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Yves Agid et René Frydman

D’Einstein à Frankenstein : les mystères du cerveau

56 min
À retrouver dans l'émission

Une nouvelle approche du cerveau sera-t-elle bientôt rendue possible par les neuros-chirurgiens quitte à délaisser le mythe romanesque pour entrer dans le mythe scientifique ?

Yves Agid et René Frydman
Yves Agid et René Frydman Crédits : Catherine Donné - Radio France

Rediffusion du 22 décembre 2015

Semaine Einstein / Les figures de héros

Le 18 avril 1955 Albert Einstein meurt à l’âge de soixante seize ans à l’hôpital de Princetown. Le docteur Thomas Harvey fait son autopsie et révèle une rupture d’anévrisme aortique. De son propre chef, il décide de prélever l’encéphale de l’illustre savant. Aucune publication ne paraît alors, jusqu’à ce que, trente ans plus tard, un journaliste d’investigation Steven Lévy retrouve la trace de Thomas Harvey et sa caisse de cidre « Costa » dans laquelle il a stocké les précieuses coupes histologiques du cerveau d’Albert Einstein. Dès lors plusieurs publications scientifiques (six) voient le jour avec des interprétations contradictoires : le cerveau d’Einstein était-il différent de celui de tout un chacun ?

Le professeur Yves Agid , neurologue, spécialiste des neurosciences, membre de l’Académie des sciences, membre fondateur de l’ICM (Institut du cerveau et de la Moelle Épinière), auteur de L’homme subconscient (Robert Laffont, 2013) à eu connaissances de ces données. Il nous parlera du rôle du tissu glial et des astrocytes qu’il contient et dont le nombre semblent être plus élevé dans l’examen des coupes du cerveau d’Einstein, tout comme dans le cerveau de Lénine.Mais restons prudents sur les interprétations …pour mieux comprendre ces phénomènes nous devrons parler avec notre invité, Yves Agid, des structures profondes du cerveau comme les noyaux gris centraux et le rôle du tissu glial. Les noyaux gris centraux tiennent un rôle important dans la coordination des mouvements. Leur atteinte peut aboutir à des tremblements, des dystonies, à l’hemiballisme ou encore à la survenue de tics. Ou bien, à l’inverse, à des difficultés de mouvement tel qu’on peut le constater dans la maladie de Parkinson. Tous ces troubles moteurs n’atteignent pas la conscience d’où la souffrance psychique de certains patients qui, eux, sont conscients de leur pathologie. Les nouvelles recherches neuro-chirurgicales ont montré qu’une destruction ou une stimulation électrique de certaines zones de ces noyaux gris centraux pouvait aboutir à une modification comportementale, non seulement motrice mais également psychologique.

Alors que nous avons fêté le 200ème anniversaire de la rédaction du livre de Marie Shelley Frankenstein ou le Prométhée moderne dans lequel on voit bien que la recherche du secret de la vie pousse le célèbre Frankenstein à transplanter un cerveau et à fabriquer de toutes pièces une créature peu maîtrisable. Une nouvelle approche du cerveau sera-t-elle bientôt rendue possible par les neuro-chirurgiens quitte à délaisser le mythe romanesque pour entrer dans le mythe scientifique. De nombreuses interventions ainsi que des expériences de psycho-chirurgie nous interpellent : subconscience automatique, pré-conscience, pensée de la pensée (conscience), des notions qui seront abordées avec notre invité, Yves Agid , pour illustrer les relations entre cerveau et pensée.Le XXIe siècle sera-t-il le siècle du cerveau comme le laisse présager les nombreux projets de recherche comme ceux du Human Brain Project de Lausanne centré sur la compréhension des liens entre biologie, pensée et comportement.

Intervenants
  • Professeur émérite de neurologie et de biologie cellulaire à l’université Paris VI. Membre de l’académie des sciences, membre fondateur de l’Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM)
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