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La maison de tante Léonie a permis à Illiers de devenir « Combray ». Rendue immortelle par sa célèbre madeleine, elle est connue dans le monde entier pour son jardin fleuri, les chambre

La mort de la grand-mère dans la recherche du temps perdu

51 min
À retrouver dans l'émission

La littérature aide-t-elle à vivre et à revivre ?

La maison de tante Léonie a permis à Illiers de devenir « Combray ». Rendue immortelle par sa célèbre madeleine, elle est connue dans le monde entier pour son jardin fleuri, les chambre
La maison de tante Léonie a permis à Illiers de devenir « Combray ». Rendue immortelle par sa célèbre madeleine, elle est connue dans le monde entier pour son jardin fleuri, les chambre Crédits : Bernard Annebicque - Getty

Le 7 janvier 2015 à 11h25, deux hommes encagoulés ont fait irruption dans les locaux de Charlie Hebdo et la vie de Philippe Lançon a basculé. Dans _le Lambeau ,   _le livre sur sa terrible blessure et sa lente reconstruction, Lançon, parlant de la vie à l’hôpital, écrit : " Quand les portes des chambres s'ouvraient, pendant que je faisais mes premières longueurs dans le couloir, j'avais découvert sans surprise que la plupart des patients cloués dans leur lit et aussi moribonds soient ils, regardaient la télé, le son poussé à fond, comme pour réveiller un sourd, sinon le mort  qu'ils risquaient d'être à brève échéance, et particulièrement la dernière et la plus efficace des machines à décerveler par l'actualité : BFM."      

Le blessé de guerre en temps de paix qu'est Lançon refuse de juger les autres malades. Il les comprend.  Mais pour pour ne pas ajouter aux images qui l'occupaient, ce tableau collectif de l'enfer, les informations et divertissements en boucle, il prend ne décision radicale : dans sa chambre, ni TV ni radio. A la place la musique c'est à dire Bach, et les livres. Dans les livres A la recherche du temps perdu et dans le Recherche : un épisode qu'il lit et relit à chaque fois qu'il doit descendre au bloc pour refaire son visage dévasté, la mort de la grand mère rencontrée dans le Côté de Guermantes. C'est de ce passage bouleversant que nous allons parler et une question me brûle Philippe Lançon : " Comment se fait-il que vous ayez choisi cette agonie, décrite avec un réalisme effrayant, pour accompagner vos tribulations chirurgicales ? Cela vous préparait-il au pire ? Etait ce un moyen de résister à la complaisance, de ne pas pleurer sur vous-même ou trouviez vous une sorte de réconfort dans ce moment si rare de tendresse proustienne ?

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