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Y-a-t-il des médicaments mortels ?

56 min
À retrouver dans l'émission

Irène Frachon
Irène Frachon Crédits : DR - Radio France

Pneumologue et lanceur d’alerte, Irène Frachon a publié Médiator 150mg, combien de morts ? (éditions Dialogues, 2010). Au début de sa carrière médicale, elle a été le témoin des dégâts provoqués par les coupes faim comme l’Isoméride, avec la survenue d’hypertension artérielle pulmonaire, maladie redoutable, dont les conséquences ont pu amener la réalisation chez de jeune patiente de la greffe des deux poumons ou d’une greffe cardio-pulmonaire. Sensibilisée par cette aventure dans les années 1990 (la vente de l’Isoméride est arrêtée seulement en 1997) Irène Frachon va pister, tel Sherlock Holmes les effets redoutables d’un deuxième médicament le Médiator mis sur le marché par le même laboratoire pharmaceutique. Elle observe chez les jeunes et particulièrement chez les femmes les incidences inattendues de ce médicament sur les valves aortiques et l’architecture du cœur. Elle ne se contente pas de l’évocation d’une cause rhumatismale largement acceptée par tous. Elle va s’apercevoir qu’il y a peut-être une relation entre la prise du Médiator et l’apparition de ces modifications architecturales cardiaques.

Dominique Dupagne
Dominique Dupagne Crédits : DR - Radio France

Dominique Dupagne , médecin généraliste et médecin blogueur (site Atoute.Org) pointe aussi les conséquences néfastes de la norfenfluramine contenue dans ce médicament. Le Médiator a par ailleurs peu d’intérêt, il est présenté comme un adjuvant antidiabétique mais en fait il est largement prescrit pour maigrir. Comment se fait-il que les processus de contrôles des commissions de pharmacovigilance et de la Commission de la mise sur le marché des médicaments (AMM) n’ont pas tenu compte de l’interdiction déjà promulguée par deux pays européens (en 2003) et des questions fondamentales soulevées par quelques médecins en France. Les experts ont-ils ont été sous influences, les conflits d’intérêts ont-ils prédominés puisque ce médicament n’a été interdit qu’en 2009. Nos deux invités dénoncent aujourd’hui les difficultés d’indemnisation des victimes du Médiator malgré la création d’une commission de sept membres au sein de l’Office nationale des accidents médicaux (ONIAM) qui se heurteraient au refus de participation du laboratoire concerné (laboratoire Servier). Après deux commissions parlementaires, deux rapports de l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales) au moment où se discute la loi Santé au Sénat, il faut un éclairage sur les processus de protection des lanceurs d’alerte, sur la régulation éthique entre chercheurs, médecins, experts, partenaires industriels et pouvoirs publics afin que de tels scandales ne se reproduisent pas et que perdure la nécessaire confiance des malades envers leur médecin.

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