LE DIRECT
Marceline Loridan-Ivens le 15 janvier 2015 à Paris.

Marceline Loridan-Ivens : " C'est un immense bonheur de savoir à quel point on peut-être malheureux"

52 min
À retrouver dans l'émission

Alain Finkielkraut reçoit Marceline Loridan-Ivens à l'occasion de la sortie de son dernier livre "Et tu n'es pas revenu" écrit à son père mort en déportation.

Marceline Loridan-Ivens le 15 janvier 2015 à Paris.
Marceline Loridan-Ivens le 15 janvier 2015 à Paris. Crédits : Dominique Faget - AFP

Marceline Loridan-Ivens est l'invitée de "Répliques". Elle raconte son arrivée au camp de concentration depuis Drancy à l'âge de 15 ans.

Dans un silence mortel, nous étions 1500 personnes à peu près, femmes, enfants, vieillards et même les enfants d'Izieu étaient dans le convoi. Et au bout d'une soixantaine d'heures de voyage, je ne sais plus exactement, nous sommes arrivés dans un lieu extrêmement silencieux. On ne voyait rien, c'était la nuit. [...] et tout à coup, brutalement, des cris ont commencé de l'extérieur, des ouvertures de portes, des aboiements de chiens, des cris allemands très violents. Les portes se sont ouvertes, on était effectivement dans une espèce de terrain vague incompréhensible mais où les rails arrivaient.

Elle parle de son "innocence", de sa "naïveté" devant la tragédie qui se passait sous ses yeux de jeune fille : "Tout était fait pour nous désorienter."

On nous faisait ouvrir la bouche, on nous regardait de près, on nous examinait. J'ai été examinée trois fois de suite, on m'a ouvert la bouche et j'ai cru que c'était parce que j'avais dit que j'avais 18 ans et que je n'avais pas de dents de sagesse... C'est ridicule, c'est stupide... On est tellement bête et innocent.

Elle se souvient du choc qu'a été son tatouage.

Nous sommes arrivés, nous avons tout de suite été mis en rang, tatoués... Ce qui était incroyable, inimaginable d'être tatoué. J'ai toujours mon tatouage d'ailleurs , je le garderai jusqu'à ma mort bien sûr. Peut-être je l'inscrirais sur ma tombe, peut-être...

Elle décrit l'extrême violence des déportées plus anciennes qu'elle : "Surtout cette violence, cette dureté inimaginable tant des déportées plus anciennes que nous, que des SS, exactement la même violence."

Marceline Loridan-Ivens revient sur son parcours traversé par le combat pour Israël, le Parti Communiste puis le maoïsme. Elle raconte que le 11 septembre 2001 a été "déterminant" pour elle : "J'ai compris que j'avais été sous influence par les intellectuels français. [...] j'ai commencé à regarder le monde d'une autre manière, à remonter dans l'histoire du monde d'une autre façon et à commencer à autonomiser ma propre pensée."

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......