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François et Camille Combeau avec leurs enfants Félicie et Lucien hébergent à titre gratuit Mariama Bah, une réfugiée guinéenne depuis septembre 2020 dans les Yvelines

"La cohabitation solidaire" : nouveau maillon de la politique d'intégration ?

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À retrouver dans l'émission

Depuis 2018, une dizaine d’associations en France sont habilitées par l’État afin de développer des "cohabitations solidaires". En janvier 2021, 332 cohabitations étaient en place. Pour les réfugiés, ce petit maillon de la politique d’intégration est précieux au temps du Covid.

François et Camille Combeau avec leurs enfants Félicie et Lucien hébergent à titre gratuit Mariama Bah, une réfugiée guinéenne depuis septembre 2020 dans les Yvelines
François et Camille Combeau avec leurs enfants Félicie et Lucien hébergent à titre gratuit Mariama Bah, une réfugiée guinéenne depuis septembre 2020 dans les Yvelines Crédits : Anne Fauquembergue - Radio France

Selon la Dihal, la délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement, en janvier 2021, 322 cohabitations solidaires étaient en cours. Un chiffre en légère baisse par rapport aux mois précédents du fait de la crise sanitaire. Ce dispositif regroupe deux types d'accueil : des réfugiés hébergés chez des "citoyens" de la société civile et des réfugiés en colocation. Depuis 2019, plus de 1 000 personnes ont pu bénéficier de ce programme via une dizaine d'associations habilitées par l'Etat. 

L'exemple de Mariama Bah dans la famille Combeau dans les Yvelines 

Camille et François Combeau ont déménagé avec leurs deux enfants en 2019 à Maisons-Laffitte dans les Yvelines. Le couple a désormais plus d’espace et surtout une petite dépendance dans le jardin qui permet d’accueillir Mariama Bah, une réfugiée guinéenne, explique Camille Combeau :

Quand nous étions à Paris, la question ne se posait pas faute de place. L'idée a germé après notre déménagement pendant le confinement. Notre dépendance était libre. Nous avons d'abord pensé à la proposer à une femme battue mais cette idée présentait des risques. A l'exemple d'un couple d'amis, nous nous sommes mis en lien avec l'association "réfugiés bienvenue" qui nous a présenté Mariama. 

Mariama Bah est arrivée dans la famille en septembre dernier, elle pourra y rester un an maximum. L'association "Réfugiés Bienvenue" lui propose un accompagnement social et veille au au bon fonctionnement du dispositif pour les hôtes. 

Mariama Bah est logée dans une famille de Maison-Laffite depuis septembre 2021. Elle pourra y rester pour un an maximum.
Mariama Bah est logée dans une famille de Maison-Laffite depuis septembre 2021. Elle pourra y rester pour un an maximum. Crédits : Anne Fauquembergue - Radio France

La délégation interministérielle au logement reconnaît que cette modalité d'accueil est très positive pour les réfugiés. Elle faciliterait même les parcours d'intégration des réfugiés : "L'accueil chez des Français et Françaises constitue un véritable tremplin pour l'apprentissage linguistique, la compréhension de la société du pays d'accueil et son fonctionnement, notamment en matière d'emploi. En parallèle, cette expérience d'accueil permet à la société civile de connaître les personnes qui obtiennent l'asile, leur parcours et de déconstruire certains préjugés", peut-on lire dans une note de la Dihal transmise à France Culture à l'occasion de ce reportage.

Une absence de cadre légal qui n'empêche pas la bonne intelligence 

Le dispositif n’est pas rétribué. Actuellement, les familles concernées, souvent de milieux privilégiées, ne le demandent pas pour ne pas perdre de la qualité de la relation avec la ou le réfugié. En 2018, toutefois, le député ex LREM Aurélien Taché avait essayé d’introduire dans la loi un crédit d’impôt de 5 euros par nuitée pour encourager ce type d’hébergement face à l’encombrement des structures existantes. Le sujet reste d'actualité, estime Émilie Le Menn. Selon le fondateur de l’association "Réfugiés Bienvenue", en Allemagne, certaines municipalités financent des loyers aux citoyens qui offrent un toit aux réfugiés. 

Cette solution d'accueil n'a pas de cadre légal mais selon Camille et François Combeau, les choses se passent en bonne intelligence :

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43 sec
Camille et François Combeau : "On est en contact quand on veut avec une personne de l'association"

Dans le contexte de la peur de l’autre généré par le terrorisme, ce type d’hébergement est loin de faire consensus. Mais pour l’acteur historique de ce dispositif, le service jésuite des réfugiés, ses bons résultats peuvent servir d’aiguillon pour les citoyens et les politiques. Pour Guillaume Rossignol, le directeur adjoint de JRS France :

La politique d'intégration ne se décrète pas, c'est l'effort de tous. On ne va pas demander à tout le monde d'ouvrir sa porte mais chacun peut jouer un rôle. 

En 2020, l’État français a accordé un statut de protection à un peu plus de 24 100 personnes ; une baisse de 33% par rapport à 2019 du fait de la crise sanitaire. Une évaluation d’ampleur est en cours pour mesurer l’efficacité de la politique d’intégration à l’égard des réfugiés. Les premiers résultats seront dévoilés l’été prochain.

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