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 Emmanuel Macron avec un masque de protection lors de sa visite de l'usine Valéo à Etaples le 26 mai 2020.

Penser ce qui nous arrive avec Jacques Julliard : "Je souhaite un sursaut patriotique au lendemain de cette crise"

52 min
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Entretien avec Jacques Julliard, journaliste, essayiste qui livre son analyse sur l'épidémie du coronavirus en France et le mécontentement des Français à l'égard du pouvoir politique. Il s'interroge également sur la place que l'on laisse à la mort dans nos sociétés.

 Emmanuel Macron avec un masque de protection lors de sa visite de l'usine Valéo à Etaples le 26 mai 2020.
Emmanuel Macron avec un masque de protection lors de sa visite de l'usine Valéo à Etaples le 26 mai 2020. Crédits : Ludovic Marin/Pool - AFP

Une pandémie a figé la planète entière et nous avons vécu un événement aussi extra-ordinaire qu'inédit. Il faut, maintenant, essayer de le comprendre.

Jacques Julliard s'interroge sur la méfiance des Français à l'égard de la classe politique dans sa réaction face à l'épidémie du coronavirus : "Les dissensions, les défiances sont à leur maximum quand le danger est le plus grand. C'est une chose qui est inscrite dans le tempérament national."

La difficulté en pareil cas c'est d'être à la fois l'élu du suffrage universel et le père de la nation : ce sont deux choses peut-être compatibles mais difficiles. [...] Il y a eu une indécision soulignée par un ton un peu bravache qui n'était pas tout à fait de circonstance.

Sans chercher à tout ramener à la psychologie des peuples, "il est certain qu'il y a des traditions nationales et que la démocratie française est fondée sur le conflit alors que la démocratie américaine est fondée sur le consensus.

L'événement était tellement inattendu, il nous a fondu dessus comme un voleur, on pouvait espérer que le caractère exceptionnel de cette situation aboutisse à des comportements politiques exceptionnels. Il n'en est rien. La classe politique française est une classe qui est terriblement fermée sur elle-même et tout fait incapable de se remettre en question. C'est cela le plus grave.

Il explique avoir espéré "une union sacrée des Français", il aurait fallu "cette concorde, cette alliance de cœur" mais il lui faut bien constater que cette réflexion ensemble a manqué. "Je suis déçu et un petit peu inquiet pour l'avenir", confie-t-il. Il s'inquiète aussi de constater que "peut-être pour la première fois depuis très longtemps, les Français se sont rendus compte que la France était déclassée". Il craint alors un "découragement" des français et une "tentation de la violence". Il réclame un sursaut patriotique de la part des dirigeants qui devraient lutter contre le déclinisme de la France.

Pour conclure, Jacques Julliard s'exprime sur la mort au temps du coronavirus et l'impossibilité de faire son deuil. Il insiste sur l'importance de la mémoire des morts pour une société. Ne pas comptabiliser les morts en Ehpad a été d'une grande violence pour lui. "La mort est devenue un événement obscène, inavouable, qu'il faut cacher", s'insurge-t-il.

Je regardais la télévision presque tous les soirs, le grand homme n'a pas été Macron, ça n'a pas été Mélenchon, ça n'a même pas été le professeur Raoult... ça a été Louis de Funès.

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