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Raymond Depardon au 70ème Festival du film de Cannes, le 25 mai 2017.

Raymond Depardon : "Comme cinéaste, la photographie m'a influencé"

1h
À retrouver dans l'émission

Raymond Depardon est l'invité de "Projection privée" pour revenir sur l’ensemble de sa carrière à l'occasion de son exposition photographique "Raymond Depardon : Un moment si doux" au Grand Palais.

Raymond Depardon au 70ème Festival du film de Cannes, le 25 mai 2017.
Raymond Depardon au 70ème Festival du film de Cannes, le 25 mai 2017. Crédits : Loïc Venance - AFP

Le photographe et cinéaste Raymond Depardon retrace sa carrière de photographe. "Je passe d'un format à un autre en photo, ça ne me gêne pas, contrairement à mes amis photographes à Magnum qui restent toute leur vie au fameux Leica."

J’aime bien photographier les paysans. Je ne sais pas pourquoi, je m'approche d'eux d'une manière assez franche. Je n'ai pas du tout l'attitude du photographe un peu élitiste français qui fait une photo en douce avec l'instantané décisif. Je m'approche d'eux, même quand je ne parle pas la langue, je leur dis : "Bonjour, je suis l'un des vôtres. Est-ce-que je peux vous photographier? Je fais vite mes photos."

Il compare la prise de photos avec un combat de boxe où il faut être bien placé. "Au fond, on cherche quelque chose de complètement arbitraire, qui est cette bonne place. Il y a la bonne distance, le bon objectif et la bonne lumière aussi."

Le fait que j'ai été très jeune envoyé dans le désert [à 18 ans il a réalisé son premier reportage dans le Sahara], fait que j'aime bien les choses assez épurées. Contrairement aux amis photographes de ma génération, je n'essaye pas trop de compliquer les plans ou les photos. Quand j'ai une ou deux personnes devant moi, ça me suffit. J'aime être assez simple, on dit même trop simple peut-être... Et puis j'aime bien aussi que la parole se dégage de l'écoute.

Attiré par la ruralité, il réfléchit à notre rapport au territoire qu'il juge "complexé et compliqué" en France, contrairement en Amérique où ce rapport y est plus simple. Il dit devoir beaucoup aux photographes américains, même s'il a "l'impression d'être un photographe vraiment français".

La nostalgie m'aide, est un stimulant pour moi. J'ai encore une dizaine d'années à faire des photos, alors l'enfance revient très fort, on le sait bien. Je ne crois que je sois que nostalgique, je suis aussi très tourné vers quelque chose de moderne, de contemporain, de présent. Mais la nostalgie, il ne faut pas non plus la prendre comme un ennemi, c'est  quelque chose au contraire de favorable. J'ai besoin d'énergie et je la prend où je peux et la nostalgie en fait partie. Mais je la photographie aujourd'hui d'une manière contemporaine.

Dans ses nombreux voyages en Afrique ou en Amérique du Sud, Raymond Depardon a le souci "de rester fidèle", il fait attention "à ne pas [se] laisser emporter par le côté voyeur du photographe et de rester un peu à distance". Il cherche à "photographier tout le monde de la même manière".

On me reprochait d'être loin, de faire des photos avec du retrait, en recul alors que les photographes me disaient : "Mais il faut t'approcher Raymond !" Moi, j'étais timide un peu. Par exemple, dans les rues de New-York, j'étais un peu plus loin que tout le monde et au fond quand je les regarde avec le temps, je suis content d'avoir été loin. On est toujours trop près un peu des choses, il faut faire attention, avec le temps.

Indexation web : Documentation sonore de Radio France

Intervenants
  • Cinéaste et photographe
  • Journaliste, critique, enseignant de cinéma (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
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