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Quel futur pour le football ?

Le football dans tous ses états

51 min
À retrouver dans l'émission

Une émission consacrée aux évolutions du football avec le journaliste Vincent Duluc et le comédien André Dussollier.

Quel futur pour le football ?
Quel futur pour le football ? Crédits : Henrik Sorensen - Getty

Alain Finkielkraut s'entretient avec Vincent Duluc, journaliste à L’Équipe et écrivain, et André Dussollier, comédien et à l’affiche de Tout s'est bien passé, un film de François Ozon, adapté du roman d’Emmanuèle Bernheim (Gallimard, 2013).

"En 1939, Albert Camus écrivait : "Vraiment, le peu de morale que je sais, je l’ai appris sur les terrains de football et les scènes de théâtre qui resteront mes vraies universités". Camus avait occupé le poste de gardien de but de l’équipe de l’université d’Alger et il parlait donc de la pratique de ce sport collectif et non du spectacle sportif. Mais le spectacle aussi pouvait être une école de morale. Le public massé dans les tribunes s’énervait, se désolait, s’enthousiasmait et apprenait à accepter la défaite : le fair-play était une qualité partagée par les joueurs et les supporters.  

Je me rappelle avec émotion les matches "Racing-Reims", les classicos des années 60 où mon père m’amenait et où les spectateurs du Parc des Princes applaudissaient les belles actions de l’équipe adverse. Chaque fois que j’évoque ce souvenir avec mon fils, il pousse un soupir, à la fois exaspéré et compatissant : "tu me l’as déjà dit cent fois Papa. Si tu savais comme tu me fatigues avec ton c’était mieux avant". Peut-être suis-je exagérément enclin à la nostalgie mais il me semble qu’une réflexion sur l’évolution du sport le plus populaire doit être impérativement menée car elle nous dit quelque chose du monde dans lequel nous vivons." (Alain Finkielkraut)

Vincent Duluc

Le transfert de Lionel Messi au Paris Saint-Germain (PSG) montre que nous sommes passés d’une richesse ancienne à une richesse moderne. Les actionnaires de certains clubs de football sont aujourd’hui des États avec des moyens supérieurs à des clubs historiques et endettés comme le FC Barcelone. Si on peut regretter ce changement, c’est une logique du marché.

"Depuis l’arrêt Bosman de 1996, il n’y a plus de limite à la richesse"

Le vrai problème dans le football, c’est que les joueurs moyens coûtent cher, pas les grands joueurs. Messi suscite de la richesse et ce sont les autres joueurs qui suscitent du déficit. Les présidents élus des clubs comme le Barça ont voulu empiler des stars au détriment de l’équilibre de l’équipe, dans une visée électoraliste.

André Dussollier

Il y a une inflation des salaires qui touche tous les joueurs. Aujourd’hui, les grands clubs semblent condamnés à n’avoir que des stars au détriment de leur formation.

Les joueurs sont devenus "hors-sols" - des "anywhere", selon la définition de David Goodhart - après l’arrêt Bosman, tandis que les supporters sont de plus en plus fanatiquement attachés à leur club et enracinés. (Alain Finkielkraut)

André Dussollier

La fidélité à un club s’épanouit davantage avec les supporters qu'avec les joueurs car le club passe après la carrière personnelle du joueur. Pourtant, il y a une contradiction rassurante : le foot reste un sport d’équipe ; l’équipe sera toujours supérieure au talent individuel de certains joueurs.

Vincent Duluc

J’ai l’impression qu’il y a une confusion entre la nostalgie de sa propre jeunesse et celle du jeu. Chaque époque a sa révolution du jeu, il y a toujours une recherche parallèle entre des entraîneurs pragmatiques et d’autres plus dogmatiques. Toutefois, la circulation des footballeurs et la médiatisation ont détruit les écoles de jeu car dès qu’une équipe développe une originalité, elle est copiée par les autres. On se dirige de plus en plus vers une uniformisation du jeu.

André Dussollier 

Le football, lorsqu’il passe la ligne médiane, ressemble de plus en plus au handball : l’équipe défend en zone et l’attaque peine à trouver des espaces. Toute la technique s’est déplacée vers l’arrière et à l’avant cela stagne. (...)

L'intégralité de l'émission est à écouter en cliquant ICI, et sur l'antenne de France-Culture, tous les samedis de 9:07 à 10:00, ou sur l'application radio-France.

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