid. 

Bienheureux, j'allongeai les jambes sous la table
Verte : je contemplai les sujets très naïfs
De la tapisserie. - Et ce fut adorable,
Quand la fille aux tétons énormes, aux yeux vifs,

- Celle-là, ce n'est pas un baiser qui l'épeure ! -
Rieuse, m'apporta des tartines de beurre,
Du jambon tiède, dans un plat colorié, 

Du jambon rose et blanc parfumé d'une gousse
D'ail, - et m'emplit la chope immense, avec sa mousse
Que dorait un rayon de soleil arriéré.   

Arthur Rimbaud est né le 20 octobre 1854 dans les "inqualifiables contrées ardennaises" où l'"on se nourrit de farineux et de boue". 

Durant l'été 1870, la guerre éclate. Rimbaud prend, le 29 août, le train pour Paris : il veut assister à la chute de l'Empire. Rapatrié à Charleville – il n'était pas détenteur d'un titre de transport –, Rimbaud souhaite retrouver la liberté entrevue durant cette échappée. Il fait une nouvelle fugue, à pied cette fois, cherche en vain à s'employer dans un journal de Charleroi, il se dirigera vers Bruxelles puis vers Douai enfin. C'est à cette époque qu'il écrit les poèmes du vagabondage : « Ma bohème », « Au cabaret vert », « le Buffet », « Rêvé pour l'hiver ». Rimbaud définira le poète comme « un voleur de feu », trouver l’inconnu par le « long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens », s’encrapuler, c’est-à-dire aussi bien se conduire de manière scandaleuse que bouleverser le langage, le défigurer. "Je est un autre", il n’y aura de poésie qu’à ce prix, lorsqu’est recherchée un peu plus que la beauté, lorsqu’on désire "changer le monde" ou "réinventer l’amour".

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