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Contre l'avis de la Société des gens de lettrses, Régis Debray préfère Victor Hugo à Stendhal comme écrivain national.

Quel est notre écrivain national ?

51 min
À retrouver dans l'émission

A l'occasion de la parution de son livre "Du génie français", Régis Debray se demande quel écrivain incarne le mieux la France d'aujourd'hui.

Contre l'avis de la Société des gens de lettrses, Régis Debray préfère Victor Hugo à Stendhal comme écrivain national.
Contre l'avis de la Société des gens de lettrses, Régis Debray préfère Victor Hugo à Stendhal comme écrivain national. Crédits : Eric Fougere - Getty

Si l’on en croit Régis Debray, et comment ne pas croire sur parole l’auteur d’ouvrages aussi sérieux que Critique de la raison politique, le Cours de médiologie générale, ou Vie et mort de l’image, la Présidence de la République a en toute confidentialité demandé récemment à la société des gens de lettres d’organiser un scrutin parmi ses membres pour désigner notre écrivain national. 

C’est Stendhal qui est arrivé en tête. Loin devant Victor Hugo. Ce classement a poussé Régis Debray à prendre la plume pour en déchiffrer le sens. Pour dire qu’à l’encontre de ses éminents confrères, il choisissait, lui, l’auteur des Misérables. Et pour livrer les raisons de ses préférences.

Avant d’en venir à l’épineuse question du choix, je voudrais que nous nous arrêtions un moment sur le concept même d’écrivain national. Dans l’une de ses conversations avec Eckermann, Goethe tire de sa lecture d’un roman chinois la conclusion suivante : “Le mot de littérature nationale ne signifie pas grand chose aujourd’hui. Nous allons vers une époque de littérature universelle, Weltliteratur.” Cette époque n’est-elle pas advenue ? N’est-ce pas dans le grand contexte de la littérature mondiale que s’élabore et que doivent être jugées les oeuvres capitales, et non dans le petit contexte de la nation ? 

« Victor Hugo est précisément l’Homme qui sait unir le proche et le lointain. C’est à dire les tours de Notre-Dame et les égouts de Paris. C’est un homme qui va de haut en bas, de droite à gauche, qui embrasse très large, et qui ne noie pas ça dans une sorte de moralisme un peu cucul. C’est un homme intense, c’est un homme généreux. » Régis Debray

« Je crois que nous avons aujourd’hui besoin d’insérer l’amour que nous avons des nous-mêmes, l’amour que chacun a de soi, dans une sorte de solidarité, de fraternité. J’allais même dire de transcendance, qui est celle d’une cause, d’un but qui nous soit commun. Il y a peu de commun chez Stendhal. » Régis Debray

Rediffusion de l'émission du 21 septembre 2019

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