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"Ayant crachés volcan mes entrailles d’eau vive - je reste avec mes pains de mots et mes minerais secrets", Aimé Césaire dans son poème Calendrier Lagunaire

"Calendrier lagunaire", un poème d'Aimé Césaire, lu par Bakary Sangaré

2 min
À retrouver dans l'émission

La poésie d'Aimé Césaire évoque pour Bakary Sangaré un combat perpétuel pour la quête de la liberté, le don d'un savoir pour ceux qui souffrent sans distinction de couleur. Toute la semaine, le comédien se plonge dans l'oeuvre du poète dissident, celui que l'on surnomma "le Nègre fondamental".

"Ayant crachés volcan mes entrailles d’eau vive - je reste avec mes pains de mots et mes minerais secrets", Aimé Césaire dans son poème Calendrier Lagunaire
"Ayant crachés volcan mes entrailles d’eau vive - je reste avec mes pains de mots et mes minerais secrets", Aimé Césaire dans son poème Calendrier Lagunaire Crédits : Mont Pelée à Saint-Pierre en Martinique au début du siècle / Archive Farms - Getty

Le choix de ces poèmes vient de ce que l’écriture d’Aimé Césaire évoque pour moi : le combat perpétuel pour la quête de la liberté, la vigilance permanente pour maintenir cette Terre fragile, le don de sa voix, de sa plume, de son savoir pour ceux qui souffrent sans distinction de couleur, pour le bénéfice de la seule race humaine, la fin universelle.    
Bakary Sangaré

Poème : "Calendrier lagunaire", d'Aimé Césaire, extrait du recueil Cent poèmes, paru aux éditions Omnibus. 

Lecture par Bakary Sangaré, de la Comédie-Française. 

Extrait du poème 

J'habite une blessure sacrée
j'habite des ancêtres imaginaires
j'habite un vouloir obscur
j'habite un long silence
j'habite une soif irrémédiable
j'habite un voyage de mille ans
j'habite une guerre de trois cent ans
j'habite un culte désaffecté
entre bulbe et caïeu j'habite l'espace inexploité
j'habite du basalte non une coulée
mais de la lave le mascaret
qui remonte la valleuse à toute allure
et brûle toutes les mosquées
je m’accommode de mon mieux de cet avatar
d'une version du paradis absurdement ratée
- c'est bien pire qu'un enfer -
j'habite de temps en temps une de mes plaies
chaque minute je change d'appartement
et toute paix m'effraie

Rediffusion du 9 juin 2011

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