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Des drones en configuration bitcoin à une réception du milliardaire Brock Pierce au Salvador, le 7 septembre

Influenceurs ou influencés ?

3 min
À retrouver dans l'émission

L'autorisation du bitcoin comme moyen de paiement au Salvador a provoqué de l'intérêt pour les pratiques de son président sur les réseaux sociaux. L'occasion de revenir sur la capacité des réseaux sociaux à servir de plateformes commerciales.

Des drones en configuration bitcoin à une réception du milliardaire Brock Pierce au Salvador, le 7 septembre
Des drones en configuration bitcoin à une réception du milliardaire Brock Pierce au Salvador, le 7 septembre Crédits : MARVIN RECINOS - AFP

Les célébrités au service d’intérêts économiques sur les réseaux sociaux inquiètent de plus en plus les autorités de surveillance financières. Surtout lorsqu’il y a des bitcoins en jeu. Lundi dernier, le gendarme britannique de la bourse a demandé que les publicités pour les bitcoins soient davantage encadrées.

Dans son viseur, Kim Kardashian, la star de téléréalité américaine connue dans le monde entier. Kim Kardashian est un pilier des réseaux sociaux, elle possède 252 millions d’abonnés sur Instagram et 70 millions de followers sur Twitter.

En juin dernier, dans une story Instagram, Kardashian demande à ses followers : “le crypto, c’est votre truc ??”, avant de conseiller à ses abonnés d’investir dans une cryptomonnaie dénommée Ethereummax.

Cette cryptomonnaie reverse une partie des revenus tirés de ses transactions à ses détenteurs. C’est avec cet argument avantageux que Kim Kardashian a donc attiré des utilisateurs :

“Il y a quelques minutes, Ethereum Max a encaissé 400 trillions de tokens, 50 % de leur portefeuille, et ont reversé des bénéfices à toutes la communauté” a poursuivi la star sur Instagram. Je précise pour ceux qui suivent qu’un token, ou jeton en français, est un actif digital qui représente une certaine valeur.

La story de Kim Kardashian était marquée du hashtag #ad (pour advertisement, ou publicité), qui est obligatoire pour signaler que l’auteur d’un post est payé. Sa rémunération n’est pas connue, mais une instruction judiciaire en 2019 a révélé que Kardashian pouvait gagner entre 300.000 et 500.000 $ pour un post sur Instagram.

Selon la chaîne américaine CNBC, les tokens d'Ethereum Max n'existaient que depuis un mois au moment du post de Kardashian. Le gendarme britannique de la bourse, la FCA pour Financial Conduct Authority, n’affirme pas qu’il s’agit d’une escroquerie. Mais elle considère que les influenceurs comme Kardashian sont régulièrement payés par des escrocs pour gonfler des tokens, des actifs numériques donc, avant de les larguer. Une technique de manipulation de marché qui consiste à faire monter artificiellement le prix d'une action (pump) par des déclarations mensongères, dans le but de revendre ces actions avec une forte plus-value.

Toutes les plateformes de réseaux sociaux doivent faire face à des problèmes d’influenceurs eux-mêmes influencés. En France, Twitch est utilisé par des influenceurs pour attirer vers des jeux d’argent.

Selon une récente enquête du Monde, des influenceurs Français exilés à Malte participent aux escroqueries de sites de jeux d’argent en ligne. Payés par les opérateurs de ces sites, les influenceurs jouent sur Twitch dans des casinos en ligne avec des portefeuilles avancés par le site. En fait, ces influenceurs se transforment en simples rabatteurs. Grace à leur notoriété, ils fournissent des liens aux gens qui les regardent pour accéder au site, ce qui leur permet de rafler une partie des pertes contractées par ces joueurs.

Comme l’indique Le Monde, “La technique est tellement courante que Twitch lui-même a décidé de s’en mêler pour mettre fin aux dérives. Le 12 août, le site a annoncé interdire purement et simplement la publicité pour les casinos afin « de protéger la communauté des arnaques et d’autres risques potentiels. »”

Lundi dernier dans ses recommandations, le gendarme de la bourse britannique mettait en garde le public des réseaux sociaux contre le potentiel généré par la peur de rater quelque chose (le fameux FOMO – Fear of missing out). Mais à l’heure des influenceurs influencés, mieux vaut opter pour la joie de rater quelque chose.

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