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Edmond Maire, Georges Seguy, Georges Marchais, Henri Krasucki, François Mitterrand et Paul Laurent lors de la manifestation organisée par les partis de gauche dans le cadre de la grève générale contre la vie chère le 6 décembre 1973.

Les visages de la gauche

52 min
À retrouver dans l'émission

Les historiens Marcel Gauchet et Jacques Julliard débattent de la question de la gauche politique en France, son histoire, ses courants, ses sensibilités, son avenir.

Edmond Maire, Georges Seguy, Georges Marchais, Henri Krasucki, François Mitterrand et Paul Laurent lors de la manifestation organisée par les partis de gauche dans le cadre de la grève générale contre la vie chère le 6 décembre 1973.
Edmond Maire, Georges Seguy, Georges Marchais, Henri Krasucki, François Mitterrand et Paul Laurent lors de la manifestation organisée par les partis de gauche dans le cadre de la grève générale contre la vie chère le 6 décembre 1973. Crédits : Michel Laurent/Gamma Rapho - Getty

Débat sur les visages de la gauche avec Marcel Gauchet et Jacques Julliard, auteur de l'essai "Les gauches françaises : histoire, politique et imaginaire". Les deux invités commencent par expliquer en quoi ils se considèrent de gauche. L'idée de justice est associée à la gauche, comme l'égalité.

Je crois que je suis de gauche, avec beaucoup de simplicité. [...] je suis comme le culbuto, après avoir beaucoup hésité, penché à droite, parfois à l'extrême-gauche, je me retrouve quand même toujours de gauche. Jacques Julliard

Je me sens de gauche, c'est une identité, qui à la limite peut aller à l'encontre avec le jugement intellectuel. [...] L'actualité me fait devenir de plus en plus de gauche et je dirais même d'extrême gauche. Le spectacle du monde quotidiennement avec cette monstrueuse financiarisation, cette monstrueuse aberration de la mondialisation financière qui est devenue une machine à broyer les sociétés, quand je suis confronté à ces questions, je n'ai aucun doute sur le camp dans lequel je me situe. Marcel Gauchet

La gauche française est respectueuse de l'identité culturelle des autres pays, par contre elle l'est moins sur l'identité culturelle de la France. "Je vois beaucoup de mauvaise conscience de la part d'un certain nombre d'intellectuels de gauche à dire que seuls les pays émergents, les pays victimes ont droit à cette identité.", reconnaît Jacques Julliard.

L'identité c'est pour les autres mais ce n'est pas pour soi ! Il y a là une erreur de raisonnement. La gauche se trompe, elle n'a pas les idées claires. Les identités existent, à l'échelle individuelle, à l'échelle collective : le problème est ce qu'on en fait. Marcel Gauchet

Le débat continue et porte sur le slogan actuel de la gauche, du changement pour le changement. La nécessité de la conservation surtout par rapport à l'écologie.

Théoriquement, d'habitude, la gauche est le parti du mouvement, du changement et la droit est le parti de la conservation. Le fait que l'écologie ait chuté à gauche, si l'on peut dire, est un fait nouveau y compris pour l'ensemble de la gauche. Effectivement, la gauche est de moins en moins le parti du changement et de plus en plus celui de la nostalgie. Jacques Julliard

Les débatteurs abordent la question de l'égalité au sein du système éducatif, il faut une différence entre élève et professeur. "C'est un domaine où l'égalité n'a pas de sens", affirme Jacques Julliard

Sur la fin de l'émission, Jacques Julliard détaille sa typologie des quatre gauches qu'il a distinguées : la gauche libérale (de Benjamin Constant à Michel Rocard), la gauche jacobine, la gauche collectiviste puis la gauche libertaire qui n'est pas représentée au parlement (on la retrouve dans des moments historiques comme la Commune ou mai 68). Marcel Gauchet réagit à cette cartographie des familles de la gauche en faontion "d'invariants", qui n'est pas celle des partis. Les différents moments libertaires historiques. Les mélanges entres les différentes gauches.

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