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Discours de haine et désinformation sur les réseaux : les ressorts de la contestation

3 min
À retrouver dans l'émission

Sur Twitch ou sur Reddit, des groupes d'utilisateurs haussent le ton contre les abus dont ils sont victimes. En même temps, les réseaux sociaux se voient contraints de changer muscler leurs réponses.

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. Crédits : Peter Dazeley - Getty

Aujourd’hui je vous parle des trolls et de ceux qui les combattent.  

Cette semaine, des joueurs de la plateforme Twitch ont appelé à une grève des diffusions en direct mercredi pour protester contre la vague de harcèlement raciste et misogyne que subissent de nombreux créateurs de contenus. L’opération est intitulée #ADayOffTwitch, un jour sans Twitch.  

Elle réclamait  au très populaire service de streaming de mieux protéger ses utilisateurs. Twicht est un service de diffusion de vidéos en direct. Comme sur YouTube, n'importe qui peut créer sa chaîne. Les spectateurs regardent gratuitement les vidéos - souvent de jeux en ligne - et peuvent les commenter en temps réel par écrit. 

D’après les sites spécialisés, l'ampleur du boycott est difficile à quantifier. Environ 5000 chaînes de moins que d’ordinaire diffusaient des contenus mercredi. Soit entre 5 à 10% de circulation en moins. Mais personne ne sait si les internautes suivaient leur chaine Twitch par solidarité ou parce qu’ils n’avaient rien à voir. 

Cette opération a vu le jour parce que depuis quelques mois, le phénomène des "hate raids" - "raids de haine" - a pris une ampleur sans précédent, selon les victimes. Leurs fenêtres de conversation sont régulièrement et soudainement submergées par des insultes portant sur leur couleur de peau, leur orientation sexuelle, leur religion... Voire par des appels au suicide ou des images ultra-violentes. 

Ce qui est etonnant ce st que l’opération a été menée par les utilisateurs, et pas par l’entreprise Twitch, qui appartient à Amazon.  

Un porte-parole de la plateforme a certes déclaré que Twitch "soutient le droit des streamers à s'exprimer et à signaler des problèmes importants." Et d'ajouter que « les attaques de spam haineux sont le résultat d’acteurs malveillants très motivés, et il n’existe pas de solution simple.» 

Et en effet, il n'y a pas de solutions simples parce que tout ce qui touche au modele économique des plateformes de réseaux sociaux est délicat. Ce qui rend difficile l’action contre la désinformation, c’est que les réseaux vivent de la sensation, des clicks, des likes et des partages.  

Alors, lentement, les géants des réseaux sociaux évoluent. Facebook annonce vouloir prendre ses distances avec les contenus politiques vecteurs de haine et de désinformation. La firme californienne "tiendra davantage compte des retours négatifs des utilisateurs sur un sujet (politique), afin de le rétrograder", selon un article des Echos, qui affirme encore :

"Le boycott des annonceurs de juin 2020 est sans doute encore vif dans l'esprit de Facebook. Des géants comme Coca-Cola, Honda ou Verizon, unis derrière la bannière « #StopHateForProfit », avaient alors suspendu leurs budgets publicitaires, accusant la plateforme d'un laisser-faire sur les contenus politiques."

Cette tendance à battre en retraite sur la politique n'a qu'un seul objectif : garantir un environnement plus sûr aux marques (« brand safety »).  

Il ne faut jamais oublier que le modèle économique de Facebook c'est la pub, et seulement la pub. Au deuxième trimestre, la publicité c'était 28,6 milliards de dollars sur un total de 29 milliards de revenu, nous renseigne Thomas Pontiroli

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