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De plus en plus de césariennes

58 min
À retrouver dans l'émission

R. FRydman, E. Jauniaux, D. Benhamou
R. FRydman, E. Jauniaux, D. Benhamou Crédits : Olivier Guérin - Radio France

Le taux de césariennes varie de 7 % à 60% selon les pays. L’OMS considère qu’en dessous de 5% et au-delà de 15% il y a problème. En dessous de 5% c’est la sécurité de la mère et de l’enfant qui n’est pas assurée et au dessus de 15% il s’agit d’un excès dont il va falloir analyser les causes. Nous le ferons avec le professeur Eric Jauniaux obstétricien Londonien et le professeur Dan Benhamou , anesthésiste-réanimateur, spécialiste de l’anesthésie obstétricale. La sécurité est bien entendu la priorité de tous, mais pourquoi 20% de péridurales en Angleterre et 80 % en France. Ces chiffres si différents interrogent pour des résultats en termes de sécurité maternelle et infantile proches. Les césariennes peuvent être demandées par nécessité médicale mais sont-elles toujours bien expliquées ou bien comprises par les patientes et les couples. Les troubles et les malaises qui accompagnent la période du postpartum semblent indiquer qu’il existe un déficit à combler. Les césariennes peuvent parfois être demandées sans raison médicales, c’est un droit en Angleterre c’est rarement le premier choix obstétrical en France où l’on cherchera d’abord à savoir ce que cela sous-tend (peur d’accoucher, peur des conséquences sur la sexualité, etc.).Si une césarienne est décidée sa pratique a bien changé au fil du temps. Depuis le XVIe siècle où la première césarienne avec enfant vivant a été réalisée en Allemagne de grand progrès permettent aujourd’hui à la patiente d’être éveillée grâce à l’anesthésie loco régionale, les techniques plus manuelles qu’instrumentales (qui écartent les muscles et ne les coupent pas) sont devenues plus fréquentes, la présence du père, la possibilité pour la mère de prendre l’enfant contre son visage, les médications antidouleur en font une intervention allégée et ceci d’autant plus que l’on enlève très rapidement, dès la sortie de la salle d’opération, sonde urinaire et cathéter intraveineux et que l’on peut donner à boire et à manger à la mère dès que le besoin s’en fait sentir… En un mot la banalisation et la facilitation de cet acte chirurgical ainsi que la récupération rapide (l’allaitement ne pose pas de problème) ne favorise-t-il pas son recours de plus en plus facile ? Aujourd’hui en France 1 femme sur 5 accouche par césarienne, les associations de patientes s’informent, écoutent, facilitent les échanges d’expériences…, incontestablement la césarienne nouvelle a trouvé sa place.

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