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Romy Schneider en 1968

Romy Schneider, belle, vivante, contemporaine

1h01
À retrouver dans l'émission

De Sissi aux héroïnes de Sautet, tour à tour pudique et provocante, libre et asservie, déchirée entre son pays d’origine et son pays d’adoption, Romy Schneider incarne, derrière son sourire lumineux, une fragilité qui nous émeut encore.

Romy Schneider en 1968
Romy Schneider en 1968 Crédits : ullstein bild - Getty

Pour évoquer la très riche carrière de Romy Schneider (1938-1982), Michel Ciment reçoit le journaliste Jean-Pierre Lavoignat (Romy, 2012), l'écrivain Henry-Jean Servat (Romy la légende, 2011), et Bernard Pascuito, auteur de la biographie La double mort de Romy (2002).

Le mythe Schneider

Romy Schneider a toujours fasciné son public. Pour Henry-Jean Servat, ce phénomène s'explique par la capacité de l'actrice à se réinventer en permanence, en remettant toujours en cause les clichés qui lui étaient accolés. De poupée désincarnée à l'époque de Sissi, elle devient ainsi créature de chair d'une grande sensualité avec La Piscine, pour finalement montrer qu'elle est aussi une tête pensante, à travers les films de Claude Sautet. 

Selon Jean-Pierre Lavoignat, le public a aussi été particulièrement captivé par l'étroite imbrication entre sa vie et les rôles qu'elle a joués, qui reflètent les drames qu'elle a pu éprouver (notamment à la fin de sa vie, marquée par le suicide de son ex-mari Harry Meyen en 1979, et par la mort accidentelle de son fils en 1981). Il estime que le cinéma est donc pour elle moins un exutoire qu'une source supplémentaire de malheurs :

C'est comme si le succès et la reconnaissance, au lieu de la guérir de l'angoisse, nourrissaient cette dernière.

Il est vrai que Romy Schneider a eu une vie tourmentée, notamment contrariée dans ses rapports aux hommes. Et que c'est souvent l'image qui ressort d'elle à l'écran - sauf peut-être dans les films de Sautet, qui la présentent souvent comme une femme sereine, heureuse, tranquille.

Le génie d'une comédienne effrontée

Malgré l'aura dont elle jouit encore aujourd'hui, près de 40 ans après sa mort, Romy Schneider a connu des débuts difficiles. Elle vient d'un milieu d'artistes, ses deux parents étant comédiens, mais son enfance n'est pas toute rose, entre un père très absent et une mère très jalouse. Puis, son arrivée en France est une nouvelle épreuve désagréable : les Français lui reprochent d'être une "boche", et les Allemands d'avoir émigré. Ce qui explique d'ailleurs probablement l'importance pour elle des films sur la guerre : 

C'est presque une manière pour elle d'expier le passé de son pays, le passé de ses parents, et de participer à la construction européenne.

Mais Romy ne se laisse pas démonter. Et son chemin finit par croiser celui de Luchino Visconti (pour Boccace 70) : une rencontre déterminante pour sa carrière. C'est lui qui lui donne sa légitimité d'actrice, y compris à ses propres yeux. Elle a d'ailleurs toujours répété que c'était le premier réalisateur à lui avoir fait confiance. 

Dès lors, Romy gagne en assurance, et aime prendre des risques. Elle veut se confronter aux plus grands metteurs en scène : après Visconti, ce sera Cavalier, Welles, Preminger... Elle aime qu'on la dirige, qu'on la pousse au-delà de ses limites.

Mais Romy Schneider, c'est surtout un talent spontané (elle n'a jamais suivi de cours dramatiques). Elle fait preuve d'une aisance et d'une capacité d'adaptation qui forcent l'admiration. Alain Cavalier raconte ainsi la transformation radicale qu'il a vu s'opérer sous ses yeux sur le tournage du Combat dans l'île, Romy passant de petite comédienne allemande à grande actrice de tragédie française en l'espace de seulement quelques jours.

C'est cette grâce naturelle, cette volonté d'acier et cette résistance à toute épreuve qui font le génie de celle qui recevra deux fois le César de la meilleure actrice.

Illustrations sonores :

1) Extrait du film Le combat dans l'île d'Alain Cavalier (1961), avec Romy Schneider et Jean-Louis Trintignant.

2) "La chanson d'Hélène" interprétée par Romy Schneider. Extraite de la bande originale du film Les choses de la vie de Claude Sautet (1970), avec Romy Schneider et Michel Piccoli. Musique de Philippe Sarde.

3) Extrait du film Une histoire simple de Claude Sautet (1978), avec Romy Schneider, Bruno Cremer et Claude Brasseur.

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