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Printemps des Poètes: Georges Guillain

4 min
À retrouver dans l'émission

Aujourd'hui, Maelys Ricordeau dit deux poèmes de Georges Guillain extraits de "Avec la terre, au bout"

Georges Guillain  est professeur de lettres au Lycée Branly de Boulogne-sur-Mer. Il anime également les actions de promotion de la poésie contemporaine au sein de la commission Ecriture(s) du Rectorat de Lille. Il collabore avec la Quinzaine Littéraire et est à l'initiative du Prix des Décrouvreurs, créé en 1997, prix de lecture de poésie à destination des lycéens. Il participe à diverses lectures publiques et interventions en milieu scolaire. Détaché par le rectorat de Lille auprès de la Villa Mont-Noir (Résidence européenne d'écrivains), il organise et anime les Lectures-Rencontres des Pipots avec des écrivains contemporains.

Dernier ouvrage paru : Avec la terre, au bout (Atelier La Feugraie, 2011)

Aujourd'hui, Maelys Ricordeau  dit deux poèmes de Georges Guillain extraits de Avec la terre, au bout  :

I ENFANTS DANS LA CAMPAGNE

Campagne on fait courir dedans les noces et la ducasse –

Honneur encore au vin ! les enfants des écoles

ont tous bien travaillé - merci beaucoup monsieur le maire

pour le beau dictionnaire - il pleut - le temps vient

de la réprimande quand les enfants moqueurs jouent

à lancer des cailloux dans les trous béants de l’averse

où s’engouffre à nouveau la course d’un chien braque

après l’herbe qui sèche – et c’est ainsi

qu’elles comprennent la morale les bêtes !

à Pascal et Zoé Commère

Campagne est le fond lent de la tristesse un vrac aussi

de fleurs roses fuchsias - par un gros jaune émoustillé

l’employé passe étudie la poussée blanche du trèfle

dans les herbes prépare ses combats mécaniques

tandis que sous ses pas craquent les trémières

on remise le temps le temps qu’un chien perdu flaire

un vélo d’enfant oublié là pour d’autres jeux

et l’après-midi passe entre les branches chromées

un bout de ciel jauni poissé d’un peu de pluie voyage

Reste après dans le noir de l’été vieux chat maigre

flanqué hors - journée comme une canne

qu’on ébarbe et couleurs décampant à toutes pattes

vers d’autres feux des pailles étables bien garnies

du souvenir des bêtes élevées là - s’indignent alors

dans les cours les coqs mais quoi !

Le ciel sert de cage aux oiseaux s’enroue tombe sur

nous surprend - la pluie cajole au reste

II ENFANT QU’ON A ÉTÉ

Car

on t’attend quelque part

dans l’enfoui

comme autrefois

tu te souviens

de cette vie profonde sous la pile des linges

que tout était par devant

bien plié le journal sur la table

puis la table dans le jardin

avec du ciel

mais dans un fouillis débonnaire

d’odeurs et de regards

et de sœurs probes qui caressent

aujourd’hui tous ces vivants

jamais rejoints

sont-ils toujours de ta famille

pris ici dans les mots

n’ayant que ce lieu

pour rester

Rester

serait-ce donc assez pour eux

de feux

de nœuds

puis d’attirances

d’exacte séduction

ces cœurs d’autrefois qui débordaient d’attentes

le cœur est une roue tournant trop vite sur la route

la vie après qu’il est passé

la vie

n’a plus assez

de vie

De reste

il y a toujours eu

et pour chacun

ce manque

et notre petitesse

et toi

mettant partout les mains

puis appuyant des pouces

entrant le monde en toi

pour le laisser grandir

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