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Albert Bierstadt (1830-1902), Estes Park, Colorado, Whyte's Lake (1869)

Friedrich Hölderlin, "Retour", chant 1

4 min
À retrouver dans l'émission

Considéré comme l'un des plus grands poètes allemands, Friedrich Hölderlin a observé, lors d'un voyage en Suisse, la nature, son lyrisme et son romantisme, qu'il a mis en scène et retracé dans l'élégie "Retour", écrit au début du XIXe siècle.

Albert Bierstadt (1830-1902), Estes Park, Colorado, Whyte's Lake (1869)
Albert Bierstadt (1830-1902), Estes Park, Colorado, Whyte's Lake (1869) Crédits : Whitney Gallery of Western Art / The Coe Foundation / Domaine public

Élégie du "Retour", Chant 1, de Friedrich Hölderlin, traduction de Michel Deguy

Lecture de Jean-Baptiste Malartre, de la Comédie-Française 

Au cœur des Alpes, nuit claire encore, et la nuée,   Source du poème en joie, elle couvre là-bas la vallée béante.   Le souffle allègre des monts passe et repasse en tempête.   À pic entre les pins défaille l’éclat d’un rayon ;   Lentement il se hâte et lutte, le chaos frémissant de joie ;   Jeune stature, mais puissante, il célèbre le combat amoureux   Parmi les rocs et bouillonne et oscille entre les bornes éternelles,   Car plus bachique encore voici que monte le matin.   Plus infinie est la croissance de l’an et les heures sacrées,   Les jours se mêlent dans un ordre plus audacieux.   Car aussi l’oiseau d’orage marque le temps, et entre les monts   Haut dans l’air séjourne et appelle le jour.   Alors le village s’éveille dans le fond et lève son regard   Sans crainte, familier du haut, sous les cimes.   Pressentant la croissance – car déjà choit l’éclair   Des sources antiques – le socle fume sous les cataractes.   Partout l’écho résonne et la forge immense   Œuvre jour et nuit, dispensant ses dons

Johann Christian Friedrich Hölderlin est un poète allemand, né en mars 1770 et mort en 1843 à Tübingen. Considéré comme le plus grand poète allemand, l’égal en renommée de Lessing, Goethe, Heine, mais aussi Rimbaud, inspirateur de Hegel, Rilke, et plus tard, de Heidegger, Hölderlin fut d’abord une sorte d’inconnu dans son propre pays, malgré les efforts de ses amis. Et cette inquiétude dégénéra en turpitude lorsque, à peine, découvert, traduit et publié, ce retour vint coïncider avec les efforts de la machinerie idéologique du nazisme, préoccupée de fournir aux masses allemandes des mythes utiles à ses fins. L’année du cent cinquantenaire de la Révolution française, en pleins préparatifs de guerre, on fit de lui par la voie d’éditions partielles, glissées dans les musettes des soldats de la Wehrmacht, le chantre prophétique du nationalisme allemand. C’est Schiller qui l’aide à publier Hyperion  à la fin du XVIIIème siècle. En 1800, tout en continuant à produire des Odes , il travaille à de grands poèmes, L’Archipel, les grandes Elégies . Hanté par Sophocle – il traduit Œdipe-roi  et Antigone  – et Pindare, dont la beauté prodigieuse a donné au "fragment", dans la poétique moderne, une valeur esthétique propre et marqué toute l’écriture lyrique du XXème siècle.

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