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Gravure de Victor Hugo, entouré d'enfants, une illustration extraite du livre "Great Men and Famous Women", de Charles Francis Horne, en 1894

"Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin", un poème de Victor Hugo, extrait des Contemplations

2 min
À retrouver dans l'émission

Publié en 1856, "Les Contemplations" est une somme poétique autobiographique, dans laquelle Victor Hugo a notamment écrit le poème "Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin", dédié à sa fille Léopoldine, disparue tragiquement, noyée dans la Seine en septembre 1843.

Gravure de Victor Hugo, entouré d'enfants, une illustration extraite du livre "Great Men and Famous Women", de Charles Francis Horne, en 1894
Gravure de Victor Hugo, entouré d'enfants, une illustration extraite du livre "Great Men and Famous Women", de Charles Francis Horne, en 1894 Crédits : The Palmer - Getty

Poème : "Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin", de Victor Hugo, extrait des Contemplations (1856)

Lecture : Michel Favory, de la Comédie-Française

Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin
De venir dans ma chambre un peu chaque matin;
Je l'attendais ainsi qu'un rayon qu'on espère;
Elle entrait, et disait: Bonjour, mon petit père ;
Prenait ma plume, ouvrait mes livres, s'asseyait
Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait,
Puis soudain s'en allait comme un oiseau qui passe.
Alors, je reprenais, la tête un peu moins lasse,
Mon oeuvre interrompue, et, tout en écrivant,
Parmi mes manuscrits je rencontrais souvent
Quelque arabesque folle et qu'elle avait tracée,
Et mainte page blanche entre ses mains froissée
Où, je ne sais comment, venaient mes plus doux vers.
Elle aimait Dieu, les fleurs, les astres, les prés verts,
Et c'était un esprit avant d'être une femme.
Son regard reflétait la clarté de son âme.
Elle me consultait sur tout à tous moments.
Oh! que de soirs d'hiver radieux et charmants
Passés à raisonner langue, histoire et grammaire,
Mes quatre enfants groupés sur mes genoux, leur mère
Tout près, quelques amis causant au coin du feu !
J'appelais cette vie être content de peu !
Et dire qu'elle est morte! Hélas! que Dieu m'assiste !
Je n'étais jamais gai quand je la sentais triste ;
J'étais morne au milieu du bal le plus joyeux
Si j'avais, en partant, vu quelque ombre en ses yeux. 

Choix des poèmes par Hélène Bleskine :

S’arrimer à la poésie de Victor Hugo, comme on s’arrime à une voile par grand vent. Le souffle est fort, il se prolonge, il invente une grande traversée, océan en mouvement grâce à sa plume alerte, l’histoire, les états d’âme, le 19ème siècle, quel bonheur d’être soi-même un peu encore romantique. Retrouver des poèmes appris à l’école, en découvrir d’autres, force et légèreté de la vague, précision incroyable de celui qui tient la barre. Ou bien, une autre métaphore, gravir la montagne Victor Hugo, passer par les sentiers entre les rochers, s’abriter sous les sapins, trouver des clairières, avancer vers les sommets. Il nous réconcilie avec nous-mêmes parce qu’il semble que rien ne lui fait peur. Merci cher Victor Hugo.  
Hélène Bleskine

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