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Peter Brook aux Bouffes du Nord le 31 août 2015.

Peter Brook : "J'ai toujours cherché à ne pas avoir un style, ne pas avoir la moindre conscience de moi-même et de ma propre écriture"

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À retrouver dans l'émission

Peter Brook est l'invité de Michel Ciment en 2012 pour la sortie de son film datant de 1968 "Tell me lies" sur la guerre du Vietnam. Il aborde aussi sa création théâtrale autour de Shakespeare et compare les deux activités théâtre et cinéma.

Peter Brook aux Bouffes du Nord le 31 août 2015.
Peter Brook aux Bouffes du Nord le 31 août 2015. Crédits : Bertrand Guay - AFP

Dans ce "Projection privée" de 2012, Peter Brook revient sur son film "Tell me lies" tourné en 1968 et qui dénonçait la guerre du Vietnam sans être pour autant un film militant. Peter Brook explique qu'il tenait à suivre la méthode de Shakespeare qui est de présenter "toutes les contradictions" de "manière vivante".

Le metteur en scène évoque son attrait pour l'époque élisabéthaine qu'il compare avec l'Amérique et New-York d'il y a 30 ans pour "cette énergie, cette liberté". "Toutes les formes étaient là. C'était au-delà de ce qui s'est passé en 68. Tout était à renouveler [...] à part le culte du cow-boy, il n'y avait aucune tradition, rien qu'il fallait respecter."

A l'époque élisabéthaine, ça sortait du Moyen-âge. Il y avait toute cette énergie d'une population qui vivait, s'amusait, s'exerçait et cherchait mais sans qu'il n'y ait aucune forme. Hélas, c'est le contraire de ce qui s'est passé un peu plus tard en France avec la cour, Versailles.

Le théâtre élisabéthain était comme une place publique circulaire avec une foule la plus diverse installée sur différents étages. Les pièces de Shakespeare étaient comprises de tout le monde grâce à la langue utilisée : "Il faisait un pot-pourri de tout. Dans ses pièces il n'y a jamais une règle, il n'y a pas un Aristote derrière."

Shakespeare dans toutes ses pièces passe en un clin d’œil d'une vulgarité que personne ne peut penser que notre grand poète national aujourd'hui puisse se permettre une telle chose et une seconde après, quand on sent la joie de la foule autour de la scène qui reçoit une chose si naturelle et si humaine, subitement, il y a une phrase qui touche au plus haut niveau de la métaphysique. Ça fait partie du même monde.

Peter Brook livre aussi son regard sur le public au théâtre. "C'est mon semblable, mon frère" et il ajoute : "On cherche à comprendre une histoire ensemble."

Bibliographie

Tell Me Lies

Tell Me LiesCapricci, 2012

Intervenants
  • Délégué général du Festival de Cannes, directeur de l'Institut Lumière de Lyon
  • metteur en scène et réalisateur
L'équipe
Production
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