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Illustration du poème La Tortue et les Deux Canards, de Jean de La Fontaine, par Grandville vers 1838

"La Tortue et les Deux Canards" , dans Les Fables de la Fontaine, par Catherine Jacob

2 min
À retrouver dans l'émission

Jean de La Fontaine met en scène dans "La Tortue et les Deux Canards", le voyage insolite d'une tortue naïve et avide de découvrir le monde. Le fabuliste y dénonce alors l'imprudence et l'excès de vanité.

Illustration du poème La Tortue et les Deux Canards, de Jean de La Fontaine, par Grandville vers 1838
Illustration du poème La Tortue et les Deux Canards, de Jean de La Fontaine, par Grandville vers 1838 Crédits : Domaine public

Poème : "La Tortue et les Deux Canards", extrait des Fables, de Jean de la Fontaine (1678)

Lecture : Catherine Jacob

Une Tortue était, à la tête légère,
Qui, lasse de son trou, voulut voir le pays,
Volontiers on fait cas d'une terre étrangère :
Volontiers gens boiteux haïssent le logis.
Deux Canards à qui la commère Communiqua ce beau dessein,
Lui dirent qu'ils avaient de quoi la satisfaire :
Voyez-vous ce large chemin ?
Nous vous voiturerons, par l'air, en Amérique,
Vous verrez mainte République,
Maint Royaume, maint peuple, et vous profiterez
Des différentes mœurs que vous remarquerez.
Ulysse en fit autant.
On ne s'attendait guère De voir Ulysse en cette affaire.
La Tortue écouta la proposition.
Marché fait, les oiseaux forgent une machine
Pour transporter la pèlerine.
Dans la gueule en travers on lui passe un bâton.
Serrez bien, dirent-ils ; gardez de lâcher prise.
Puis chaque Canard prend ce bâton par un bout.
La Tortue enlevée on s'étonne partout
De voir aller en cette guise L'animal lent et sa maison,
Justement au milieu de l'un et l'autre Oison.
Miracle, criait-on. Venez voir dans les nues
Passer la Reine des Tortues.
- La Reine. Vraiment oui. Je la suis en effet ;
Ne vous en moquez point. Elle eût beaucoup mieux fait
De passer son chemin sans dire aucune chose ;
Car lâchant le bâton en desserrant les dents,
Elle tombe, elle crève aux pieds des regardants.
Son indiscrétion de sa perte fut cause.
Imprudence, babil, et sotte vanité, Et vaine curiosité,
Ont ensemble étroit parentage.
Ce sont enfants tous d'un lignage.  

Bibliographie

Couverture du livre

FablesJean de La FontaineLivre de poche, 1989

Intervenants
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