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Prêtre tenant un chapelet

Le catholicisme a-t-il encore un avenir en France ?

50 min
À retrouver dans l'émission

Quand un tiers des enfants seulement sont désormais baptisés en France, et que le taux de pratique dominicale avoisine les 2%, le catholicisme d'aujourd'hui n’est décidément plus ce qu’il était hier. Avec Guillaume Cuchet et Rémi Brague

Prêtre tenant un chapelet
Prêtre tenant un chapelet Crédits : Image Source - Getty

Alain Finkielkraut s'entretient avec le philosophe et historien de la philosophie, Rémi Brague, et Guillaume Cuchet, professeur d’histoire contemporaine et auteur de l'essai Le catholicisme a-t-il encore de l’avenir en France ? 

"La France s’est longtemps définie comme la fille aînée de l’Église. Dans la République laïque, le catholicisme est resté majoritaire jusqu’à la fin des années 50. Conjointement une foi mais aussi une pratique, le catholicisme portait notamment la sanctification des fêtes, la messe dominicale, la confession annuelle et le respect des règles de jeûne. En quelques décennies, la pratique s’est si spectaculairement évaporée que l’historien Guillaume Cuchet a choisi pour sujet et pour titre de son dernier ouvrage : « Le catholicisme a-t-il encore de l’avenir en France ». L’hypothèse de sa disparition n’est donc plus aberrante mais plausible ; qu’est-il arrivé pour qu’une telle question se pose aujourd’hui ?" (Alain Finkielkraut)

Guillaume Cuchet

L’Église catholique n’arrive pas à bloquer ce décrochage spectaculaire depuis les années 60 qui aboutit à une " troisième génération de décrocheurs ". Le concile Vatican II (1962-1965) de modernisation du catholicisme déclencha une rupture spectaculaire car il coïncidait avec une révolution socio-culturelle. Involontairement, il créa un vent extrêmement puissant, de sorte que tout le monde a perdu le contrôle. 

Le système d’espérance et de crainte théologique fixait l’angoisse de la mort et lui donnait un objet. Lorsque ce système s’effondre, l’angoisse de la mort diffuse. Mais si la crédibilité décroissante du catholicisme est l’une des explications au phénomène global, c’est une hypothèse qui me paraît flatteuse car elle repose principalement sur le fait que nous aurions encore des espérances fondées sur la raison. 

Rémi Brague

On peut ajouter à l’analyse que le monde catholique est de moins en moins français. Le centre de gravité de l’Église s’est déplacé. L’effondrement s’accompagne d’un naufrage de l’Europe, de l’Occident, aux dimensions plus vastes.

" L’humanitarisme c’est l’humanisme tarit ", disait René Girard. En effet, le contenu de ce qu’on y prêche est parfaitement respectable mais sa conception de l’homme est plate. Or, il existerait, semble-t-il, des dérives humanitaires dans le discours du pape François. Je pense qu’il faut se garder de cet écueil si on ne veut pas mettre en danger l’humain dans sa profondeur. 

Guillaume Cuchet

Autrefois, dans la religion il y avait " des spiritualités " régulées par le dogme tandis qu’aujourd’hui il y a une demande globale de spiritualité à l’intérieur de laquelle on veut bien admettre la survie des religions.

" Quelle identité pour le catholicisme français ? "

Dans les années 2000-2010, il y a eu probablement un croisement caché des courbes de ferveur entre le catholicisme et l’islam. Cet événement majeur dans un pays de culture chrétienne comme la France va-t-il susciter une réaction identitaire chrétienne ou la réaction sera laïque ou laïcarde ? On assiste plutôt au second phénomène. Le binôme identité-foi me semble réduit en France.

Quand on devient une minorité, si on veut perdurer, il est nécessaire de passer par un renforcement identitaire piloté et ouvert. 

Rémi Brague

On peut s’interroger sur l’identité chrétienne du catholicisme français à la lumière du phénomène des " christianistes " : les gens qui – sans croire au Christ – croient à la valeur civilisationnelle du christianisme.

" Le rapport de la Commission Sauvé, un coup de grâce ? "

Rémi Brague

Le rapport de la Commission Sauvé peut être considéré comme un " coup de la grâce ". J’aimerai que ce courage se déplace à d’autres institutions comme l’Éducation nationale. 

Guillaume Cuchet

Quand on compare le rapport Sauvé avec l’enquête en population générale,  on s’aperçoit que les abus sexuels sont très majoritairement de type  hétérosexuel alors que dans l’Église ces abus sont de type homosexuel.  Il y a une vraie spécificité ecclésiale dans l’abus sexuel. Y-a-t-il des  facteurs d’engendrement de ces abus au sein de l’Église ?

L'intégralité de l'émission est à écouter samedi 2 octobre, en cliquant ICI, et sur l'antenne de France-Culture, tous les samedis de 9:07 à 10:00, ou sur l'application radio-France.

Intervenants
  • Professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris-Est. Il travaille sur l’histoire et l’anthropologie religieuses des sociétés contemporaines
  • Professeur émérite de philosophie à Paris I et à l’université de Munich, membre de l'Institut
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