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Information et désinformation : les Russes à la manœuvre

2 min
À retrouver dans l'émission

La Russie est régulièrement accusée de manipuler les opinions à travers ses 'brigades de trolls'. Alors que les réseaux sociaux tentent de réagir au problème, la désinformation cherche de nouvelles cibles.

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. Crédits : CHRIS DELMAS - AFP

Aujourd’hui c’est la propagande pro russe qui nous intéresse.

Sur les réseaux sociaux, elle est parfois grossière. Et la mise en échec de vagues de désinformation donne lieu à des contre-campagnes de communication en grande pompe de la part des plateformes.

Début Août, Facebook annonçait avoir mis fin à une campagne de désinformation russe qui dénigrait les vaccins Pfizer-BioNTech et AstraZeneca. Une fausse agence de communication, prétendument située à Londres, contactait des influenceurs européens, dont des Français, pour critiquer ces vaccins contre rétribution. L’influenceur Léo Grasset racontait à cette occasion sur Twitter que l'adresse de l'agence londonienne qui l'avait contacté était bidon. Que c’était un centre laser esthétique et que tous les employés avaient des profils LinkedIn montrant qu’ils étaient passé par la Russie.

Désormais, les trolls russes s’introduisent là où les contrôles sont encore plus faibles : sur les sites des journaux, dans les commentaires des articles.

Lundi dernier, une étude menée par l'université de Cardiff révélait que 32 médias occidentaux de premier plan ont été la cible, via les commentaires de lecteurs en ligne, d'une vaste opération de manipulation menée par des "trolls" pro-russes propageant de la désinformation favorable aux intérêts du Kremlin.

Parmi les médias visés dans 16 pays figurent The Times au Royaume-Uni, Der Spiegel et Die Welt en Allemagne, La Stampa en Italie, The Washington Post ou Fox News aux Etats-Unis et Le Figaro en France.

Entre février et mi-avril, pas moins de 242 articles publiés concernant les intérêts géopolitiques de la Russie ont été identifiés, qui s'accompagnaient de commentaires "provocateurs pro-russes ou anti-occidentaux", selon l'étude. Ces commentaires, publiés par des trolls qui changeaient jusqu’à 549 fois d'identité, servent ensuite de base à des articles ou publications de médias et canaux russophones en Russie et ailleurs - en Bulgarie par exemple. Et ils sont titrés “Les lecteurs du Figaro pensent que…” ou “Les lecteurs du Spiegel pensent que…”

Parmi ces médias figurent l'agence de presse publique russe Ria Novosti ou le groupe "Patriot Media Group" lié à l'homme d'affaires Evguéni Prigojine, réputé proche de Vladimir Poutine et financier (selon les américains) d'une "usine à trolls."

Au cœur des accusations, l'ingérence russe dans la présidentielle américaine de 2016. "En détournant les sections des commentaires des médias occidentaux", dénués de protection dans ce domaine, cette campagne "a pu présenter sa propagande comme un reflet de l'opinion dominante", commenté le professeur Martin Innes, qui dirige l'étude de l’université de Cardiff.

Mais les réseaux sociaux ne sont évidemment pas exemptés par ce phénomène. Les articles remodelés par les agences russes sont mis en ligne sur Twitter et Facebook. Et ils s’échangent plus vite que d’autres publications.

Facebook reste ainsi un lieu où la désinformation s’amasse. Des chercheurs de l’université de New York en collaboration avec des Français de l’université de Grenoble Alpes publieront en effet bientôt une étude démontrant qu’il y a jusqu’à 6 fois plus d’interactions en ligne avec du contenu de désinformation qu’avec des informations vérifiées. Bref, que pour marquer les esprits, l’information ne doit pas être exacte mais tout simplement énorme.

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