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Au 16 juin, en France, le nombre de clusters s'élève à 239, dont 20 dans les régions et départements d'outre mer.

Covid, la France, l'Europe et le Monde

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Nicolas Martin fait un point global sur les reculs et les avancées de l'épidémie.

Au 16 juin, en France, le nombre de clusters s'élève à 239, dont 20 dans les régions et départements d'outre mer.
Au 16 juin, en France, le nombre de clusters s'élève à 239, dont 20 dans les régions et départements d'outre mer. Crédits : Stephane Cardinale - Corbis - Getty

Commençons donc par la France, où l'on entend des cries d'orfraie depuis dimanche dernier à cause de ces satanés jeunes qui sont allés faire la fête de la musique sans masque, limite à se rouler des galoches à tour de bras tellement ils n'auraient pas respecté les gestes barrières. Que faut-il en penser ? Faut-il leur tomber dessus à bras raccourcis comme le font un certains nombre de médias depuis dimanche ?

Pour le savoir, il faut faire un point sur la situation exacte de l'épidémie dans le pays. Au 16 juin, le nombre de clusters s'élève à 239, dont 20 dans les régions et départements d'outre mer. Le nombre hebdomadaire de nouveaux clusters est en légère augmentation, de 37, par rapport à 29 la semaine précédente. Je vous rappelle qu'un cluster, c'est la survenue d'au moins trois cas confirmés ou probables sur une période de 7 jours dans une même communauté ou parmi des personnes ayant participé au même rassemblement.

Pour autant, l'épidémie est toujours en régression. Le taux de reproduction effectif, le R(e) est estimé à 0,93 pour l'ensemble du territoire métropolitain. Trois régions sont repassées au dessus de 1 : Auvergne Rhône Alpes, Normandie et Occitanie. Le R(e) est également supérieur à 1 en Martinique et en Guyane, où il est très haut, à 2,59.

De facto, il n'y a que la Guyane et Mayotte où le virus est encore en circulation à un niveau élevé. En Métropole, les clusters dont je vous parle ne se transforment pas en foyers épidémiques, et les territoires restent donc sous contrôle.

Selon l'épidémiologiste Antoine Flahault que nous avons contacté, il y a sans aucun doute une variable saisonnière qui joue à plein. Il faut parler de « frein » saisonnier parce qu'il n'explique pas à lui seul la diminution des contaminations mais s'il suffit, comme pour la grippe par exemple, à réduire de 40% le taux de reproduction, à ce bas niveau de diffusion du virus, généré, rappelons-le, par le coup d'arrêt qu'ont permis les mesures de confinement alors, avec un contrôle strict de l'apparition des nouveaux clusters, et un maintien des mesures de contrôle, de port du masque dans les lieux clos, et de distanciation physique minimum, ce « frein » estival pourrait permettre à l'épidémie de ne pas repartir pour l'instant.

Selon Antoine Flahault, donc, s'il est possible que les écarts commis à la fête de la musique conduisent à une légère hausse du nombre d'infections dans les jours prochains, il est pour autant peu probable qu'ils soient suffisants pour faire repartir le nombre de contaminations suffisamment à la hausse pour provoquer une éventuelle « deuxième vague ».

Qu'en est-il du reste de l'Europe et du monde ?

Alors je vais essayer d'être bref, parce que ça fait du territoire à parcourir. En Europe, il n'y a que la Pologne et la Suède qui, pour des raisons différentes, ne connaissent pas pour l'heure de décrue franche, mais sont sur des « plateaux ».

En Suède, la stratégie de confiance dans le respect des mesures de distanciation des habitants n'a pas été suivie par l'immunisation de groupe que les autorités sanitaires attendaient. Si cette stratégie n'a pas été un « échec » au sens où les hôpitaux ne se sont pas retrouvés engorgés, en revanche, l'immunité n'a pas été acquise à la hauteur de ce qu'espéraient les autorités sanitaires, et notamment à Stockholm avec une moyenne d'à peine un peu plus de 6% de personnes immunisées sur l'ensemble du pays.

En Pologne, ce sont d'autres conditions, et notamment les travailleurs des mines de charbon qui constituent d'importants foyers et puis il y a  la question de l'Allemagne, avec ce très important foyer de plus de 1500 contamination dans le plus grand abattoir d'Europe, en Rhénanie Westphalie qui a fait bondir le taux de reproduction effectif à 2,88 dimanche ce qui est, évidemment, un taux épidémique très haut par rapport au reste de l'Europe.

Le gouvernement allemand a pris des mesures de reconfinement rapide, de 600 000 personnes dans 2 cantons ainsi que des mesures de tests massives mais si l'on observe les courbes de contamination à l'échelle du pays, quand bien même ce cluster est évidemment préoccupant, on est vraiment très, très loin d'une deuxième vague tant que la situation reste sous contrôle. Rappelons, pour mémoire, qu'au plus fort des contaminations, fin mars, l'Allemagne recensait 7000 nouveaux cas par jour. Pour l'heure donc, selon Antoine Flahault, on est plus proche du « cordon sanitaire » que du redémarrage.

Au niveau du reste du monde, à l'inverse, la pandémie en effet s'accélère. Pour vous donner une idée, il a fallu plus de trois mois pour que le premier million de cas soit signalé, le dernier million a été signalé en seulement huit jours. Si la situation est particulièrement complexe en Amérique du Sud qui vient de passer en saison hivernale, elle est plus préoccupante aux Etats-Unis qui constitue un cas particulier, extrêmement déterminé par les choix politiques de certains États qui ont soit refusé le confinement, soit cédé trop tôt à la levée des mesures sanitaires.

Quoi qu'il en soit, pour vos vacances d'été, si vous avez la chance de partir, un conseil important : allez jeter un œil sur le site du ministère des Affaires étrangères, diplomatie.gouv.fr qui fait une mise à jour régulière de l'évolution de l'épidémie dans les différents pays du monde. 

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